Résumé. La veille de septembre 2026 porte surtout sur la dermatite atopique canine, les parasitoses du chat, les infections cutanées et le mastocytome. Les recommandations révisées de l’ICADA divisent le traitement de la dermatite atopique en deux phases : une phase réactive, où les glucocorticoïdes sont conseillés pour leur rapidité, puis une phase proactive, qui maintient la rémission. Un essai contre placebo montre que l’atinvicitinib, inhibiteur de Janus kinase, est efficace en une seule prise par jour, sans phase d’induction. Pour l’oclacitinib, raccourcir l’induction de quatorze à six jours n’a pas changé significativement le résultat. Chez le chat, une étude pilote rapporte qu’une seule application topique d’ésafoxolaner, d’éprinomectine et de praziquantel a fait disparaître Lynxacarus radovskyi. La sélamectine combinée au sarolaner élimine, elle, Notoedres cati en 30 jours. Devant une infection cutanée, on identifie l’agent jusqu’à l’espèce avant de traiter, car l’infection polymicrobienne récidive davantage et ses isolats tendent à résister à plus d’antibiotiques. Le staphylocoque résistant à la méticilline circule en outre durablement entre le chien et sa famille. Cette identification compte d’autant plus que l’histoplasmose féline et la protothécose sont décrites hors de leurs zones habituelles, et que des cas autochtones de pythiose canine sont rapportés en Italie. Enfin, la densité au scanner en trois phases aide à distinguer les petits mastocytomes des lésions bénignes.
La veille de septembre 2026 réunit 35 articles consacrés à la peau du chien et du chat, ou qui touchent à leur dermatologie par la microbiologie, la parasitologie, l’oncologie et l’endocrinologie. La dermatite atopique canine domine le mois : l’ICADA publie des recommandations de traitement révisées, et deux essais précisent l’emploi des inhibiteurs de Janus kinase. Les infections forment le second ensemble, avec des staphylocoques résistants qui passent du chien à l’humain et des agents rares identifiés par biologie moléculaire, parfois loin de leurs zones habituelles. L’oncologie apporte des outils de diagnostic et de pronostic du mastocytome. Chez le chat, deux associations antiparasitaires sont évaluées. Les articles sont classés en sept catégories. Chacun est présenté avec son dispositif, ses résultats et ce qu’il change en consultation.
1 Dermatite atopique canine
1.1 Recommandations et pratique
Le Comité international des maladies allergiques des animaux (ICADA) révise ses recommandations de traitement de la dermatite atopique canine. Elles classent désormais le traitement par mode d’action et le divisent en deux phases : une phase réactive, qui fait disparaître le prurit et les lésions présentes, puis une phase proactive, qui maintient la rémission et espace les poussées. Elles s’appuient sur des essais randomisés et des revues systématiques, quand il en existe. Le niveau de preuve est gradé selon l’échelle SORT (Strength of Recommendation Taxonomy). Pour la phase réactive, les molécules rapides à large spectre sont conseillées, en particulier les glucocorticoïdes. Les inhibiteurs de Janus kinase et le lokivetmab peuvent être efficaces selon le type de lésion, la sévérité et la complexité de l’inflammation. Les infections secondaires et les facteurs de poussée doivent être pris en charge. Pour la phase proactive, on choisit selon le profil de la maladie et la réponse du chien. Les options sont les soins de la barrière cutanée, le contrôle des infections, l’éviction des allergènes, l’immunothérapie allergénique, les glucocorticoïdes topiques, la ciclosporine, le tacrolimus, le lokivetmab ou les inhibiteurs de Janus kinase. Aucune de ces interventions n’est requise chez tous les chiens, aucune n’est interchangeable avec une autre et aucune n’est efficace dans tous les cas. Ce choix tient donc compte de l’efficacité, de la sécurité, de la commodité, du coût, de la qualité de vie du chien et du propriétaire, et de la réglementation du pays (Mueller et al., 2026).
Mueller RS, Banovic F, Bensignor E, Santoro D, Nuttall T. Treatment of Canine Atopic Dermatitis: Updated Guidelines From the International Committee on Allergic Diseases of Animals (ICADA). Vet Dermatol. 2026 Sep 28. En ligne avant impression. https://doi.org/10.1111/vde.70128
Une enquête en ligne a été menée du 15 juillet au 15 août 2025 auprès de vétérinaires nord-américains. Sur 718 répondants retenus, 57 % estimaient qu’au moins un quart de leurs clients avaient des contraintes financières importantes, et 28 % qu’au moins la moitié en avaient. La plupart des répondants se servaient toujours ou souvent de la situation financière du client pour orienter leurs propositions. La cytologie cutanée, puis le raclage, étaient jugés les examens les plus importants, quelle que soit la contrainte financière. Quand le budget était serré, la céfalexine était préférée pour la pyodermite sensible à la méticilline. La plupart des répondants connaissaient la recommandation d’un traitement antiseptique topique seul pour la pyodermite superficielle résistante à la méticilline. Une majorité conseillait aussi une culture bactérienne aérobie avant tout antibiotique en cas de suspicion de résistance. Les contraintes financières ne modifient donc pas toujours les propositions, mais ces propositions s’écartent parfois des recommandations de consensus. Les réponses restent déclaratives, recueillies par questions directes ou sur cas fictifs (Gentry et al., 2026).
