Tumeur mammaire chez la chatte : Diagnostic et Traitements

Les tumeurs mammaires de la chatte sont des proliférations anormales du tissu épithélial et/ou mésenchymateux des glandes mammaires. Elles figurent parmi les trois néoplasies les plus fréquentes chez le chat et sont une cause majeure de décès par cancer dans cette espèce (Monteiro et al., 2025). Leur gravité tient à leur nature : environ 80 % des masses mammaires de la chatte sont malignes, le plus souvent des adénocarcinomes (Giménez et al., 2010). Cet article, illustré de photos, fait le point sur les facteurs de risque, les symptômes, dont la tumeur ulcérée ou « percée », le diagnostic et la stadification, les facteurs pronostiques et l’espérance de vie, la chirurgie, la chimiothérapie et la prévention par la stérilisation précoce.

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Juillet 2025

Qu’est-ce qu’une tumeur mammaire chez la chatte ?

Sur le plan épidémiologique, les tumeurs mammaires font partie des trois néoplasies les plus fréquentes chez le chat. Les données d’incidence varient de 13 à 104 cas pour 100 000 chats par an selon les études, une variabilité qui reflète les différences de méthodes diagnostiques, de pratiques cliniques et de contextes démographiques. Le chat a environ deux fois plus de risque que le chien de développer une tumeur mammaire, et cinq fois plus de risque d’en développer une forme maligne (Monteiro et al., 2025).

Tumeur mammaire chez la chatte

Le point qui conditionne toute la prise en charge est la nature agressive de ces tumeurs dans l’espèce féline. Environ 80 % des masses mammaires de la chatte sont malignes, et l’adénocarcinome est le type le plus fréquent (Giménez et al., 2010). Cette forte proportion de tumeurs malignes impose une démarche clinique différente de celle adoptée chez la chienne. Toute temporisation devient indéfendable chez la chatte, où chaque nodule palpable doit être considéré comme malin jusqu’à preuve du contraire et justifie une investigation diagnostique immédiate.

Photo de tumeur mammaire sévère chez une chatte

Sévère tumeur mammaire chez une chatte

Plusieurs facteurs de risque ont été identifiés. L’âge, la race et les influences hormonales sont les plus importants : les chattes d’âge moyen à avancé, en particulier de race, sont plus exposées, surtout lorsqu’elles ont été stérilisées tardivement ou ont reçu des progestatifs de façon répétée (Monteiro et al., 2025). L’âge moyen au diagnostic se situe entre 10 et 12 ans selon les études (Monteiro et al., 2025). La stérilisation précoce est la mesure de prévention la plus efficace : une chatte stérilisée avant 6 mois a un risque de carcinome mammaire réduit de 91 %, et de 86 % si elle est stérilisée avant 1 an (Overley et al., 2005). La forte similitude entre le cancer du sein de la femme et les tumeurs mammaires félines, en termes d’âge d’apparition, de comportement biologique et de caractéristiques cliniques, fait du chat un modèle spontané précieux pour la recherche comparative en oncologie (Monteiro et al., 2025).

Symptômes d’une tumeur mammaire

La présentation clinique des tumeurs mammaires félines est dominée par des signes locaux, bien que des manifestations systémiques puissent apparaître à un stade avancé. Le symptôme le plus courant et le plus précoce est la découverte, souvent fortuite par le propriétaire ou lors d’un examen par le vétérinaire, d’une ou plusieurs masses, grosseurs ou nodules palpables au niveau d’une ou plusieurs mamelles.

Ces masses peuvent présenter des caractéristiques variables. Leur taille va de quelques millimètres à plusieurs centimètres de diamètre. Elles sont généralement fermes et peuvent être mobiles sous la peau ou, dans les cas plus avancés, adhérentes aux plans profonds, ce qui signe une invasion locale. L’ulcération de la peau sus-jacente, la tumeur dite « percée », est un signe de gravité : présente chez 18,7 % des chattes d’une série de 75 cas, elle était associée à une survie plus courte et constituait un facteur pronostique indépendant (Monteiro et al., 2025). Les tumeurs se développent sur l’une des huit mamelles, réparties en deux chaînes, droite et gauche. Une tumeur de la quatrième mamelle était un facteur de risque de progression dans une étude sur 107 chattes opérées (Gemignani et al., 2018).

