Utilisation de Nexgard et Nexgard Spectra en Dermatologie Canine

En dermatologie vétérinaire, l’afoxolaner, isoxazoline administrée par voie orale chez le chien, a transformé la prise en charge de la démodécie, de la gale sarcoptique et des infestations par les puces et les tiques notamment. Cet article fait une mise au point complète allant de la pharmacologie aux dernières publications, que ce soit avec Nexgard ou Nexgard Spectra.

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William BORDEAU, DVM

Cabinet VetDerm, Maisons-Alfort (94)

Mars 2026

Chapitre 1 — Pharmacologie des isoxazolines : afoxolaner et association afoxolaner-milbémycine oxime

1.1 Classe pharmacologique et données structurelles

L’afoxolaner appartient à la famille des isoxazolines, classe pharmacologique d’insecticides et d’acaricides systémiques développée au cours de la dernière décennie. Cette classe comprend également le fluralaner, le sarolaner et le lotilaner, chacun présentant des propriétés pharmacocinétiques distinctes mais un mécanisme d’action commun sur le système nerveux des arthropodes. L’afoxolaner présente une structure fluorée conférant une forte lipophilie et une affinité élevée pour les récepteurs GABA des invertébrés (Shoop 2014). La molécule a été initialement développée par les laboratoires Merial, désormais intégrés à Boehringer Ingelheim Animal Health. Le positionnement de l’afoxolaner au sein de la classe se définit par son intervalle d’administration mensuel, intermédiaire entre le sarolaner (mensuel) et le fluralaner (tri-mensuel), et par sa formulation exclusive en comprimé à croquer pour chiens, à la différence du fluralaner également disponible en formulation topique ou injectable. L’afoxolaner (NexGard) et le fluralaner (Bravecto) ont obtenu simultanément leur autorisation de mise sur le marché européenne en février 2014, devenant les premiers représentants de la classe des isoxazolines commercialisés en Europe, puis le sarolaner et le lotilaner.

nexgard chien

L’arrivée des isoxazolines a entrainé une très forte baisse de la prévalence de certaines dermatoses parasitaires comme la démodécie

La forme pharmaceutique retenue pour la commercialisation est un comprimé à croquer aromatisé au bœuf, dont la palatabilité a été évaluée dans plusieurs essais montrant une acceptation volontaire par la majorité des chiens dès la première présentation (Letendre 2014). Si le chien n’accepte pas directement le comprimé, celui-ci peut être mélangé à la nourriture sans modification significative de la biodisponibilité. Le produit est conditionné en boîte contenant des blisters de comprimés à croquer pour chiens, avec un dosage adapté au poids du chien. NEXGARD (Laboratoire Boehringer) est disponible en quatre présentations couvrant les tranches de poids de 2 à 4 kg, de 4 à 10 kg, de 10 à 25 kg et de 25 à 50 kg, délivrant une dose d’afoxolaner comprise entre 2,5 et 6,3 mg/kg de poids corporel. 

NEXGARD SPECTRA (Laboratoire Boehringer) associe l’afoxolaner à la milbémycine oxime, une lactone macrocyclique, dans un comprimé à croquer unique. Cette association permet d’élargir le spectre antiparasitaire aux nématodes digestifs, notamment Toxocara canis, Ancylostoma caninum et Trichuris vulpis, ainsi qu’à la prévention de la dirofilariose à Dirofilaria immitis. Les dosages de NEXGARD SPECTRA sont ajustés pour délivrer une dose minimale de 2,5 mg/kg d’afoxolaner et de 0,5 mg/kg de milbémycine oxime, sur cinq présentations couvrant les tranches de poids de 2 à 3,5 kg, de 3,5 à 7,5 kg, de 7,5 à 15 kg, de 15 à 30 kg et de 30 à 60 kg. La précision posologique selon le poids est un élément critique de la prescription et impose une pesée systématique avant chaque administration.

L’avantage des comprimés à croquer par rapport aux formulations topiques spot-on réside dans plusieurs points cliniquement pertinents. L’observance thérapeutique est améliorée par la simplicité d’administration orale et la palatabilité du produit. L’efficacité n’est pas affectée par le bain, la nage ou l’exposition à la pluie, contrairement aux formulations topiques dont la distribution cutanée peut être compromise par le contact avec l’eau (Letendre 2014). Le risque de transfert de substance active aux enfants ou aux animaux de compagnie partageant le panier du chien traité est éliminé. En pratique clinique quotidienne, ces propriétés facilitent la gestion des infestations dans les foyers multi-animaux et chez les chiens à activité extérieure importante.

1.2 Mécanisme d’action

L’afoxolaner agit comme antagoniste non compétitif des canaux chlorures ligand dépendants, en ciblant en particulier les canaux gâtés par l’acide gamma-aminobutyrique (GABA) et par le glutamate chez les arthropodes (Ozoe 2013). Le blocage de ces canaux inhibe le transfert pré- et post-synaptique des ions chlorure à travers les membranes cellulaires neuronales de l’ectoparasite, entraînant une hyperexcitation non contrôlée du système nerveux central, suivie de paralysie et de mort de l’insecte ou de l’acarien. Les puces et les tiques doivent se nourrir sur l’hôte traité pour être exposées à l’afoxolaner circulant dans le plasma, l’action est donc systémique et non répulsive.

La sélectivité de toxicité entre arthropodes et mammifères repose sur des différences structurelles des récepteurs GABA. Les isoxazolines présentent globalement une affinité nettement plus élevée pour les récepteurs GABA des invertébrés (Weber 2016). Toutefois, des données récentes montrent que l’afoxolaner peut inhiber partiellement certains sous-types de récepteurs mammifères, justifiant une surveillance réglementaire. Par ailleurs, les canaux chlorure gâtés par le glutamate, qui constituent une cible majeure des isoxazolines chez les arthropodes, sont absents du système nerveux des vertébrés, ce qui contribue à la marge de sécurité élevée de cette classe (Merola 2012). Des expériences in vitro ont confirmé que l’afoxolaner n’est pas un substrat de la P-glycoprotéine (transporteur d’efflux codé par le gène ABCB1), ce qui le différencie des lactones macrocycliques sur un point central sur le plan des interactions au niveau de la barrière hémato-encéphalique (Drag 2022).