Gentry CM, Rey L, Rishniw M, Tater K, Teller L. Multiple factors, including client financial constraints, play a role in clinician decisions for canine atopic dermatitis: spectrum of care in a chronic and relapsing disease. J Am Vet Med Assoc. 2026;264(9):1-9. https://doi.org/10.2460/javma.25.12.0845
1.2 Inhibiteurs de Janus kinase
L’atinvicitinib est un inhibiteur de JAK1 de deuxième génération, très sélectif chez le chien. Son efficacité a été évaluée dans un essai multicentrique randomisé, en insu, contre placebo, chez 61 chiens de propriétaires atteints de dermatite atopique, âgés d’au moins 12 mois et pesant au moins 2 kg. Avec leur repas, 21 chiens ont reçu 0,8 à 1,2 mg/kg une fois par jour pendant 28 jours. Vingt et un autres ont reçu 0,4 à 0,6 mg/kg deux fois par jour pendant 14 jours, puis une fois par jour pendant 14 jours. Les 19 derniers ont reçu un placebo. Le succès était défini par une baisse d’au moins 50 % du score de prurit ou du score lésionnel CADESI-04 à J28. Il a été atteint chez 87,5 % des chiens traités une fois par jour et chez 73,3 % des chiens du schéma en deux temps, contre 23,1 % sous placebo. Les deux écarts étaient significatifs. Le prurit a baissé significativement plus que sous placebo dans les deux groupes traités. Le score lésionnel a baissé significativement plus que sous placebo dans le groupe à une prise quotidienne. Les valeurs biologiques moyennes sont restées dans les intervalles de référence et le traitement a été bien toléré. Les auteurs concluent donc qu’une prise quotidienne unique est sûre et efficace (Jirjis et al., 2026).
Jirjis F, Kowalski TJ, Lynn RC, Overbey L, Cao Q, Stock M, et al. Efficacy and Field Safety of the Second-Generation, Highly Selective JAK1 Inhibitor Atinvicitinib for the Treatment of Canine Atopic Dermatitis: A Multicentre, Blinded, Randomised, Placebo-Controlled Clinical Trial in Client-Owned Dogs. Vet Dermatol. 2026 Sep 17. En ligne avant impression. https://doi.org/10.1111/vde.70106
Avec l’oclacitinib, le passage à une prise quotidienne après l’induction fait parfois remonter le prurit. Une équipe munichoise a donc comparé deux schémas chez 45 chiens atteints de dermatite atopique, randomisés en deux groupes. Le schéma habituel donnait 0,4 à 0,6 mg/kg deux fois par jour pendant 14 jours, puis une fois par jour pendant 7 jours. L’induction raccourcie donnait la molécule deux fois par jour pendant 6 jours, puis une fois par jour pendant 15 jours. Les données de 40 chiens ont été exploitables. Avec le schéma habituel, le score lésionnel CADLI moyen est passé de 13,4 à 8, une baisse non significative. Avec l’induction raccourcie, il est passé de 12,9 à 6,9, et cette baisse était significative. Le prurit moyen a baissé significativement dans les deux groupes, de 6,4 à 2,1 avec le schéma habituel et de 5,7 à 1,9 avec l’induction raccourcie. Aucune différence n’est apparue entre les groupes. La remontée du prurit après la baisse de dose n’a touché que deux chiens du schéma habituel et un chien de l’induction raccourcie (Popp et al., 2026).
Popp PJC, Mueller RS, Widorn L, Udraite-Vovk L, Mueller U, Weitzer T. Evaluation of Two Induction Protocols for Oclacitinib in Dogs. Vet Dermatol. 2026 Sep 20. En ligne avant impression. https://doi.org/10.1111/vde.70127
1.3 Inflammation systémique et acides gras
Chez l’humain, la dermatite atopique modérée à sévère est de plus en plus considérée comme une maladie inflammatoire systémique. Pour le vérifier chez le chien, six cytokines sériques ont été dosées : TNF-α, TNF-β ou lymphotoxine-α, IL-1β, IL-6, IL-12 et antagoniste du récepteur de l’IL-1. Les 40 chiens de propriétaires étaient répartis en quatre groupes de 10 : chiens sains, dermatite atopique légère, dermatite atopique modérée à sévère, et pemphigus foliacé actif servant de témoin positif. La variabilité entre individus était forte, et aucune des six cytokines n’a différé significativement entre les groupes. Ce résultat peut traduire une absence réelle d’inflammation systémique chez le chien atopique, mais aussi le faible effectif, la variabilité ou l’étroitesse du panel (Herrmann et al., 2026).
Herrmann I, Mamo LB, Bizikova P. Systemic Inflammation in Dogs With Atopic Dermatitis Compared to Healthy Dogs and Dogs With Pemphigus Foliaceus: A Study Using a Limited Cytokine Panel. Vet Dermatol. 2026 Sep 3. En ligne avant impression. https://doi.org/10.1111/vde.70118
Une courte revue hongroise propose l’index oméga-3 pour suivre l’apport en ces acides gras chez le chien. Cet index est la somme de l’acide eicosapentaénoïque (EPA) et de l’acide docosahexaénoïque (DHA) des membranes des globules rouges, exprimée en pourcentage des acides gras érythrocytaires totaux. On peut le mesurer sur une goutte de sang séchée. Il reflète l’apport au long cours, car la composition des globules rouges varie moins que le plasma avec les changements d’alimentation à court terme. Le chien sain a un index de base bas. Une supplémentation en oméga-3 d’origine marine le fait monter de façon fiable. En dermatologie, les données érythrocytaires sont toutefois très limitées. Il n’existe encore ni intervalles de référence propres à l’espèce ni valeurs cibles liées à l’évolution clinique (Tóth et al., 2026).