En raison du fort potentiel métastatique des carcinomes mammaires félins, des symptômes généraux peuvent survenir. La dissémination se fait d’abord vers les nœuds lymphatiques régionaux (axillaires et inguinaux superficiels), puis à distance, surtout vers les poumons, et plus rarement vers le foie (Monteiro et al., 2025). Une perte de poids, une léthargie, une baisse d’appétit ou une dyspnée chez une chatte porteuse d’une masse mammaire doivent faire suspecter une maladie métastatique. Chez 73 chattes atteintes d’un carcinome mammaire métastatique, la survie spécifique moyenne n’était que de 44 jours ; elle tombait à 14 jours en présence de signes cliniques au diagnostic et à 16 jours en cas d’épanchement pleural (Petrucci et al., 2021a). Cette reconnaissance précoce évite d’engager l’animal dans une chirurgie lourde et potentiellement futile.

Une forme clinique particulière, rare, est le carcinome mammaire inflammatoire. Il se manifeste non pas par un nodule bien délimité, mais par une inflammation diffuse, chaude, douloureuse et œdémateuse d’une chaîne mammaire, pouvant être confondue avec une mastite. Cette forme agressive évolue rapidement et son pronostic est sombre (Akiyoshi et al., 2026).

Photo de carcinomatose mammaire chez une chatte

Carcinomatose mammaire (Crédit Christian Collinot)

 

Photo de tumeur mammaire ulcérée, dite percée, chez une chatte

Tumeur mammaire ulcérée chez une chatte (Crédit Laurent Findji)

 

Photo rapprochée d'une tumeur mammaire ulcérée chez une chatte

Vue rapprochée

Diagnostic d’une tumeur des glandes mammaires chez la chatte

L’établissement d’un diagnostic précis et d’un bilan d’extension complet conditionne la stratégie thérapeutique et le pronostic. La démarche va de l’examen clinique à l’analyse histopathologique et à l’imagerie.

La première étape est un examen clinique rigoureux. Après une anamnèse détaillée (âge, statut de stérilisation, antécédents de traitements hormonaux), le vétérinaire palpe méthodiquement les deux chaînes mammaires et caractérise chaque nodule : nombre, localisation, taille mesurée au pied à coulisse, consistance et mobilité par rapport à la peau et aux plans profonds. La palpation des nœuds lymphatiques axillaires et inguinaux superficiels est systématique, car toute augmentation de taille ou modification de consistance est suspecte de métastase.

La cytoponction à l’aiguille fine est un examen rapide et peu invasif qui peut orienter le diagnostic, mais le type et le grade de la tumeur ne s’établissent que sur l’analyse histopathologique. L’analyse histopathologique reste l’examen de référence pour le diagnostic des carcinomes mammaires (Monteiro et al., 2025). Elle apporte des informations essentielles :

  1. La confirmation du diagnostic de carcinome.

  2. Le type histologique. La classification chirurgicale révisée en 2019 stratifie mieux les tumeurs que la classification de l’OMS de 1999, et les carcinomes associés aux canaux sont associés à une survie plus longue (Rodrigues-Jesus et al., 2026a).

  3. Le grade histologique. Le système d’Elston et Ellis, développé pour le cancer du sein, n’était pas corrélé à la survie dans une étude sur 108 carcinomes félins, ce qui a conduit à proposer des systèmes modifiés, dont le « Mitotic-Modified Elston and Ellis » (Mills et al., 2015). Leur supériorité n’est toutefois pas établie : dans une étude de survie à 3 ans, la concordance entre ces systèmes était faible, seuls le système d’Elston et Ellis et sa version révisée restaient pronostiques après ajustement, et les seuils de compte mitotique proposés semblaient mal adaptés (Rodrigues-Jesus et al., 2026b).

  4. L’invasion lymphovasculaire, facteur pronostique indépendant et fort prédicteur de métastase ganglionnaire (Monteiro et al., 2025).

Parallèlement, un bilan d’extension doit être réalisé avant toute chirurgie majeure, pour rechercher des métastases. Il comprend des radiographies thoraciques en trois incidences, une échographie abdominale et, si possible, un scanner du corps entier (Monteiro et al., 2025).

L’ensemble de ces informations permet de classer la maladie selon le système TNM (Tumeur, Nœud lymphatique, Métastase) adapté de l’OMS. Ce système manque de finesse, car il regroupe au stade III les tumeurs de plus de 3 cm et les cas avec métastase ganglionnaire, dont le pronostic diffère. Une nouvelle stadification subdivise donc le stade III en IIIA (tumeur de plus de 3 cm sans atteinte ganglionnaire), IIIB (extension à la paroi ou à la peau, dont l’ulcération) et IIIC (métastase ganglionnaire, quelle que soit la taille). Dans une série de 75 chattes, elle discriminait mieux le pronostic, le stade IIIC ayant la survie la plus courte (Monteiro et al., 2025).