La milbémycine oxime, composant endectocide de NEXGARD SPECTRA, agit selon un mécanisme complémentaire en activant les canaux chlorure gatés par le glutamate (GluCl) présents chez les nématodes et les arthropodes, provoquant une paralysie flasque et la mort du parasite (Noack 2021). Cette synergie antiparasitaire entre les deux molécules permet une couverture spectrale étendue, couvrant à la fois les ectoparasites (puces, tiques, acariens) via l’afoxolaner et les endoparasites (nématodes gastro-intestinaux, Dirofilaria immitis) via la milbémycine oxime.

1.3 Pharmacocinétique chez le chien

Après administration orale chez le chien, l’afoxolaner présente une absorption digestive rapide et importante. La biodisponibilité absolue est de 74 % pour NEXGARD et de 88,3 % pour la formulation en association dans NEXGARD SPECTRA (Letendre 2014 , Letendre 2016). La concentration plasmatique maximale (Cmax) moyenne est de 1655 +/- 332 ng/mL, atteinte en 2 à 4 heures (Tmax) après administration d’une dose de 2,5 mg/kg. Les courbes de concentration plasmatique en fonction du temps suivent un modèle bicompartimental et montrent une augmentation proportionnelle à la dose sur l’intervalle de 1,0 à 40 mg/kg (Letendre 2014).

La distribution tissulaire est étendue, avec un volume de distribution de 2,6 +/- 0,6 L/kg après administration intraveineuse. La liaison aux protéines plasmatiques dépasse 99,9 %, expliquant la persistance de concentrations plasmatiques efficaces sur l’ensemble de l’intervalle posologique mensuel. La demi-vie d’élimination terminale est d’environ 15,5 +/- 7,8 jours chez la plupart des chiens, ce qui constitue le fondement pharmacocinétique de l’administration mensuelle (Letendre 2014). Toutefois, cette demi-vie peut varier selon la race : chez les Colleys recevant une dose de 25 mg/kg, la demi-vie a pu atteindre 47,7 jours, sans conséquence observée sur la sécurité d’emploi.

Le métabolisme de l’afoxolaner est principalement hépatique, par hydroxylation, conduisant à un métabolite majeur identifié dans le plasma, l’urine et la bile du chien. L’élimination s’effectue majoritairement par voie biliaire, avec une fraction urinaire secondaire. La clairance systémique est de 5,0 +/- 1,2 mL/h/kg. Une corrélation forte a été établie entre la concentration plasmatique d’afoxolaner et l’efficacité antiparasitaire, avec des valeurs de CE90 de 23 ng/mL pour Ctenocephalides felis et supérieure ou égale à 100 ng/mL pour Rhipicephalus sanguineus sensu lato et Dermacentor variabilis (Letendre 2014).

Concernant la milbémycine oxime dans NEXGARD SPECTRA, le Tmax est de 1 à 2 heures, la biodisponibilité orale de 80,5 % pour la forme A3 et de 65,1 % pour la forme A4, et la demi-vie d’élimination de 1,6 +/- 0,4 jours pour la forme A3 et de 3,3 +/- 1,4 jours pour la forme A4 (Letendre 2016). L’absence d’interaction pharmacocinétique significative entre les deux molécules dans la formulation combinée a été démontrée.

1.4 Posologie et conditions d’administration en pratique clinique

La plage d’exposition systémique validée par l’AMM s’étend de 2,7 à 7,0 mg/kg d’afoxolaner pour les comprimés simples (NEXGARD), tandis que l’association NEXGARD SPECTRA délivre une exposition ciblée de 2,50 à 5,36 mg/kg d’afoxolaner. Pour NEXGARD SPECTRA, la dose cible est de 2,5 à 5 mg/kg d’afoxolaner associée à 0,5 à 1 mg/kg de milbémycine oxime. Le choix du comprimé est déterminé par la tranche de poids correspondante. L’influence de l’alimentation sur la biodisponibilité a été évaluée et, bien que l’administration concomitante avec la nourriture puisse légèrement augmenter l’absorption, le produit peut être administré avec ou sans nourriture sans impact cliniquement significatif sur l’efficacité.

L’autorisation de mise sur le marché (AMM) européen a été délivrée en 2014 pour NEXGARD et en 2015 pour NEXGARD SPECTRA par l’Agence européenne des médicaments (EMA). Le numéro d’autorisation de mise sur le marché européen correspond à la procédure centralisée. Les indications officielles enregistrées incluent le traitement des infestations par les puces (Ctenocephalides felis et C. canis) et les tiques (Dermacentor reticulatus, Ixodes ricinus, Ixodes hexagonus, Rhipicephalus sanguineus). Pour NEXGARD SPECTRA, les indications s’étendent à la prévention de la dirofilariose (Dirofilaria immitis) et au traitement des infestations par les nématodes gastro-intestinaux. La durée de conservation du produit et les précautions particulières de conservation selon les conditions de stockage (température inférieure à 30 degrés Celsius) sont précisées dans le résumé des caractéristiques du produit. Les précautions particulières à prendre lors de l’élimination de médicaments non utilisés ou des déchets dérivent de la réglementation en vigueur. 

Chapitre 2 — Démodécie généralisée à Demodex canis

2.1 Physiopathologie de la démodécie : dysrégulation immune, facteurs raciaux et prédispositions génétiques

La démodécie due à Demodex canis résulte d’une prolifération excessive de l’acarien commensal Demodex canis au sein des follicules pileux et des glandes sébacées, favorisée par une dysrégulation de l’immunité cellulaire T spécifique dirigée contre cet acarien. Le passage d’un portage commensal asymptomatique, présent chez la quasi-totalité des chiens sains, à une démodécie clinique implique un déficit de la réponse lymphocytaire T helper de type 1 et une anergie immunitaire locale. La voie de signalisation IL-10/TGF-bêta est surexprimée dans les lésions de démodécie généralisée, contribuant à la suppression des mécanismes effecteurs anti-parasitaires (Ferrer 2014). L’augmentation des lymphocytes T régulateurs (Treg) CD4+CD25+FoxP3+ dans le derme périfolliculaire des chiens atteints de démodécie généralisée, comparativement aux témoins sains, a été documentée et suggère un rôle central de l’immunosuppression locale dans la permissivité à la prolifération acarienne. Des études par PCR en temps réel ont démontré que les isoxazolines, aux doses thérapeutiques recommandées, ne modifient pas les populations de Demodex chez les chiens sains, confirmant que l’efficacité est liée à l’élimination des acariens en surnombre pathologique et non à l’éradication du portage commensal (Silbermayr 2017). La distinction entre démodécie juvénile (apparition avant 18 mois) et démodécie de l’adulte (apparition après 4 ans) reste cliniquement pertinente : la forme adulte impose la recherche d’une cause immunosuppressive sous-jacente (hypothyroïdie, hypercorticisme, néoplasie, immunosuppression iatrogène).