Tóth ZT, Tarpataki N, Mátis G, Fébel H. Dried blood spot-based omega-3 fatty acid status assessment in dogs: The Omega-3 Index concept and its dermatological perspective – Short communication. Acta Vet Hung. 2026;74(3):242-246. https://doi.org/10.1556/004.2026.01307
2 Alopécies non inflammatoires, pigmentation et cortisol
2.1 Alopécie récidivante des flancs
L’alopécie récidivante des flancs est une maladie saisonnière du chien, à forte prédisposition raciale. Selon une revue narrative néerlandaise, des plaques d’alopécie apparaissent quand la durée du jour diminue, en automne ou en hiver. Elles siègent d’ordinaire sur les flancs thoracolombaires. Ces plaques sont symétriques, bien limitées, non inflammatoires et souvent hyperpigmentées. Le poil repousse ensuite, en partie ou en totalité, au printemps ou en été suivants. La maladie n’a pas de retentissement général. Le diagnostic repose sur le signalement, l’aspect clinique, l’exclusion des diagnostics différentiels et l’histologie, qui varie avec le stade et oriente sans être pathognomonique. Le mécanisme semble multifactoriel, associant photopériode, influences neurohormonales et génétique. Le traitement va de l’abstention surveillée à la mélatonine. De nouvelles options, comme le laser de basse énergie, apparaissent, mais les preuves issues d’essais contre placebo restent limitées (Verschuuren-Tjoeng et al., 2026a).
Verschuuren-Tjoeng MUMY, Schlotter YM, van Geijlswijk IM, Gehring R, van Steenbeek FG. Canine flank alopecia: A narrative review of clinical presentation, genetic basis, and therapeutic management. Vet J. 2026a;320:106877. https://doi.org/10.1016/j.tvjl.2026.106877
La même équipe a cherché les gènes en cause chez le Rhodesian ridgeback. Un séquençage du génome entier à faible couverture, complété par imputation, a été mené chez 48 chiens, 24 atteints et 24 témoins. Il a été suivi d’études d’association pangénomiques et de l’analyse des variants codants. Des variants à effet fonctionnel prédit ont été retrouvés dans plusieurs gènes, dont EPB41L1 et DPY19L1. Ils interviennent dans le cytosquelette, l’adhésion cellulaire, la signalisation nerveuse et les voies du cycle pilaire (Wnt, BMP, MAPK, Notch et Hedgehog). L’alopécie des flancs serait donc une maladie génétiquement hétérogène, sous l’influence de plusieurs loci, et non une maladie monogénique simple. Ces gènes restent des candidats à confirmer par des études fonctionnelles (Verschuuren-Tjoeng et al., 2026b).
Verschuuren-Tjoeng MUMY, Vree L, Rozendom C, Schlotter Y, Gehring R, van Steenbeek FG. Genetic insights into canine flank alopecia in Rhodesian ridgebacks: identifying candidate genes. Vet Anim Sci. 2026b;33:100670. https://doi.org/10.1016/j.vas.2026.100670
2.2 Alopécie radio-induite
Chez le chien irradié pour une tumeur nasale, le type de pelage influence le risque de chute du poil. Une étude rétrospective japonaise a repris les dossiers de 38 chiens traités par radiothérapie. Les chiens qui n’avaient perdu leur poil qu’après la fin du traitement ont été exclus. L’alopécie aiguë est apparue pendant l’irradiation chez 17 des 34 chiens analysés. Le type de pelage y était significativement associé : tous les chiens à poil frisé ou dur ont été atteints. Chez eux, l’alopécie est aussi apparue plus tôt que chez les chiens à poil droit, en 14 jours contre 20 jours en médiane, et la différence était significative. Chez les chiens atteints, les zones qui recevaient la plus forte dose cutanée se sont dépilées les premières, puis les zones moins irradiées. Le propriétaire peut ainsi être prévenu du risque et du délai de l’alopécie (Nemoto et al., 2026).
Nemoto Y, Aoki K, Yoshida A, Ueno H, Nakaichi M. Radiation-Induced Alopecia in Dogs With Nasal Tumours: Coat Type Influences Development and Onset. Vet Dermatol. 2026 Sep 10. En ligne avant impression. https://doi.org/10.1111/vde.70126
2.3 Hyperpigmentation féline et cortisol de base
Une mise au point clinique traite de l’hyperpigmentation cutanée du chat. Sa notice ne comporte pas de résumé. Son contenu n’est donc pas analysé ici (Bajwa, 2026).
Bajwa J. Cutaneous hyperpigmentation in cats. Can Vet J. 2026;67(9):1025-1028. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC13544534/
Chez le chien, un cortisol de base bas est plus fréquent après une exposition aux glucocorticoïdes, ce qui complique le dépistage de l’hypocorticisme. Une étude rétrospective a repris 982 chiens hospitalisés ayant subi un test de stimulation à l’ACTH, dont 55 atteints d’hypocorticisme et 927 indemnes. Un cortisol de base inférieur ou égal à 2,0 µg/dL était significativement plus fréquent chez les 198 chiens exposés aux glucocorticoïdes (46,0 %) que chez les 729 chiens non exposés (31,0 %). À ce seuil, la sensibilité du cortisol de base était de 98,2 % et sa spécificité de 65,8 % seulement. Relever le seuil à 2,4, 2,7 ou 3,1 µg/dL améliore la sensibilité au détriment de la spécificité. Un tracé plat faussement positif au test de stimulation n’a été observé que chez 11 chiens (1,2 %). Le test de stimulation écarte donc l’hypocorticisme chez la plupart des chiens. Il apporte en plus une information pronostique (Da Silva et al., 2026).