Tableau 1 : Stadification clinique des carcinomes mammaires félins (système OMS modifié et nouvelle proposition)

Catégorie Définition
T (tumeur primaire)
T1 Tumeur < 2 cm de diamètre
T2 Tumeur de 2 à 3 cm de diamètre
T3 Tumeur > 3 cm de diamètre
T4 (nouvelle proposition) Tumeur de toute taille avec extension à la paroi ou à la peau, dont l’ulcération
N (nœuds lymphatiques régionaux)
N0 Absence de métastase ganglionnaire
N1 Présence de métastase ganglionnaire
M (métastase à distance)
M0 Absence de métastase à distance
M1 Présence de métastase à distance
Stades OMS modifiés Combinaison TNM
Stade I T1 N0 M0
Stade II T2 N0 M0
Stade III T3 N0 M0, ou tout T N1 M0
Stade IV Tout T, tout N, M1
Nouvelle stadification
Stade IIIA T3 N0 M0
Stade IIIB T4 N0 M0
Stade IIIC Tout T N1 M0
Stades I, II et IV Inchangés

D’après Monteiro et al. (2025)

Le pronostic d’une tumeur mammaire féline dépend de plusieurs facteurs identifiés lors de la démarche diagnostique. Leur connaissance permet de donner au propriétaire un conseil précis, indispensable à un consentement éclairé.

Tableau 2 : Principaux facteurs pronostiques du carcinome mammaire félin

Facteur pronostique Impact si défavorable
Taille de la tumeur (> 3 cm) Survie sans maladie de 4 à 6 mois après chirurgie selon la littérature, contre une survie moyenne d’environ 3 ans pour les tumeurs de moins de 2 cm opérées radicalement (Monteiro et al., 2025)
Métastase ganglionnaire (N1) Facteur indépendant de mauvais pronostic ; 12,8 % des chattes seulement restaient sans maladie à 500 jours (Monteiro et al., 2025)
Grade histologique III Survie médiane de 5 à 13 mois selon le système de grading, contre 27 à 31 mois pour le grade I (Mills et al., 2015)
Invasion lymphovasculaire Facteur indépendant de mauvais pronostic (risque de décès multiplié par 2,8) ; survie sans maladie et survie globale moyennes ne dépassant pas 9 mois (Monteiro et al., 2025)
Ulcération cutanée Facteur indépendant de mauvais pronostic (risque de décès multiplié par 2,5) (Monteiro et al., 2025)

Traitement et prise en charge d’une tumeur mammaire chez le chat

La prise en charge des tumeurs mammaires de la chatte est multimodale et s’adapte au stade de la maladie, à l’état général de l’animal et aux facteurs pronostiques. Pour une maladie localisée, l’objectif est le contrôle local et la prévention des métastases ; pour une maladie avancée, l’accent est mis sur les soins palliatifs et le bien-être.

L’exérèse chirurgicale complète est le pilier du traitement des tumeurs non métastatiques. Dans une étude sur 107 chattes atteintes d’adénocarcinome mammaire, la médiane de survie sans progression était de 542 jours après une mastectomie bilatérale, contre 289 jours après une mastectomie unilatérale. Les complications étaient plus fréquentes après une mastectomie bilatérale (40,6 % en une seule intervention, 35,7 % en deux temps) qu’après une mastectomie unilatérale (19,7 %). Réaliser la mastectomie bilatérale en deux temps peut donc aider à réduire les complications (Gemignani et al., 2018).

Étant donné le potentiel métastatique élevé des carcinomes félins, une chimiothérapie adjuvante est souvent envisagée après la chirurgie, en particulier pour les tumeurs de grande taille, de haut grade ou avec métastase ganglionnaire. Son bénéfice reste pourtant controversé. Chez 73 chattes, la chimiothérapie adjuvante à base de doxorubicine n’a pas amélioré la survie par rapport à la chirurgie seule (McNeill et al., 2009). Chez 137 chattes ayant subi une mastectomie radicale, ni la doxorubicine ni la chimiothérapie métronomique associant cyclophosphamide et méloxicam n’ont amélioré significativement la survie par rapport à la chirurgie seule (Petrucci et al., 2021b). À l’inverse, la chimiothérapie était associée à un risque réduit de décès lié à la tumeur dans l’étude de Gemignani et al. (2018). Cette absence de consensus impose une analyse bénéfice/risque individualisée, qui met en balance un bénéfice de survie incertain, la toxicité, le coût et le stress pour l’animal et son propriétaire.