Certaines races présentent une prédisposition marquée à la démodécie généralisée. Le Staffordshire Bull Terrier, l’American Staffordshire Terrier, le Shar-Pei et le Bouledogue français figurent parmi les races les plus représentées dans les études cliniques récentes (Lebon 2018). Chez le Shar-Pei, la démodécie généralisée se manifeste fréquemment par des lésions érosives étendues des espaces interdigités et de la face, avec une surinfection bactérienne profonde récalcitrante. Chez l’American Staffordshire Terrier, le tableau clinique associe typiquement une alopécie multifocale érythémateuse du tronc et des extrémités, avec une réponse thérapeutique aux isoxazolines généralement rapide (Lebon 2018). Le Bouledogue français développe préférentiellement des lésions faciales et péri-oculaires avec des cylindres folliculaires adhérents. Aucun gène de susceptibilité spécifique n’a été formellement identifié pour la démodécie canine à ce jour, contrairement à d’autres génodermatoses comme l’ichtyose du Golden Retriever liée à la mutation PNPLA1 ou la dermatite atopique canine associée aux défauts de la filaggrine.

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Utilisation de Nexgard et Nexgard Spectra en Dermatologie Canine

Démodécie juvénile chez un Bouledogue français

2.2 Données d’efficacité clinique contrôlées : réduction des comptages de Demodex et guérison parasitologique

L’efficacité de l’afoxolaner dans le traitement de la démodécie généralisée a été démontrée dans plusieurs études contrôlées. Dans une étude de laboratoire comparant l’afoxolaner (NEXGARD, dose minimale de 2,5 mg/kg) à l’association imidaclopride/moxidectine (ADVOCATE ND, Bayer) chez 16 chiens atteints de démodécie généralisée, les réductions de comptages d’acariens ont été de 99,2 %, 99,9 % et 100 % aux jours 28, 56 et 84 respectivement dans le groupe afoxolaner, contre 89,8 %, 85,2 % et 86,6 % dans le groupe comparateur (p < 0,05 à chaque évaluation) (Beugnet 2016). L’amélioration des lésions cutanées était significativement plus rapide dans le groupe traité par afoxolaner.

Une étude multicentrique européenne de terrain, conduite dans des centres de référence en dermatologie vétérinaire en France, en Italie et en Pologne, a inclus 50 chiens (48 ayant complété l’étude) atteints de démodécie généralisée, traités par voie orale avec l’afoxolaner (NEXGARD ou NEXGARD SPECTRA) à trois reprises à intervalles mensuels (Lebon 2018). L’efficacité combinée des deux formulations a été de 79,8 % à J28, 93,5 % à J56 et 95,8 % à J84 en termes de réduction des comptages d’acariens. La sévérité des lésions cutanées et le prurit ont montré une amélioration significative (p < 0,0001) à J84. Les deux formulations ont été bien tolérées sans événement indésirable lié au traitement.

Une étude contrôlée en simple aveugle, randomisée, avec groupe contrôle négatif, a comparé l’efficacité de NEXGARD et de NEXGARD SPECTRA sur 24 chiens atteints de démodécie généralisée (Rehbein 2018). Trois administrations mensuelles de NEXGARD ont entraîné une réduction de 99,9 % des comptages d’acariens à J84, tandis que NEXGARD SPECTRA a atteint 100 % d’efficacité à J84, avec absence totale d’acariens vivants dans les raclages cutanés de tous les chiens de ce groupe. La repousse pilaire, évaluée par scoring clinique, était significativement supérieure dans les deux groupes traités par rapport au groupe contrôle (p < 0,0001).

2.3 Protocoles thérapeutiques : intervalles d’administration, critères de guérison et durée minimale de traitement

Le protocole thérapeutique recommandé pour la démodécie généralisée repose sur l’administration orale mensuelle d’afoxolaner (NEXGARD, 2,5 mg/kg ou NEXGARD SPECTRA, 2,5 mg/kg d’afoxolaner et 0,5 mg/kg de milbémycine oxime) pendant au moins trois mois consécutifs. La guérison parasitologique est définie par l’obtention de deux séries de raclages cutanés profonds négatifs, réalisés à un mois d’intervalle, sur l’ensemble des sites lésionnels antérieurement positifs. Le cycle biologique de Demodex canis s’étendant sur une période de 18 à 24 jours, un seul raclage négatif ne saurait être considéré comme indicateur fiable de rémission complète (Beugnet 2016).

En pratique, la majorité des chiens nécessitent trois à quatre mois de traitement pour atteindre la guérison parasitologique. Les cas graves, avec pyodermite profonde associée, peuvent requérir une durée plus prolongée. Le traitement antimicrobien concomitant des surinfections bactériennes est indispensable et doit être guidé par la culture bactériologique avec antibiogramme dans les formes réfractaires. La surveillance clinique mensuelle, incluant l’examen des raclages cutanés, la photodocumentation des lésions et l’évaluation du score lésionnel, constitue la base du suivi thérapeutique.

Chapitre 3 — Gale sarcoptique à Sarcoptes scabiei var. canis

3.1 Physiopathologie de l’hypersensibilité sarcoptique et difficultés diagnostiques en pratique généraliste

La gale sarcoptique due à Sarcoptes scabiei var. canis est une dermatite parasitaire hautement contagieuse, caractérisée par un prurit intense, des papules croûteuses et une alopécie extensive. La physiopathologie repose sur une réaction d’hypersensibilité de types I et IV dirigée contre les antigènes de l’acarien et ses produits d’excrétion. Les IgE spécifiques anti-Sarcoptes induisent une dégranulation mastocytaire précoce, tandis que la composante cellulaire retardée entretient l’inflammation cutanée chronique, avec infiltrat périvasculaire éosinophilique et lymphocytaire. Le réflexe oto-podal, bien que non pathognomonique, présente une sensibilité d’environ 80 % dans les formes typiques.