Da Silva AJ, Barton SA, Shiel RE, Mooney CT. Evaluation of basal cortisol and the adrenocorticotropic hormone stimulation test in 982 dogs undergoing investigation for hypoadrenocorticism. J Vet Intern Med. 2026;40(5):aalag188. https://doi.org/10.1093/jvimsj/aalag188
3 Infections bactériennes et mycobactériennes
3.1 Staphylocoques
En Inde, 71 cas de pyodermite staphylococcique confirmés par PCR ont été analysés de juin à décembre 2024. Les isolats ont été identifiés par spectrométrie de masse MALDI-TOF, puis testés pour leur sensibilité aux antibiotiques. L’infection était monomicrobienne dans 63,38 % des cas et polymicrobienne dans 36,62 %. Staphylococcus pseudintermedius et Staphylococcus aureus dominaient dans les deux formes, seuls ou associés à Escherichia coli, Pseudomonas aeruginosa ou Klebsiella pneumoniae. L’infection polymicrobienne était significativement associée à la récidive, à une évolution plus longue, à l’invasion tissulaire et aux manifestations cutanées allergiques. Les deux staphylocoques résistaient fortement aux β-lactamines et aux céphalosporines de troisième génération. La résistance globale ne différait pas significativement entre infections mono- et polymicrobiennes, mais les isolats des infections polymicrobiennes tendaient à résister davantage, dans plusieurs familles d’antibiotiques. L’identification à l’espèce et le traitement guidé par la culture sont donc à privilégier (Sanwal et al., 2026).
Sanwal D, Kachhawa JP, Gurjar M, Singathia R, Gupta SR, Kumar R. Antimicrobial resistance and epidemiological determinants of single and polymicrobial staphylococcal infections in canine pyoderma. Acta Vet Hung. 2026;74(3):205-212. https://doi.org/10.1556/004.2026.01273
À Naples, des écouvillons nasaux ont été prélevés chez 100 chiens avant une chirurgie. Ils ont fourni 65 souches de staphylocoques, identifiées par MALDI-TOF : S. pseudintermedius était l’espèce la plus fréquente (40 %), devant S. aureus (15,4 %) et S. epidermidis (7,7 %). La résistance était élevée : 61,5 % des souches étaient multirésistantes et 4,6 % ultrarésistantes. Toutes les souches testées formaient un biofilm, de façon modérée pour la majorité d’entre elles (56,9 %), ce qui pourrait favoriser leur persistance. Un dépistage nasal préopératoire est donc proposé chez les patients à haut risque, pour ajuster l’antibioprophylaxie (Nocera et al., 2026).
Nocera FP, Schena R, Romano A, Cavalli S, Cortese L, Fatone G, et al. Nasal Colonization of Antimicrobial-Resistant and Biofilm-Producing Staphylococcus spp. in Surgical Canine Patients From Italy. Vet Med Sci. 2026;12(5):e71235. https://doi.org/10.1002/vms3.71235
Au Brésil, la circulation d’un S. pseudintermedius résistant à la méticilline (SPRM) a été suivie dans un foyer, à partir d’une ostéomyélite postopératoire du chien de la famille. Pendant l’infection, en 2021, la lignée ST71-SCCmec II-III a été retrouvée chez le chien opéré, chez quatre membres de la famille et chez le chirurgien, soit 6 sujets colonisés sur 8. L’autre chien du foyer portait alors un S. epidermidis résistant à la méticilline. Deux ans plus tard, le SPRM était porté par ce second chien et par deux propriétaires, soit 3 sujets sur 7. La lignée ST71 colonisait la peau du chien, et une lignée émergente, ST1095-CC551-SCCmec V, ses narines et les deux propriétaires. Au sein de chaque lignée, les souches différaient d’au plus 8 mutations ponctuelles, ce qui traduit une transmission récente. Le SPRM circule donc durablement entre chiens et humains d’un même foyer. Une lignée peut aussi en remplacer une autre. L’isolat, multirésistant, restait sensible à l’amikacine. Le chien opéré a guéri après un traitement prolongé par cette molécule et une reprise chirurgicale (de Menezes et al., 2026).
de Menezes MP, Pirolo M, Pereira N, Stegger M, Paglione MP, Guardabassi L, et al. Intra-house circulation and persistence of methicillin-resistant Staphylococcus pseudintermedius in Brazil: Evidence of transmission between a dog and its family. Vet Microbiol. 2026;320:111141. https://doi.org/10.1016/j.vetmic.2026.111141
Staphylococcus schleiferi cause des infections de la peau et de l’oreille chez le chien, mais il est rarement décrit comme pathogène chez l’humain. Ce staphylocoque ne produit pas de coagulase. Il est donc facilement confondu avec d’autres espèces ou pris pour un contaminant. Un cas d’infection aiguë de prothèse articulaire est rapporté chez un patient exposé aux chiens depuis longtemps par son métier. Il a été traité avec succès par six semaines d’antibiothérapie intraveineuse puis trois mois de traitement oral suppressif (Wells et al., 2026).
Wells L, Erickson G, Nebeluk N, Doub J. Prosthetic joint infection due to Staphylococcus schleiferi in a patient with occupational canine exposure. IDCases. 2026;46:e02752. https://doi.org/10.1016/j.idcr.2026.e02752
3.2 Mycobactéries et infections graves des tissus mous
Une chatte domestique à poil court de 4 ans, stérilisée, présentait depuis 8 mois des plaies fistulisées de la cuisse gauche et de la région inguinale gauche, rebelles aux antibiotiques empiriques. Elles avaient commencé par une morsure de chat à la cuisse et par une masse sous-cutanée inguinale. La cytologie de la masse avait fait évoquer une tumeur à cellules fusiformes, mais l’histologie après exérèse a montré une mammite et une dermatite pyogranulomateuses nécrosantes sévères, sans tumeur. Les cultures des deux lésions ont isolé Mycobacterium farcinogenes, identifiée par MALDI-TOF. L’association de pradofloxacine, d’amikacine en gel topique et d’azithromycine a conduit à une rémission complète en 24 semaines, sans effet indésirable, alors qu’une résistance in vitro avait été constatée. C’est le premier cas félin rapporté en Asie. Il montre qu’il faut identifier une mycobactérie atypique jusqu’à l’espèce (Chuenngam et al., 2026).
