L’ulcère atone, une lésion du complexe granulome éosinophilique félin

L’ulcère atone ou ulcère éosinophilique fait partie du complexe granulome éosinophilique félin (CGEF). Cette lésion, fréquemment observée chez les chats, est souvent la manifestation d’un état allergique.

A savoir dermatite allergique aux piqûres de puces, hypersensibilité aux piqûres de moustiques, allergie alimentaire (Wildermuth, Griffin et al. 2006). Souvent surinfectée secondairement, un traitement antibiotique systémique peut conduire à la résolution complète des lésions (Wildermuth, Griffin et al. 2012). La prise en charge de la cause primaire suspectée permet de prévenir les récidives.

 

 Lecru Line-Alice1, Cadiergues Marie-Christine1,2

1 Université de Toulouse, ENVT, CHUV, service de dermatologie – 23, chemin des Capelles 31076 Toulouse cedex3, France

2 UDEAR, Université de Toulouse, INSERM, ENVT, 23, chemin des Capelles 31076 Toulouse cedex3, France

 

Introduction

Les lésions du complexe granulome éosinophilique félin, la plaque éosinophilique, le granulome éosinophilique et l’ulcère atone sont fréquentes dans cette espèce, généralement associées à un état allergique. L’ulcère en particulier, a été associé à une hypersensibilité aux piqûres de puces (Colombini, Hodgin et al. 2001). Très fréquemment surinfectée, cette lésion douloureuse peut être à l’origine de dysorexie, ptyalisme et abattement. La prise en charge de cette affection repose sur une antibiothérapie systémique ainsi que la gestion de la cause sous-jacente.

 

Anamnèse

Un chat femelle stérilisée de 2 ans est admis pour une lésion labiale ulcérative évoluant depuis 3 mois. Elle vit dans une maison en Haute Garonne avec un accès libre à l’extérieur sans congénère. Elle est nourrie avec une alimentation sèche industrielle de gamme vétérinaire et reçoit quelques restes de table pour faciliter l’administration des traitements ; néanmoins, elle souffre de dysorexie depuis quelques jours. La chatte a reçu deux applications de sélamectine en spot-on (Stronghold 45 ®, Mérial, France) en 6 mois. Ses vaccinations sont à jour.

Trois mois auparavant, la propriétaire a remarqué une lésion labiale suintante associée à du ptyalisme. Des antibiotiques ont été administrés pendant 15 jours ainsi que des glucocorticoïdes à doses dégressives (molécules inconnues). Ces traitements ont permis une amélioration transitoire.

 

Examen clinique

L’animal est légèrement abattu, le score corporel est de 5/9. Aucune anomalie n’est détectée à l’auscultation pulmonaire et cardiaque. Une adénomégalie des nœuds lymphatiques mandibulaires est présente. L’animal est normotherme à 38,5°C.

 

Examen cutané

A l’examen cutané, sur la babine supérieure droite, une lésion ulcérative inflammatoire de plus d’un centimètre de longueur est présente, avec au centre un tissu nécrotique jaunâtre (photo 1). Aucune autre anomalie n’est observée à l’examen dermatologique.

L’ulcère atone, une lésion du complexe granulome éosinophilique félin

Photo 1. Ulcère atone sur la babine supérieure droite, J0

 

Examens complémentaires

L’examen cytologique à partir d’un écouvillonnage de surface met en évidence des granulocytes neutrophiles et éosinophiles dégénérés associés à une population bactérienne mixte : bactéries coccoïdes en position intra-cytoplasmique, cocco-bacilles et bacilles en position extra-cytoplasmique, compatibles avec la flore buccale de l’animal. L’examen du produit de brossage met en évidence quelques déjections de puces récentes.

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