Le diagnostic demeure un défi en pratique généraliste car la mise en évidence de l’acarien par raclages cutanés est obtenue dans moins de 50 % des cas infestés, en raison de la faible charge parasitaire suffisante pour induire une réponse immunitaire cliniquement significative. La technique de raclage doit privilégier les zones de transition entre peau saine et peau lésionnelle, en particulier le bord des pavillons auriculaires, les coudes et les jarrets, où la probabilité de retrouver des acariens est maximale. L’examen de plus de 90 % des chiens présentant des signes cliniques typiques de gale sarcoptique a permis d’identifier Sarcoptes scabiei comme agent étiologique dans une étude de dépistage portant sur 106 chiens (Hampel 2018). La sérologie anti-Sarcoptes par ELISA constitue un outil diagnostique complémentaire, avec une sensibilité rapportée de 84 à 92 % et une spécificité de 90 à 96 % selon les études, mais le délai de séroconversion de 2 à 5 semaines après l’infestation limite son utilité dans les formes très récentes. Le traitement empirique anti-sarcoptique constitue fréquemment un outil diagnostique indirect lorsque les raclages restent négatifs.

Utilisation de Nexgard et Nexgard Spectra en Dermatologie Canine

Gale sarcoptique chez un Bouledogue anglais

3.2 Efficacité comparée de l’afoxolaner seul et de l’association afoxolaner-milbémycine oxime : données chiffrées

Une étude clinique de terrain multicentrique, menée au Portugal et en Allemagne, a évalué l’efficacité de NEXGARD et de NEXGARD SPECTRA chez 80 chiens naturellement infestés par Sarcoptes scabiei var. canis, dont 65 cas évaluables en fin d’étude (Hampel 2018). Les chiens ont reçu deux administrations orales à un mois d’intervalle selon les instructions de l’AMM. La réduction des comptages moyens géométriques d’acariens vivants a été de 98,9 % et 99,7 % pour les chiens traités par NEXGARD (n = 38) à un mois et deux mois respectivement, et de 99,6 % et 100 % pour les chiens traités par NEXGARD SPECTRA (n = 27) aux mêmes échéances (p < 0,001 pour les deux traitements). Les deux traitements ont entraîné une amélioration significative du prurit, des papules et croûtes, et de l’alopécie à un et deux mois après initiation du traitement (p = 0,0001). Aucun effet indésirable lié au traitement n’a été observé chez les chiens ayant complété l’étude.

3.3 Protocoles de traitement, gestion de l’entourage et prévention des réinfestations

Le protocole recommandé pour la gale sarcoptique due à Sarcoptes scabiei var. canis consiste en deux administrations orales de NEXGARD ou NEXGARD SPECTRA à un mois d’intervalle. La rapidité d’action acaricide de l’afoxolaner permet une réduction significative de la charge parasitaire dès le premier mois de traitement, avec résolution du prurit souvent notable dans les 7 à 14 jours suivant la première administration. Les animaux en contact dans le même foyer doivent être traités simultanément pour prévenir les réinfestations, car la contagiosité de Sarcoptes scabiei var. canis est élevée par contact direct. Le traitement de l’environnement n’est généralement pas nécessaire en raison de la faible survie de l’acarien hors de l’hôte (quelques jours à température ambiante), mais le lavage de la literie et du panier du chien est recommandé. La gale sarcoptique est une zoonose potentielle : les lésions humaines, localisées aux zones de contact avec l’animal infesté, sont spontanément résolutives après traitement de l’hôte définitif.

Chapitre 4 — Otacariose à Otodectes cynotis

4.1 Physiopathologie de l’infestation auriculaire et lésions cutanées péri-auriculaires associées

Otodectes cynotis est un acarien non fouisseur, de surface, hautement contagieux, colonisant principalement les conduits auditifs externes des chiens et des chats. Son cycle biologique complet, d’une durée d’environ 21 jours, se déroule entièrement sur l’hôte. L’irritation mécanique et immunologique liée à la présence des acariens et à leurs déjections induit une otite externe cérumineuse prurigineuse, avec production excessive de cérumen brun-noir. La prévalence de l’otacariose varie selon les populations étudiées, mais Otodectes cynotis représente l’un des agents étiologiques les plus fréquents d’otite externe chez le chiot et le jeune chien. Dans les infestations sévères, les acariens peuvent être retrouvés en dehors du conduit auditif, sur la tête, le dos et la queue de l’animal, provoquant des lésions cutanées péri-auriculaires prurigineuses érythémateuses et papulo-croûteuses. La réponse immunitaire locale implique une composante d’hypersensibilité de type I avec dégranulation mastocytaire, expliquant l’intensité du prurit auriculaire parfois disproportionnée par rapport à la charge parasitaire. Les surinfections bactériennes et fongiques, notamment à Malassezia pachydermatis, compliquent fréquemment le tableau clinique et nécessitent une prise en charge thérapeutique spécifique en complément du traitement acaricide.

4.2 Données d’efficacité de NexGard Spectra dans l’otacariose canine : résultats des études cliniques

L’efficacité de l’afoxolaner contre Otodectes cynotis a été évaluée dans plusieurs études, expérimentales et de terrain. Une première étude contrôlée en laboratoire a démontré qu’une administration orale unique d’afoxolaner à la dose minimale de 2,5 mg/kg entraîne une réduction de 98,5 % (moyennes géométriques) et 99,4 % (moyennes arithmétiques) du comptage d’acariens vivants à J28, comparativement au groupe contrôle non traité (p < 0,05) (Carithers 2016). À J28, deux chiens sur huit restaient porteurs d’un nombre résiduel d’acariens (1 et 4 acariens respectivement) dans le groupe traité, contre sept chiens sur huit dans le groupe contrôle.

Une étude de terrain menée en Italie sur 20 chiens naturellement infestés a confirmé ces résultats : deux administrations orales mensuelles d’afoxolaner (NEXGARD) ont permis une efficacité de 100 % basée sur les comptages d’acariens vivants à J42 après rinçage auriculaire (Panarese 2021). L’amélioration des scores cliniques (cérumen, débris auriculaires) était significative dès J30. Une étude récente menée en Grèce sur 32 chiens naturellement infestés a comparé une administration unique de NEXGARD (n = 8), deux administrations mensuelles de NEXGARD (n = 8) et deux administrations mensuelles de NEXGARD SPECTRA (n = 8) à un groupe contrôle (n = 8). Les trois groupes traités ont montré une réduction de 99,9 % des comptages d’acariens à J45, sans effet indésirable rapporté (Kostopoulou 2024).