Chuenngam T, Promsatit W, Khamduang C, Vilaiwan K, Kanjanasri K. Feline Cutaneous Mycobacteriosis Caused by Mycobacterium farcinogenes: The First Case Report from Asia. Animals (Basel). 2026;16(17):2734. https://doi.org/10.3390/ani16172734
La fasciite nécrosante du chien peut devenir septique en un ou deux jours. Deux chiens immunocompétents de foyers différents ont été adressés pour des plaies des tissus mous. Un Golden Retriever mâle castré de 5 ans présentait une cellulite hémorragique étendue des membres antérieurs et du cou, installée en 48 heures. Chez une chienne croisée Labrador stérilisée de 8 ans, une plaie pénétrante de la hanche gauche a évolué en 24 heures vers une fasciite nécrosante. Les bactéries en cause étaient Acinetobacter lactucae et Bacillus paramobilis, une espèce chez chaque chien. L’histologie montrait dans les deux cas une nécrose musculaire aiguë sévère, avec une myofasciite, une dermatite et une panniculite nécrosuppurées contenant des bactéries en bâtonnet. Le séquençage du génome a révélé de nombreuses toxines cytolytiques et d’autres gènes de virulence. Ces deux espèces n’avaient encore jamais été associées à une fasciite nécrosante chez le chien (Greenberg et al., 2026).
Greenberg JA, Groch KR, Lawhon SD, Wu J, Wheeler L, Flynn G, et al. Necrotizing fasciitis associated with Acinetobacter lactucae and Bacillus paramobilis infections in 2 dogs. J Vet Diagn Invest. 2026;38(5):1086-1091. https://doi.org/10.1177/10406387261440917
La mélioïdose, due à Burkholderia pseudomallei, est une infection grave, potentiellement mortelle, du chien et du chat. Elle est présente dans les régions tropicales, et parfois subtropicales, d’Australie. Une série de 45 cas, 24 chiens et 21 chats, a été réunie sur 27 ans dans le Territoire du Nord et le Queensland. Les cas survenaient surtout pendant la saison des pluies, de décembre à mars. Les formes les plus fréquentes étaient une atteinte neurologique primitive ou une infection localisée (plaie, cellulite ou abcès). Le chien avait plus souvent une atteinte de la peau et du tissu sous-cutané, alors que le chat montrait des formes plus variées. Dans la plupart des cas, aucune cause favorisante, comme une immunodépression, n’a été retrouvée. Parmi les 15 animaux dont l’évolution était connue, les 4 chiens ont guéri. Sur les 11 chats, 5 ont guéri et 4 ont été euthanasiés. Sur l’ensemble de la série, 13 animaux sont morts ou ont été euthanasiés à cause de la maladie, dont 7 présentaient une forme neurologique. Un diagnostic rapide et une antibiothérapie adaptée sans délai décident donc du contrôle de l’infection (Lee et al., 2026).
Lee K, Shilton C, Benedict S, Krockenberger M, Mayo M, Currie BJ, et al. Melioidosis in companion animals: Analysis of 45 Australian cases (24 dogs; 21 cats) from 1997 to 2025 and a brief review of the animal and human literature. Aust Vet J. 2026;104(9):563-580. https://doi.org/10.1111/avj.70097
3.3 Flore cutanée du cobaye
Chez le cobaye, une étude transversale canadienne a comparé sur 4 ans la flore cutanée de 46 animaux : 16 sains, 16 atteints de dermatose et 14 atteints d’une maladie non cutanée. Staphylococcus xylosus était la bactérie la plus fréquente, devant Aerococcus viridans. S. aureus, pourtant associé aux dermatoses du cobaye dans des publications antérieures, n’a été isolé d’aucune lésion. Des levures Malassezia étaient visibles en cytologie, mais aucune n’a poussé en culture, ce qui suggère qu’il faut d’autres techniques pour les identifier. Aucun dermatophyte n’a été trouvé chez les cobayes sans dermatose (Foster et al., 2026).
Foster A, Vandenbruggen J, Ferrari MCO, Desprez I. Cutaneous populations of bacteria and yeast as determined by culture and cytology in healthy and diseased guinea pigs. Am J Vet Res. 2026 Sep 17:1-8. En ligne avant impression. https://doi.org/10.2460/ajvr.26.03.0137
4 Mycoses et infections apparentées
L’histoplasmose féline est rarement diagnostiquée en Europe, et elle ne l’avait jamais été en Europe du Nord ni dans les pays baltes. Trois cas autochtones groupés sont rapportés en Lettonie chez des chats domestiques à poil court présentant des lésions cutanées ulcérées ou érodées. La cytologie montrait dans les trois cas des organismes compatibles avec Histoplasma. Le premier chat, positif pour le virus de l’immunodéficience féline et vivant en refuge, présentait de multiples ulcères. L’histologie et l’immunohistochimie ont confirmé une mycose évocatrice d’Histoplasma, puis le chat a été perdu de vue. Le deuxième, un mâle de 3 ans porteur d’une lésion érosive faciale unique, a guéri sous antifongique. Le troisième, un mâle castré de 6 ans à lésions érosives multiples, a été euthanasié. Chez lui, la recherche d’antigène d’H. capsulatum était positive dans l’urine et le sérum. La PCR suivie du séquençage a fourni la première confirmation moléculaire d’Histoplasma capsulatum dans la région balte. La cytologie est donc un bon premier examen. La sérologie et la biologie moléculaire la complètent là où les méthodes de mycologie établies sont peu accessibles. L’histoplasmose pourrait être sous-diagnostiquée hors des zones d’endémie (Berzina et al., 2026).