D’autres approches sont explorées. Le phosphate de tocéranib, un inhibiteur de tyrosine kinase utilisé hors autorisation de mise sur le marché, a été évalué chez 17 chattes porteuses d’un adénocarcinome mammaire macroscopique, à la dose médiane de 2,77 mg/kg tous les deux jours : un bénéfice clinique a été obtenu chez 64,7 % d’entre elles et une réponse objective chez 35,2 %, avec une toxicité le plus souvent légère. La médiane de survie sans progression était de 91 jours et la médiane de survie globale de 145 jours (Del Portillo Miguel et al., 2024). Les preuves disponibles restent toutefois insuffisantes pour définir la place des inhibiteurs de tyrosine kinase dans ces carcinomes (Žagar et Schmidt, 2023). La chimiothérapie métronomique, qui repose sur de faibles doses continues d’agents cytotoxiques, a surtout donné des résultats positifs chez le chien (Petrucci et al., 2024).

 

Photo de l'aspect post-chirurgical après mastectomie chez une chatte

Aspect post-chirurgical (Crédit Laurent Findji)

 

Enfin, lorsque la maladie est métastatique (stade IV) ou que les traitements curatifs sont refusés ou contre-indiqués, la prise en charge devient palliative. L’objectif est de préserver la meilleure qualité de vie possible en contrôlant la douleur, en stimulant l’appétit, en gérant les complications (comme le drainage d’un épanchement pleural) et en assurant une hydratation et une nutrition adéquates. Chez les chattes atteintes d’un carcinome métastatique, la médiane de survie spécifique était de 58, 75 et 63 jours sous chimiothérapie à dose maximale tolérée, chimiothérapie métronomique et tocéranib, sans différence significative, mais certaines chattes ont survécu plus de 6 mois (Petrucci et al., 2021a).

Tableau 3 : Options thérapeutiques adjuvantes et palliatives évaluées chez la chatte

Modalité Agent(s) Données disponibles
Chimiothérapie adjuvante Doxorubicine Pas de bénéfice significatif sur la survie (McNeill et al., 2009 ; Petrucci et al., 2021b)
Chimiothérapie métronomique adjuvante Cyclophosphamide + méloxicam Pas de bénéfice significatif sur la survie, toxicité légère à modérée (Petrucci et al., 2021b)
Thérapie ciblée (maladie macroscopique) Phosphate de tocéranib, 2,3 à 3,2 mg/kg tous les 2 jours Bénéfice clinique chez 64,7 %, réponse objective chez 35,2 % (Del Portillo Miguel et al., 2024)
Traitement de la maladie métastatique Chimiothérapie, métronomique ou tocéranib Survie spécifique médiane de 58 à 75 jours, sans différence entre les options (Petrucci et al., 2021a)

Prévention des tumeurs mammaires chez la chatte

La prévention des tumeurs mammaires de la chatte est l’un des exemples les plus probants de l’efficacité de la médecine préventive en oncologie vétérinaire. Elle repose sur la gestion du statut hormonal de l’animal.

La stérilisation chirurgicale précoce en est le moyen le plus efficace. Dans une étude cas-témoins, les chattes entières étaient nettement surreprésentées parmi les chattes atteintes de carcinome mammaire (odds ratio 2,7). Celles stérilisées avant 6 mois avaient un risque de carcinome mammaire réduit de 91 % par rapport aux chattes entières, et celles stérilisées avant 1 an un risque réduit de 86 % (Overley et al., 2005). L’effet protecteur diminue ensuite nettement jusqu’à 24 mois et devient négligeable au-delà (Monteiro et al., 2025). Ce lien direct entre une intervention de routine et la prévention d’un cancer souvent mortel doit être un message central adressé aux propriétaires.

Un autre aspect de la prévention est l’éviction des progestatifs exogènes, dont l’usage répété fait partie des facteurs de risque (Monteiro et al., 2025). Il faut aussi connaître la principale masse mammaire bénigne de la chatte, l’hyperplasie fibroadénomateuse, qui se traite par ovariohystérectomie ou par un traitement hormonal, avec en général une évolution favorable (Giménez et al., 2010).