4.3 Stratégie thérapeutique combinée : traitement systémique et prise en charge locale

Le traitement de l’otacariose par voie orale systémique constitue un avantage majeur par rapport aux traitements topiques auriculaires traditionnels, qui nécessitent des instillations répétées difficiles à administrer chez les animaux douloureux ou indociles. L’afoxolaner, distribué par voie systémique, atteint les acariens sur l’ensemble de leur localisation, y compris hors du conduit auditif, limitant le risque de persistance parasitaire ectopique. En cas d’otite externe secondaire associée, avec surinfection bactérienne ou fongique à Malassezia pachydermatis documentée dans plusieurs études, un traitement local complémentaire par nettoyant auriculaire et topique antibiotique ou antifongique adapté est recommandé. Le traitement de l’ensemble des animaux du foyer est impératif en raison de la forte contagiosité d’Otodectes cynotis.

Chapitre 5 — Contrôle des puces et dermatite allergique aux piqûres de puces (DAPP)

5.1 Physiopathologie de l’hypersensibilité à la salive de puce : mécanismes immunologiques

La dermatite allergique aux piqûres de puces (DAPP) représente la dermatose allergique la plus fréquente chez le chien dans les zones d’endémie pulicaire. La physiopathologie repose sur une hypersensibilité aux allergènes salivaires de Ctenocephalides felis, impliquant des mécanismes de type I (immédiat, IgE-dépendant), de type IV (retardé, lymphocytaire T) et potentiellement de type III (complexes immuns). Les allergènes salivaires majeurs de la puce, notamment les protéines de haut poids moléculaire, déclenchent une cascade inflammatoire cutanée avec recrutement d’éosinophiles, de mastocytes et de lymphocytes T CD4+ dans le derme superficiel. Le seuil de déclenchement est extrêmement bas chez les animaux sensibilisés : une seule piqûre de puce peut suffire à induire une poussée prurigineuse durant plusieurs jours. Les lésions cliniques de la DAPP se concentrent typiquement sur la région lombo-sacrée, la base de la queue, la face caudale des cuisses et l’abdomen ventral, formant un tableau clinique évocateur, bien que non pathognomonique. L’alopécie auto-induite, les excoriations et la lichénification secondaire constituent les marqueurs cliniques de la chronicité. Chez certaines races prédisposées, telles que le Berger allemand, le Labrador et le Golden Retriever, la DAPP coexiste fréquemment avec la dermatite atopique canine, compliquant le diagnostic différentiel et la prise en charge thérapeutique.

5.2 Cinétique létale sur Ctenocephalides spp. et impact sur la dynamique de l’infestation environnementale

L’afoxolaner présente une cinétique létale rapide contre Ctenocephalides felis. Dans une étude de vitesse d’action, NEXGARD a démontré le début de mortalité des puces adultes dès 30 minutes après administration initiale (Beugnet 2015), avec une efficacité de 99,7 à 100 % entre 8 et 24 heures (Kunkle 2014). L’efficacité curative contre les infestations préexistantes est de 15,0 % à 2 heures et 99,5 % à 8 heures (Kunkle 2014), tandis qu’une autre étude montre une mortalité induite de 45,7 % après 30 min d’exposition (Beugnet 2015). L’efficacité préventive contre les réinfestations hebdomadaires par Ctenocephalides felis a été maintenue à plus de 99 % à 24 heures après chaque réinfestation pendant 35 jours (Hunter 2014). L’efficacité préventive globale a été maintenue à plus de 95 % dans les 12 heures suivant chaque infestation hebdomadaire pendant au moins 3 semaines, et dans les 24 heures pendant au moins 5 semaines (Beugnet 2015).

Le produit tue les puces avant la ponte, ce qui interrompt le cycle reproductif et prévient la contamination de l’environnement domestique. Une étude de terrain menée en Floride a démontré que le traitement mensuel par afoxolaner des chiens infestés entraîne une réduction de 96,7 % des comptages de puces dans l’environnement domestique à J28-30 et de 98,9 % à J82-86 (Dryden 2016). Le traitement de l’environnement (aspiration régulière, traitement insecticide des surfaces) reste recommandé en cas d’infestation massive, mais le traitement régulier de l’animal constitue la pierre angulaire du contrôle environnemental. L’ensemble des animaux du foyer, y compris les chats (avec un produit adapté à l’espèce), doit être traité simultanément pour éviter les réinfestations croisées. Les stades immatures de puces (œufs, larves, pupes) infestent la literie du chien, le panier et les zones de couchage régulières.

5.3 Place de l’afoxolaner dans la stratégie thérapeutique multimodale de la DAPP

Le contrôle strict de l’exposition pulicaire constitue le traitement étiologique de la DAPP. L’afoxolaner, par sa cinétique létale rapide (élimination des puces adultes avant la ponte dans les 8 à 24 heures suivant le repas sanguin), réduit la charge antigénique salivaire à laquelle le chien allergique est exposé. La FDA a approuvé en 2023 l’extension d’indication de l’afoxolaner pour l’amélioration des signes cliniques de la dermatite allergique aux piqûres de puces (DAPP), suite à une étude de terrain multisite de 90 jours démontrant la résolution des signes cliniques chez les chiens atteints de piqûres de puces traités par afoxolaner à la dose de 2,5 mg/kg. En Europe, l’intégration de l’afoxolaner dans l’arsenal thérapeutique multimodal de la DAPP est officiellement validée par l’EMA depuis l’enregistrement initial du médicament en 2014. La stratégie thérapeutique multimodale de la DAPP associe le traitement antiparasitaire mensuel continu par afoxolaner (protection continue, y compris en saison hivernale dans les zones à climat tempéré où les puces survivent en intérieur), le traitement symptomatique du prurit en phase aiguë (corticothérapie courte, oclacitinib, lokivetmab), et la gestion environnementale rigoureuse. Les précautions particulières d’emploi rappellent que l’afoxolaner agit par voie systémique après piqûre : le risque de transmission d’agents pathogènes par les puces n’est pas totalement exclu par un acaricide/insecticide non répulsif.

Chapitre 6 — Traitement des infestations par les tiques

6.1 Dermacentor reticulatus : distribution géographique, saisonnalité et protection contre la piroplasmose

Dermacentor reticulatus est une tique tri-hôte largement distribuée en Europe continentale, avec une expansion géographique documentée au cours des deux dernières décennies, favorisée par les modifications climatiques et les déplacements d’animaux de compagnie. Son activité saisonnière présente deux pics, automnal et printanier, avec une activité hivernale possible dans les zones à climat doux. En France, Dermacentor reticulatus est présente sur l’ensemble du territoire métropolitain, avec une densité accrue dans les zones de prairies humides et les lisières forestières. Dermacentor reticulatus est le vecteur principal de Babesia canis en Europe, agent de la piroplasmose canine dont le taux de mortalité atteint 10 à 20 % en l’absence de traitement précoce.