Berzina I, Nikolajenko M, Matise-VanHoutana I, Ulanova V, Kivrāne A, Ranka R. Feline cutaneous histoplasmosis in a non-endemic region: diagnostic challenges and molecular confirmation of Histoplasma capsulatum in Latvia. Acta Vet Scand. 2026;68(1):33. https://doi.org/10.1186/s13028-026-00883-4
En Italie, 7 cas autochtones de pythiose canine ont été reconnus entre 2021 et 2024. Tous les chiens avaient été exposés à l’eau douce. Les cas concernaient plusieurs lacs, sur des années consécutives. Les isolats séquencés appartenaient au clade IV du complexe Pythium insidiosum, aujourd’hui désigné Pythium periculosum (Peano et al., 2026).
Peano A, Min ARM, Danesi P, Albanese F, Furiani N, Monaco M, et al. Autochthonous Canine Pythiosis Linked with Freshwater Exposure, Italy, 2021-2024. Emerg Infect Dis. 2026;32(9):1526-1528. https://doi.org/10.3201/eid3209.260354
Arthroderma uncinatum, dermatophyte géophile, a été identifié chez un Setter anglais de 11 mois du sud de l’Italie, qui présentait deux lésions alopéciques, érythémateuses et squameuses des régions métacarpienne et métatarsienne. Les examens microscopiques n’avaient pas conclu, mais la culture a isolé le champignon, identifié par séquençage de la région ITS. Le clotrimazole à 1 % appliqué localement pendant trois semaines a obtenu la guérison clinique et mycologique (Samarelli et al., 2026).
Samarelli R, Otranto D, Miglianti M, Bezerra-Santos MA, Giusiano G. Canine dermatophytosis due to Arthroderma uncinatum: case report and diagnostic considerations. Med Mycol Case Rep. 2026;53:100812. https://doi.org/10.1016/j.mmcr.2026.100812
À Téhéran, chez un Shih Tzu présentant prurit et squames, un champignon isolé d’un raclage cutané a été identifié comme Corynascus verrucosus. La microscopie et la culture ne permettaient pas de nommer l’espèce. La région ITS a donc été amplifiée et séquencée. La séquence était identique à 99,36 % à une séquence de référence de C. verrucosus. L’analyse phylogénétique la plaçait dans la lignée Corynascus. Les grandes conidies rondes et verruqueuses concordaient aussi. Des espèces proches partagent toutefois des séquences très semblables. Le résultat moléculaire doit donc être interprété avec prudence. Le résumé ne rapporte ni traitement ni évolution (Ghahremani et al., 2026).
Ghahremani M, Sharifzadeh A, Ashrafi Tamai I, Faridfar G. A Rare Case of Cutaneous Infection by Corynascus verrucosus in a Shih Tzu Dog: Molecular Identification and Phylogenetic Analysis. Vet Med Sci. 2026;12(5):e71205. https://doi.org/10.1002/vms3.71205
Chez un Chihuahua croisé mâle castré de 2 ans vivant en Tasmanie, Prototheca wickerhamii a provoqué une forme cutanée localisée : les coussinets métacarpiens et métatarsiens étaient gonflés, douloureux et ulcérés, avec une boiterie marquée. Le diagnostic a reposé sur la cytologie, l’histologie, la culture et le MALDI-TOF. L’itraconazole en pulses modifiés a été inefficace. Le posaconazole oral a fait disparaître les signes, mais il fallait le poursuivre : la maladie a rechuté à l’arrêt du traitement. L’amphotéricine B désoxycholate injectée dans les lésions a ensuite obtenu une rémission durable, peut-être une guérison. Chez le chien, la protothécose est d’ordinaire disséminée après une atteinte colique primitive. Son pronostic de guérison est mauvais. Ce cas élargit donc le tableau connu à une forme cutanée localisée en climat tempéré (Sahebjam et al., 2026).
Sahebjam F, Courtman N, Luk K, Malik R. Successful treatment of the first reported case of Prototheca wickerhamii infection in a dog living in Tasmania, Australia. Aust Vet J. 2026;104(9):593-599. https://doi.org/10.1111/avj.70107
5 Parasitoses externes et otologie
En Suisse, Onchocerca lupi a provoqué chez un chien une otite externe unilatérale sévère avec formation d’une masse. Le diagnostic a été confirmé par analyse moléculaire après extraction du nématode. Un traitement combiné a conduit à une rémission complète en 6 semaines. C’est le premier cas auriculaire traité avec succès en Suisse. O. lupi entre donc dans le diagnostic différentiel de l’otite chronique avec masse (Martini et al., 2026).
Martini F, Schnyder M, Schmid D, Fischer N. Successful Treatment of Onchocerca lupi Auricular Infestation Causing Severe Otitis Externa in a Dog. Vet Dermatol. 2026 Sep 20. En ligne avant impression. https://doi.org/10.1111/vde.70125
L’infestation à Lynxacarus radovskyi a été traitée chez 16 chats de propriétaires, recrutés dans trois cliniques, par une seule application de l’association topique d’ésafoxolaner, d’éprinomectine et de praziquantel (NEXGARD COMBO ND). Les doses minimales étaient de 1,4 mg/kg d’ésafoxolaner, 0,5 mg/kg d’éprinomectine et 5 mg/kg de praziquantel. Les chats présentaient, selon les cas, prurit, alopécie et squames. À J30, aucun acarien n’était détecté chez aucun chat, et les signes cliniques s’étaient nettement améliorés. Aucun effet indésirable n’a été observé. Cette étude pilote était toutefois ouverte et sans groupe témoin non traité : chaque chat était son propre témoin (Beugnet et al., 2026).