Enfin, la prévention secondaire passe par l’éducation des propriétaires et la détection précoce. Il convient d’encourager les propriétaires de chattes, surtout non stérilisées ou stérilisées tardivement, à palper régulièrement les chaînes mammaires de leur animal. La découverte d’une petite anomalie doit motiver une consultation rapide, car le diagnostic précoce est essentiel pour améliorer le pronostic (Giménez et al., 2010). De même, une visite de contrôle régulière permet au vétérinaire de détecter des masses à un stade où leur taille est encore faible.

Conclusion

Les tumeurs mammaires de la chatte sont malignes dans la grande majorité des cas. Le succès thérapeutique repose sur un diagnostic précoce, facilité par la vigilance des propriétaires et des examens cliniques réguliers. Ce diagnostic doit être complété par une stadification clinique et une analyse histopathologique, qui fournissent les facteurs pronostiques déterminants : taille de la tumeur, ulcération, grade histologique, invasion lymphovasculaire et statut des nœuds lymphatiques régionaux.

Le pilier du traitement de la maladie localisée reste une chirurgie radicale, la mastectomie bilatérale offrant la meilleure survie sans progression. Le bénéfice de la chimiothérapie adjuvante reste débattu, ce qui impose une décision au cas par cas, fruit d’un dialogue éclairé entre le clinicien et le propriétaire. Pour les stades avancés, les thérapies ciblées et les soins palliatifs aident à préserver le bien-être. Au-delà du traitement, la prévention par la stérilisation précoce est d’une efficacité remarquable et doit rester un message de santé publique vétérinaire de premier plan.

Pistes de recherche futures

Plusieurs axes de recherche permettraient d’améliorer la prise en charge du carcinome mammaire félin.

  1. Essais cliniques prospectifs sur les thérapies adjuvantes : des essais randomisés et contrôlés sont nécessaires pour établir le bénéfice, les indications et les protocoles optimaux de la chimiothérapie adjuvante, dont l’intérêt reste non démontré (Petrucci et al., 2021b).

  2. Validation de biomarqueurs moléculaires : l’expression de marqueurs comme Ki-67, HER2 et les récepteurs hormonaux pourrait guider les choix thérapeutiques, mais la standardisation des protocoles reste à faire (Zappulli et al., 2015). Les lésions mammaires félines tendent à perdre l’expression des récepteurs hormonaux, ce qui fait du chat un modèle des cancers du sein hormono-négatifs (Burrai et al., 2010).

  3. Thérapies ciblées : l’usage clinique des inhibiteurs de tyrosine kinase dans les carcinomes mammaires est prometteur, mais les preuves restent insuffisantes (Žagar et Schmidt, 2023).

  4. Standardisation des systèmes de classification : les systèmes de grading histologique et de stadification doivent être harmonisés pour permettre des comparaisons fiables entre études (Monteiro et al., 2025 ; Rodrigues-Jesus et al., 2026b).

  5. Imagerie : l’apport du scanner, de l’IRM et du TEP-scan pour détecter précocement les métastases mérite d’être évalué.

Foire aux questions (FAQ)

1. Quelle est l’espérance de vie d’une chatte atteinte d’une tumeur mammaire ?

Elle dépend surtout de la taille de la tumeur, du grade, de l’atteinte ganglionnaire et de l’ulcération. Dans une série de 75 chattes opérées, la survie globale médiane était de 361 jours (Monteiro et al., 2025). Pour les carcinomes de grade I, la survie médiane atteignait 27 à 31 mois, contre 5 à 13 mois pour le grade III (Mills et al., 2015). En cas de métastases à distance, elle se compte en semaines (Petrucci et al., 2021a).

2. Que signifie une tumeur mammaire « percée » chez la chatte ?

Il s’agit d’une tumeur dont la peau est ulcérée. L’ulcération est un facteur pronostique indépendant qui multiplie par 2,5 environ le risque de décès (Monteiro et al., 2025), et elle entre dans la catégorie T4 de la nouvelle stadification.

3. Faut-il opérer une tumeur mammaire chez la chatte ?

La chirurgie est le traitement de base des tumeurs non métastatiques. La mastectomie bilatérale a donné une médiane de survie sans progression de 542 jours, contre 289 jours pour la mastectomie unilatérale, et la réaliser en deux temps limite les complications (Gemignani et al., 2018). Un bilan d’extension doit être fait avant l’intervention.

4. Une boule sur la mamelle d’une chatte est-elle forcément un cancer ?

Non, mais c’est le cas le plus fréquent : environ 80 % des masses mammaires de la chatte sont malignes. La masse bénigne la plus courante est l’hyperplasie fibroadénomateuse (Giménez et al., 2010). Seul l’examen histopathologique permet de trancher.

Références

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