L’efficacité acaricide de l’afoxolaner contre Dermacentor reticulatus a été démontrée dans plusieurs études contrôlées. L’administration orale d’afoxolaner (NEXGARD) à la dose moyenne de 2,7 mg/kg a éliminé les infestations préexistantes avec plus de 99 % d’efficacité à 48 heures post-traitement et a contrôlé les réinfestations hebdomadaires avec plus de 96 % d’efficacité pendant 30 jours sur les deux espèces européennes testées (Dermacentor reticulatus et Ixodes ricinus) (Dumont 2014). Une étude a démontré la capacité de l’afoxolaner à bloquer la transmission de Babesia canis par les tiques Dermacentor reticulatus (Beugnet 2019).

6.2 Ixodes ricinus : espèce vectrice majeure en France et réduction du risque de transmission de la borréliose de Lyme et de l’anaplasmose

Ixodes ricinus est la tique la plus fréquemment rencontrée en Europe, représentant jusqu’à 59,5 % des tiques collectées sur l’homme dans certaines études de surveillance (Ixodes ricinus est identifiée comme l’espèce la plus fréquemment retrouvée). Son activité s’étend de mars à novembre, avec des pics bimodaux printaniers et automnaux. Ixodes ricinus est vecteur de Borrelia burgdorferi sensu lato (agent de la borréliose de Lyme), d’Anaplasma phagocytophilum, de Babesia spp. et de flavivirus responsables de l’encéphalite à tiques.

La vitesse d’action acaricide de l’afoxolaner contre Ixodes ricinus a été évaluée dans une étude dédiée : l’effet létal est observé dès 12 heures post-infestation, avec une efficacité complète à 24 heures maintenue pendant l’ensemble du mois suivant l’administration de NEXGARD (Halos 2014). Dans cette étude conduite sur 12 Beagles en design contrôlé et en aveugle, les réinfestations hebdomadaires par 40 femelles et 10 mâles d’Ixodes ricinus ont été évaluées à 12 et 24 heures post-infestation pendant 28 jours. L’efficacité acaricide était supérieure à 90 % dès 12 heures et atteignait 100 % à 24 heures à chaque évaluation hebdomadaire. Cette rapidité de destruction est cliniquement significative car la transmission de Borrelia burgdorferi nécessite généralement plus de 24 heures de fixation de la tique, ce qui confère une protection élevée contre la borréliose de Lyme aux chiens traités. Deux études de laboratoire contrôlées ont confirmé l’efficacité de l’afoxolaner dans la prévention des infections à Borrelia burgdorferi après infestation par des tiques Ixodes vecteurs à J28 post-traitement. La protection contre la transmission d’Anaplasma phagocytophilum, qui nécessite également un délai de fixation prolongé (24 à 48 heures), est attendue mais mérite des études confirmatives spécifiques.

6.3 Ixodes hexagonus : Tique du hérisson et du chien de compagnie

Ixodes hexagonus, communément appelée “tique du hérisson”, est une tique endophile fréquemment retrouvée chez les chiens de compagnie en zone périurbaine, en particulier chez le chien compagnon ayant accès à des jardins fréquentés par des hérissons. Cette espèce est un vecteur potentiel de Borrelia spp. et d’Anaplasma phagocytophilum. L’AMM européenne de NEXGARD et de NEXGARD SPECTRA inclut Ixodes hexagonus dans les espèces de tiques couvertes, sur la base de la démonstration de l’activité acaricide de l’afoxolaner contre cette espèce. Les données d’efficacité montrent une activité comparable à celle observée contre Ixodes ricinus, avec une élimination des tiques dans les 48 heures suivant l’infestation pendant la durée de protection d’un mois.

6.4 Rhipicephalus sanguineus : Distribution méditerranéenne et protection contre Babesia canis et Ehrlichia canis

Rhipicephalus sanguineus sensu lato, la tique brune du chien, présente une distribution prédominante dans les régions méditerranéennes et tropicales. Son adaptation aux environnements domestiques lui permet de se multiplier en intérieur, y compris dans les chenils et les habitations, avec des populations pouvant atteindre des densités élevées en l’absence de traitement. Contrairement aux tiques exophiles comme Ixodes ricinus et Dermacentor reticulatus, Rhipicephalus sanguineus peut accomplir plusieurs cycles biologiques complets par an en région subtropicale, tandis qu’en région tempérée méditerranéenne, l’activité des adultes se concentre au printemps et en été, avec une émergence des stades immatures en automne. Cette particularité épidémiologique implique que la protection anti-tiques doit être maintenue de manière continue, y compris en arrière-saison, dans les zones d’endémie de Rhipicephalus sanguineus. Rhipicephalus sanguineus est vecteur d’Ehrlichia canis (agent de l’ehrlichiose canine monocytaire), de Babesia canis vogeli, d’Hepatozoon canis et de Bartonella spp. La transmission d’Ehrlichia canis peut débuter dans les premières heures suivant la fixation de la tique, ce qui confère un enjeu particulier à la vitesse d’action acaricide du produit utilisé.

L’efficacité de l’afoxolaner contre Rhipicephalus sanguineus a été démontrée avec plus de 93 % d’efficacité à 48 heures post-infestation pendant 30 jours dans les études de laboratoire contrôlées. Une étude comparative évaluant la capacité de l’afoxolaner (NEXGARD), du fluralaner (BRAVECTO ND) et de la perméthrine/imidaclopride (ADVANTIX ND) à bloquer la transmission d’Ehrlichia canis par des tiques Rhipicephalus sanguineus infectées a montré que l’afoxolaner a protégé 75 % des chiens traités contre la séroconversion, contre 100 % pour la perméthrine/imidaclopride qui combine un effet acaricide et répulsif (Fourie 2016). Ce résultat souligne une nuance clinique : les isoxazolines, agissant par voie systémique après fixation et début du repas sanguin de la tique, ne peuvent garantir une protection de 100 % contre les agents pathogènes dont la transmission débute dans les premières heures de fixation, comme Ehrlichia canis ou certaines rickettsies.

6.5 Hyalomma marginatum : Espèce émergente en France et enjeux liés au risque de fièvre hémorragique de Crimée-Congo

Hyalomma marginatum est une tique de grande taille, originaire du bassin méditerranéen et d’Afrique du Nord, dont l’expansion géographique vers le nord de la France est documentée depuis les années 2010, favorisée par le réchauffement climatique et le transport passif par les oiseaux migrateurs. Cette espèce est le vecteur principal du virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (FHCC), une arbovirose à haut potentiel zoonotique. À la suite d’études cliniques contrôlées démontrant une efficacité acaricide robuste, l’Agence Européenne des Médicaments (EMA) a officiellement validé et intégré l’espèce Hyalomma marginatum aux indications d’AMM de l’afoxolaner.