Beugnet F, Tan YM, Tan DY, Tanrattana C, Taweethavonsawat P. Pilot field study to assess efficacy of NexGard Combo®, a topical combination of esafoxolaner + eprinomectin + praziquantel, against natural Lynxacarus radovskyi infestation in cats. Vet Parasitol. 2026;348:110926. https://doi.org/10.1016/j.vetpar.2026.110926
Une revue fait le point sur l’association topique de sélamectine et de sarolaner chez le chat (STRONGHOLD PLUS ND dans l’Union européenne). Les doses minimales de cette association sont de 6,0 mg/kg de sélamectine et 1,0 mg/kg de sarolaner, en application mensuelle. Les deux molécules agissent sur la puce par des modes d’action différents. Leur association la tue donc vite et efficacement, ce qui réduit la ponte, la dermatite par hypersensibilité aux piqûres et le risque d’infestation par Dipylidium caninum. Contre dix espèces de tiques, l’efficacité dépasse 90 % pendant au moins quatre semaines après une seule application. Contre les acariens, une seule dose est très efficace sur Otodectes cynotis et élimine complètement Notoedres cati en 30 jours. Des infestations à Demodex ont été traitées avec succès par une ou plusieurs applications (Geurden et al., 2026).
Geurden T, Vatta A, Yonetake W, Packianathan R, Holzmer S, Szafranski N, et al. A review of the parasiticidal efficacy of a selamectin plus sarolaner combination for use on cats. Vet Parasitol Reg Stud Reports. 2026;74:101567. https://doi.org/10.1016/j.vprsr.2026.101567
Plusieurs puces, dont celles du genre Ctenocephalides, peuvent piquer l’humain. Une lettre de dermatologues milanais rappelle que ces piqûres forment des papules érythémateuses prurigineuses, isolées ou groupées. Elles siègent le plus souvent aux jambes et aux chevilles, car la puce n’a pas d’ailes mais saute jusqu’à 30 cm du sol. La notice ne donne que le début de la lettre. L’explication des localisations aux membres supérieurs et au tronc, objet du titre, n’est donc pas analysée ici (Veraldi et al., 2026).
Veraldi S, Schianchi R, Aromolo IF, Nazzaro G. Why do cat flea infestations often occur on the upper limbs and trunk? Fleas do not fly. Dermatol Reports. 2026;18(3). https://doi.org/10.4081/dr.2025.10593
À Ispahan, en Iran, 138 chiens tirés au sort ont été examinés de juillet 2023 à juillet 2024 : 57 errants, 38 chiens de troupeau et 43 chiens de propriétaires. Des ectoparasites ont été trouvés chez 54 d’entre eux. Les tiques étaient les plus fréquentes (26 chiens), devant les acariens (15), les puces (9) et les poux (4). La prévalence variait significativement avec le sexe et l’âge. L’infestation culminait au printemps (Rafiyan et al., 2026).
Rafiyan N, Malekifard F, Esmaeilnejad B. Prevalence, Species Composition and Associated Factors of Ectoparasite Infestations in Dogs in Isfahan, Central Iran. Vet Med Sci. 2026;12(5):e71191. https://doi.org/10.1002/vms3.71191
6 Leishmaniose canine
La leishmaniose canine s’est étendue en Italie vers le centre et le nord, régions autrefois considérées comme indemnes. Une équipe associant le laboratoire de référence de l’OMSA pour Leishmania, à Palerme, a estimé une incidence par province pour 2022 et 2023. Elle a rapporté les nouveaux cas diagnostiqués à une population canine approchée par les données démographiques de l’ISTAT, sur la base d’un chien pour cinq habitants. L’incidence variait de 0 à près de 500 cas pour 10 000 chiens. Selon ce critère, 49 provinces étaient à risque minimal et 30 à risque faible. Les autres étaient à risque modéré (21), élevé (4) ou très élevé (4). Les catégories basses dominaient au nord et au centre, les catégories hautes au sud et en Sicile, mais deux provinces de Ligurie, Imperia et Savone, étaient à risque très élevé. Les valeurs absolues dépendent du dénominateur choisi. Cette estimation sert donc à hiérarchiser les zones plutôt qu’à mesurer la charge exacte de la maladie (Bruno et al., 2026).
Bruno F, Castelli G, Oliveri E, Oliva G, De Santi M, La Rocca C, et al. Canine Leishmaniosis in Italy: Geospatial Trends and Incidence, a Shift in Epidemiological Approach. Zoonoses Public Health. 2026;73(6):584-593. https://doi.org/10.1111/zph.70078
Le chien est le principal réservoir urbain de Leishmania infantum, d’où l’intérêt d’un vaccin. Chez 120 souris BALB/c femelles, une vaccination hétérologue a été comparée à d’autres schémas. Elle associait un adénovirus recombinant porteur de l’antigène A2 de l’amastigote, suivi du vaccin protéique recombinant Leish-Tec. Après infection d’épreuve par L. infantum, cette vaccination a fortement réduit la charge parasitaire de la moelle osseuse, et l’ADN du parasite y est devenu indétectable chez la plupart des souris. Elle a aussi induit une immunité cellulaire robuste, avec davantage de lymphocytes T CD4 producteurs de TNF-α et d’IFN-γ. Le schéma Leish-Tec seul donnait, lui, les titres d’anticorps anti-A2 les plus élevés. Ces résultats viennent d’un modèle murin. Ils restent donc à confirmer chez le chien (Amado-Gomes et al., 2026).