6.6 Stratégie thérapeutique pratique

La stratégie de prévention des infestations par les tiques repose sur une évaluation du risque individuel, tenant compte de la zone géographique de résidence et de déplacement du chien, de son mode de vie (accès à l’extérieur, chasse, randonnée), et de la saisonnalité locale des espèces vectrices. Le traitement mensuel par afoxolaner offre une protection acaricide systémique continue, avec une efficacité documentée contre les principales espèces de tiques Dermacentor reticulatus, Ixodes ricinus, Ixodes hexagonus et Rhipicephalus sanguineus, couvrant ainsi les infestations par les tiques les plus fréquentes chez le chien de compagnie en Europe. Le choix entre NEXGARD et NEXGARD SPECTRA dépend des besoins de couverture endoparasitaire du patient : dans les zones d’endémie de Dirofilaria immitis (sud de la France, Italie, Espagne, Portugal), la formulation associant la milbémycine oxime offre l’avantage d’une prévention intégrée ectoparasitaire et endoparasitaire en un seul comprimé mensuel. Dans les zones où le risque dirofilarien est négligeable, NEXGARD seul assure une couverture ectoparasitaire équivalente.

La complémentarité avec un acaricide répulsif topique, tel que la perméthrine en spot-on ou en collier, peut être envisagée dans les situations d’exposition à haut risque, en particulier dans les zones d’endémie de piroplasmose ou d’ehrlichiose, où la prévention de la fixation de la tique (effet répulsif) constitue un avantage supplémentaire par rapport à l’effet exclusivement acaricide des isoxazolines. Cette approche combinée, associant un acaricide systémique (afoxolaner) et un répulsif topique (perméthrine), est préconisée par plusieurs experts européens pour les chiens à mode de vie à haut risque d’exposition (chiens de chasse, chiens de berger, chiens pratiquant le cani-cross ou la randonnée en zone boisée). La recommandation d’un traitement continu, 12 mois par an, plutôt que saisonnier, est soutenue par les données récentes montrant une activité hivernale des tiques Ixodes ricinus et Dermacentor reticulatus dans certaines régions européennes (Probst 2023). L’ESCCAP (European Scientific Council Companion Animal Parasites) recommande une protection anti-tiques continue pour les chiens à risque d’exposition. L’utilisation inutile d’antiparasitaires ou une utilisation ne respectant pas les instructions du RCP peut augmenter la pression de sélection de résistance et conduire à une diminution de l’efficacité.

Chapitre 7 — Profil de sécurité, tolérance et populations à risque

7.1 Effets indésirables identifiés et données de pharmacovigilance

7.1.1 Effets gastro-intestinaux et manifestations générales

Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés avec l’afoxolaner sont d’ordre gastro-intestinal, incluant vomissements et diarrhée, observés de manière peu fréquente et généralement transitoires, se résolvant spontanément sans traitement. La léthargie et l’anorexie ont également été rapportées, avec une fréquence très faible. Dans les études de marge de sécurité chez des chiots Beagles âgés de 8 à 9 semaines traités à 1, 3 et 5 fois la dose maximale d’exposition à intervalles de 28 puis 14 jours (soit 6 administrations au total sur 126 jours), les effets observés (vomissements, diarrhée, diminution de l’appétit) ont été constatés à la fois dans les groupes traités et dans les groupes contrôlés, suggérant une imputabilité incertaine au traitement (Drag 2017). Aucune anomalie hématologique, biochimique ou urinaire cliniquement significative n’a été attribuée au traitement dans ces études de marge de sécurité. Le poids corporel et la consommation alimentaire sont restés comparables entre les groupes traités et contrôlés. La DL50 orale aiguë de l’afoxolaner chez le rat est supérieure à 1000 mg/kg et la DL50 dermique supérieure à 2000 mg/kg, témoignant d’une large marge de sécurité toxicologique chez les mammifères.

7.1.2 Effets indésirables neurologiques

En septembre 2018, la FDA américaine a émis une alerte concernant la classe des isoxazolines (afoxolaner, fluralaner, sarolaner, lotilaner), signalant des effets neurologiques rapportés chez certains chiens, incluant tremblements musculaires, ataxie et convulsions. Des convulsions ont été rapportées chez des chiens recevant des isoxazolines, y compris chez des animaux sans antécédent épileptique. Les données de pharmacovigilance FDA couvrant la période de janvier 2013 à septembre 2017 font état de 32 374 événements indésirables déclarables pour l’ensemble des isoxazolines, avec un taux de convulsions de 6,9 % des déclarations pour l’afoxolaner. Une fréquence absolue catégorisée comme très rare (moins d’un cas sur 10 000 traitements) selon le RCP de l’EMA (Donohoe 2020). Ces chiffres doivent être interprétés avec prudence car ils représentent des déclarations spontanées (sous-déclaration reconnue) et non des taux d’incidence en population traitée. Le caractère causal n’est pas établi pour chaque déclaration individuelle.

7.1.3 Données des agences réglementaires (EMA, FDA) et bilan actualisé de pharmacovigilance post-AMM

Les agences réglementaires européenne (EMA) et américaine (FDA) ont maintenu l’évaluation bénéfice/risque favorable pour les isoxazolines, tout en imposant des mentions de précautions d’emploi sur les notices. Le RCP (Résumé des Caractéristiques du Produit) précise que des effets indésirables gastro-intestinaux légers, du prurit, de la léthargie, de l’anorexie et des signes neurologiques (convulsions, ataxie, tremblements musculaires) ont été rapportés très rarement (moins d’un animal sur 10 000 traités). En cas de surdosage, les symptômes, la conduite d’urgence et les antidotes doivent être envisagés : il n’existe pas d’antidote spécifique pour l’afoxolaner et le traitement du surdosage est symptomatique et de soutien. Les précautions particulières à chaque espèce cible sont détaillées dans le RCP. La classe des isoxazolines dans son ensemble est considérée comme présentant un profil de sécurité favorable lorsqu’elle est utilisée conformément aux recommandations de l’AMM.