Amado-Gomes AC, Clímaco MC, Cirilo TM, Santos FV, Duval IB, Souza JLN, et al. Heterologous adenovirus A2/Leish-Tec® vaccination strategy in a murine model of visceral leishmaniasis: Potential canine vaccine with enhanced protection and potent T-cell immunity. Vaccine. 2026;92:129105. https://doi.org/10.1016/j.vaccine.2026.129105
7 Oncologie cutanée
7.1 Mastocytome
Le scanner en trois phases aide à distinguer le mastocytome cutané ou sous-cutané d’une lésion bénigne. Une étude rétrospective cas-témoins japonaise a comparé 23 mastocytomes à 7 lésions bénignes. Les mastocytomes mesuraient 3 cm ou plus dans 10 cas et moins de 3 cm dans 13. Les grands mastocytomes se reconnaissaient à des signes qualitatifs : prise de contraste hétérogène, vaisseaux nourriciers, infiltration, nécrose et densification de la graisse voisine. Les petits mastocytomes n’avaient pas ces signes, mais leur densité était significativement plus forte que celle des lésions bénignes aux temps portal et d’équilibre. Au seuil de 68,7 unités Hounsfield au temps portal, la sensibilité était de 92 % et la spécificité de 71 %. Au seuil de 74,7 unités au temps d’équilibre, la sensibilité était de 92 % et la spécificité de 57 %. L’effectif reste toutefois faible (Morishita et al., 2026).
Morishita M, Kusaka T, Murata M, Tanaka T. Triple-Phase Computed Tomography for Differentiating Canine Cutaneous and Subcutaneous Mast Cell Tumors From Benign Lesions: A Size-Based Evaluation. Vet Radiol Ultrasound. 2026;67(5):e70256. https://doi.org/10.1111/vru.70256
L’histamine plasmatique a été étudiée comme marqueur pronostique chez 27 chiens opérés de mastocytome, pour 29 interventions sur 28 mois. Une histaminémie préopératoire supérieure à 1,0 ng/mL était associée à un intervalle sans progression significativement plus court. Mais, chez les chiens à mastocytome cutané, l’analyse multivariée a montré que cette histaminémie dépendait du volume tumoral et ne restait pas un facteur pronostique indépendant. L’histaminémie postopératoire, rarement élevée, était associée au résidu tumoral macroscopique, mais elle pourrait manquer de sensibilité pour la maladie microscopique. L’histaminémie complète donc les critères habituels sans les remplacer. Cette étude exploratoire doit être validée par des études prospectives plus larges (Niwa et al., 2026).
Niwa A, Kadosawa T, Sakai T. Exploratory analysis of perioperative plasma histamine concentrations in dogs with mast cell tumours. Front Vet Sci. 2026;13:1882434. https://doi.org/10.3389/fvets.2026.1882434
La spectroscopie Raman, technique optique non destructive, a été testée pour distinguer les mastocytomes cutanés de bas et de haut grade, selon la classification en deux niveaux de Kiupel. Dix-huit tumeurs fixées au formol, 10 de bas grade et 8 de haut grade, ont fourni 68 spectres. La bande à 860 cm⁻¹, liée à la tyrosine, était significativement plus intense dans les tumeurs de haut grade. À l’inverse, plusieurs rapports normalisés sur la bande de la phénylalanine à 1 007 cm⁻¹ étaient significativement plus élevés dans les tumeurs de bas grade. L’étude reste exploratoire, à valider sur des cohortes plus larges avec des données d’évolution clinique (Catarino et al., 2026).
Catarino J, Silva S, Novais S, Santos J, Payan-Carreira R, Faísca P, et al. Raman Spectroscopy for Differentiating High- and Low-Grade Canine Cutaneous Mast Cell Tumours. Vet Comp Oncol. 2026;24(3):621-630. https://doi.org/10.1111/vco.70083
7.2 Lymphangiosarcome
Un Bouvier australien mâle castré de 9 ans présentait un gonflement sévère, étendu et progressif du cou et de la face. La lymphographie par scanner de la tête et du cou a montré un lymphœdème cervical, avec obstruction lymphatique mi-cervicale, fuite lymphatique régionale et adénopathie locale. L’histologie a conclu à un lymphangiosarcome, tenu pour la cause de l’obstruction. C’est la première description de cette technique d’imagerie comme aide au diagnostic du lymphangiosarcome chez le chien (Bleuet et al., 2026).
Bleuet J, Auffret V, Martin E, Paquet M, Murphy M. Head and Neck CT Lymphangiography in a Dog With Cutaneous Lymphangiosarcoma. Vet Radiol Ultrasound. 2026;67(5):e70238. https://doi.org/10.1111/vru.70238
Références
Amado-Gomes AC, Clímaco MC, Cirilo TM, Santos FV, Duval IB, Souza JLN, et al. Heterologous adenovirus A2/Leish-Tec® vaccination strategy in a murine model of visceral leishmaniasis: Potential canine vaccine with enhanced protection and potent T-cell immunity. Vaccine. 2026;92:129105. https://doi.org/10.1016/j.vaccine.2026.129105
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Beugnet F, Tan YM, Tan DY, Tanrattana C, Taweethavonsawat P. Pilot field study to assess efficacy of NexGard Combo®, a topical combination of esafoxolaner + eprinomectin + praziquantel, against natural Lynxacarus radovskyi infestation in cats. Vet Parasitol. 2026;348:110926. https://doi.org/10.1016/j.vetpar.2026.110926
Bleuet J, Auffret V, Martin E, Paquet M, Murphy M. Head and Neck CT Lymphangiography in a Dog With Cutaneous Lymphangiosarcoma. Vet Radiol Ultrasound. 2026;67(5):e70238. https://doi.org/10.1111/vru.70238
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