7.2 Races à risque : Mutation ABCB1 (MDR1) et implications cliniques

7.2.1 Bases génétiques de la mutation ABCB1 et races canines concernées

La mutation ABCB1 (anciennement MDR1), consistant en une délétion de 4 nucléotides, entraîne un codon stop prématuré et la production d’une P-glycoprotéine tronquée non fonctionnelle. La P-glycoprotéine, transporteur d’efflux exprimé à la barrière hémato-encéphalique, dans les hépatocytes, les entérocytes et les cellules tubulaires rénales, assure normalement l’exclusion de substrats potentiellement neurotoxiques hors du système nerveux central. Les races les plus fréquemment porteuses de cette mutation incluent le Colley (homozygote dans 35 à 70 % des individus selon les populations), le Berger australien (fréquence allélique de 20 à 50 %), le Berger blanc suisse, le Shetland, le Border Collie et le Bobtail, ainsi que leurs croisements.

7.2.2 Données de sécurité spécifiques chez les Colleys homozygotes et races apparentées

L’afoxolaner n’est pas un substrat de la P-glycoprotéine, comme l’ont confirmé les expériences in vitro d’efflux (données EMA). Cette propriété le distingue des lactones macrocycliques (ivermectine, milbémycine oxime, moxidectine) qui sont des substrats reconnus de ce transporteur. La sécurité de l’afoxolaner chez les Colleys homozygotes MDR1-déficients a été spécifiquement évaluée dans deux études (Drag 2022). Au total, 30 Colleys adultes homozygotes MDR1(-/-) ont été traités par voie orale : 9 par placebo, 9 par afoxolaner seul (dose moyenne correspondant à 3,8 à 4,7 fois la dose thérapeutique maximale recommandée), 6 par milbémycine oxime seule (4,7 fois la dose maximale) et 6 par l’association afoxolaner-milbémycine oxime. Aucun signe de neurotoxicité n’a été observé dans les groupes recevant l’afoxolaner seul. L’utilisation de Colleys ayant reçu jusqu’à 10 fois la dose d’AMM d’afoxolaner sans effets indésirables a été rapportée.

Toutefois, pour la milbémycine oxime présente dans NEXGARD SPECTRA, la sensibilité accrue des chiens MDR1-déficients aux lactones macrocycliques impose la prudence, même si les doses utilisées dans la formulation (0,5 à 1 mg/kg) sont considérées comme sûres chez les chiens MDR1-déficients. L’association afoxolaner-milbémycine oxime à la dose testée n’a pas entraîné de signes neurologiques chez les Colleys homozygotes (Drag 2022).

7.2.3 Recommandations pratiques

Le dépistage génotypique de la mutation ABCB1 est recommandé chez les races à risque avant toute prescription de lactones macrocycliques à doses élevées. Pour l’utilisation de NEXGARD (afoxolaner seul), aucune restriction spécifique n’est nécessaire chez les chiens MDR1-déficients, l’afoxolaner n’étant pas substrat de la P-glycoprotéine. Pour NEXGARD SPECTRA (association afoxolaner-milbémycine oxime), l’utilisation aux doses recommandées est considérée comme sûre chez les chiens MDR1-déficients, mais la surveillance clinique post-administration est recommandée lors de la première utilisation chez ces races.

7.3 Contre-indications, précautions d’emploi et interactions médicamenteuses

7.3.1 Contre-indications absolues et relatives répertoriées dans l’AMM

Aucune contre-indication absolue n’est mentionnée dans le RCP européen de NEXGARD ou NEXGARD SPECTRA en dehors de l’hypersensibilité aux substances actives ou aux excipients. L’utilisation chez les chiots de moins de 8 semaines et/ou chez les chiens de moins de 2 kg de poids corporel doit reposer sur une évaluation du rapport bénéfice/risque par le vétérinaire responsable, en l’absence de données disponibles pour ces populations. L’utilisation est déconseillée chez les chiens présentant des antécédents de convulsions ou de troubles neurologiques, conformément à la mise en garde de classe des isoxazolines.

7.3.2 Interactions pharmacocinétiques et pharmacodynamiques documentées

Pour NEXGARD SPECTRA, des interactions médicamenteuses potentielles de la milbémycine oxime ont été identifiées avec la ciclosporine, les antifongiques azolés et l’érythromycine, ces molécules pouvant inhiber la P-glycoprotéine et augmenter l’exposition cérébrale à la milbémycine oxime chez les chiens sensibles.

7.3.3 Utilisation chez les chiots, les femelles gestantes et allaitantes : données disponibles

La sécurité de l’afoxolaner a été évaluée chez des chiots Beagles dès l’âge de 8 semaines, à des doses allant jusqu’à 5 fois la dose maximale d’exposition, sans mise en évidence d’effets toxiques liés au traitement (Drag 2017). Les études de laboratoire chez le rat et le lapin n’ont pas mis en évidence d’effets tératogènes ni d’effets délétères sur la capacité reproductrice des mâles et des femelles. Toutefois, la sécurité du médicament n’a pas été établie pendant la gestation et la lactation, ni chez les chiens reproducteurs. L’utilisation chez les femelles gestantes ou allaitantes doit donc reposer sur une évaluation individuelle du rapport bénéfice/risque par le vétérinaire prescripteur. Les précautions particulières à prendre par la personne administrant le médicament incluent le lavage des mains après manipulation du produit.

Conclusion

L’afoxolaner, administré sous forme de comprimé à croquer par voie orale (NEXGARD et NEXGARD SPECTRA, Laboratoire Boehringer Ingelheim), constitue un outil thérapeutique de premier plan en dermatologie vétérinaire canine. Son mécanisme d’action sur les canaux chlorures ligand dépendants des arthropodes, sa pharmacocinétique favorable (absorption rapide, demi-vie prolongée, biodisponibilité élevée) et son profil de sécurité documenté chez les chiens sains comme chez les races MDR1-déficientes en font un médicament de choix pour le traitement des infestations par les puces et les tiques, ainsi que pour les ectoparasitoses d’intérêt dermatologique : démodécie généralisée due à Demodex canis, gale sarcoptique due à Sarcoptes scabiei var. canis, et otacariose à Otodectes cynotis.

Les données d’efficacité contrôlées démontrent des taux de réduction parasitaire supérieurs à 95 % pour l’ensemble de ces indications, avec une rapidité d’action compatible avec les exigences cliniques de la gestion du prurit et de la prévention de la transmission d’agents pathogènes vectoriels. L’association avec la milbémycine oxime dans NEXGARD SPECTRA offre une couverture endectocide mensuelle unique incluant la prévention de la dirofilariose à Dirofilaria immitis et le traitement des nématodes gastro-intestinaux dont Trichuris vulpis.

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