Cas clinique CEVA : Soins topiques : s’adapter au chien … et à son propriétaire !

Un chien Schnauzer moyen âgé de 7 ans est présenté en consultation pour pelage gras et mauvaise odeur.

 Le chien est très souvent en contact avec les petits enfants de la propriétaire. Celle-ci ne trouve pas cela très hygiénique et aimerait trouver une solution sans pour autant  se lancer dans  trop d’investigations.

Il a toujours séjourné en région parisienne. Il mange un aliment de qualité premium acheté chez son vétérinaire traitant. Par ailleurs, son traitement contre les parasites externes est à jour (Afoxolaner comprimé tous les mois).

 

EXAMEN DERMATOLOGIQUE

L’examen clinique général ne révèle aucune anomalie.

L’examen clinique dermatologique à distance (Photo 1 et 2) montre un squamosis diffus localisé sur le tronc et le dos.

 

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Photo 1 : visite initiale. squamosis diffus en région dorsale

 

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Photo 2  Visite initiale : Squamosis

 

L’examen dermatologique rapproché (photo 3) permet  de confirmer ce squamosis et d’observer la présence de nombreux manchons pilaires  localisés sur l’ensemble du corps et plus particulièrement en regard de la zone dorso-lombaire. Le poil est terne, luisant, collé et enduit d’un excès de sébum laissant une sensation désagréable au toucher.

 

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photo 3 : visite initiale : squamosis  et manchons pilaires

 

Le bilan clinique conclut en une dermatose non prurigineuse chronique s’exprimant par un état kératoséborréique (EKS) chez un chien adulte présentant un état général satisfaisant.

Afin de pouvoir évaluer et comparer dans le temps l’évolution de cet EKS, une note (voir Tableau « Critères de suivi EKS ») est attribuée selon 6 critères (valeurs comprises entre  0 à 3) :

  • la mauvaise odeur →3/3
  • l’érythème → 0/3
  • le squamosis → 3/3
  • l’aspect gras au toucher de la peau et du pelage → 3/3
  • la quantité de manchons pilaires → 2/3
  • la présence d’infections (bactériennes ou fongiques) secondaires → 0/3

 

EKS : large diagnostic différentiel !

Les causes d’état kératoséborréique sont très variées. En voici quelques exemples (liste non exhaustive) :

– troubles primaires de la kératinisation (syndrome comédonneux du Schnauzer, adénite sébacée granulomateuse, dysmétabolisme de la vitamine A)

– certaines parasitoses (notamment la démodécie à Demodex injai)

– infections cutanées (notamment dermatite à Malassezia)

– certaines dysendocrinies (notamment l’hypothyroïdie)

– leishmaniose

 

Examens complémentaires :

– une cytologie cutanée (scotch test) est réalisée et montre une grande quantité de cornéocytes sans toutefois mettre en évidence de cellules inflammatoires ou d’éléments figurés (bactéries ou levures) ;

– un raclage de la zone dorsale ne met pas en évidence de Demodex ;

– un examen trichoscopique permet d’observer de nombreux manchons pilaires  (Photo 4 ) ;

 

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photo 4 : Examen trichoscopique (objectif x40) : manchons pilaires (à ne pas confondre avec des poils teigneux)

 

– un dosage de la T4 et de la TSH a récemment été réalisé par son vétérinaire traitant, et ne présentait pas d’anomalie.

 

Traitement symptomatique à défaut d’un diagnostic étiologique précis

A ce stade plusieurs hypothèses sont donc écartées (démodécie, hypothyroïdie et infection bactérienne ou fongique).  Les explorations de la cause de cet EKS s’arrêtent malheureusement là car la biopsie cutanée et la sérologie leishmaniose ne sont pas souhaitées par la propriétaire. La cause sous-jacente n’étant pas déterminée, un traitement symptomatique est décidé en concertation avec la propriétaire.

 

Traitement topique : trouver la fréquence adaptée pour chaque chien.

Un traitement local à base de shampoing DOUXO® S3 SEB est mis en place toutes les 2 semaines.

Un contrôle est réalisé au bout de un mois (Photo 5 et 6). La propriétaire est très satisfaite. On constate une amélioration très nette de la qualité du pelage et de la peau ainsi qu’une diminution de la mauvaise odeur. L’examen rapproché de la peau permet de noter une quasi disparition du squamosis ainsi qu’une diminution des manchons pilaires et de l’aspect gras du pelage (Tableau « Critères de suivi EKS »).

 

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Photo 5 : contrôle à un mois. Vue éloignée. Nette amélioration de l’état kérato-séborréique

 

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Photo 6 : contrôle à un mois. Vue rapprochée. Nette amélioration. Disparition des manchons pilaires et des squames

 

Un espacement de la fréquence d’application su soin est tenté, mais sans succès. La fréquence  la plus adaptée pour ce chien semble être deux fois par mois, ce qui ne dérange pas la propriétaires qui ne peine pas particulièrement à lui faire les shampoings.

Fin de l’histoire ? Non, pas tout à fait….

Quelques  mois plus tard la propriétaire revient en consultation. Contrainte de laisser son chien en garde durant la période estivale, elle souhaite trouver une solution permettant de faciliter la vie à la personne qui à la gentillesse de garder le chien durant 1 mois. Un traitement  topique en mousse est donc proposé. La propriétaire réalise un shampoing la veille du dépôt en garde et la personne gardant le chien appliquera deux fois par semaine la mousse pendant un mois, le temps que sa propriétaire revienne. A la grande satisfaction de la propriétaire, le traitement à base de DOUXO® S3 SEB Mousse a permis  au chien de se passer de shampoing pendant son absence, tout en limitant la charge de travail du soigneur.

Elle réalise désormais  soit un shampoing tous les 15 jours, soit une seule fois par mois ( associé dans ce cas à une application de mousse deux fois par  semaine), en fonction de ses contraintes d’ emploi du temps.

 

 « Poils gras » et « mauvaise odeur » : deux préoccupations fréquentes (mais souvent inavouées) des propriétaires.

La mauvaise odeur provient de l’altération des lipides de surface. Cette odeur caractéristique de « beurre rance » peut dans certains cas être aggravée par des infections bactériennes ou fongiques (notamment à Malassezia pachydermatis). Ces surinfections doivent systématiquement être recherchées par le clinicien.Par ailleurs, il ne faut pas sous-estimer la gêne que cette mauvaise odeur peut occasionner au propriétaire. Dans ce contexte, conseiller l’utilisation des produits dermo-cosmétiques (en complément du traitement de la cause sous-jacente) est toujours un bon réflexe.

 

Shampoing ET mousses : varier les galéniques pour un traitement « SUR-MESURE »

Dans le cas de ce chien, la mousse ne remplace pas totalement le shampoing. Il est tout de même nécessaire de réaliser un shampoing  afin de le débarrasser des squames coincés dans le pelage et de déboucher les pores de la peau (et ainsi de permettre une meilleure pénétration des principes actifs). L’application de DOUXO S3 mousse permet d’espacer les shampoings.

Les différentes galéniques de soins topiques disponibles sur le marché  nous donnent la possibilité d’adapter le schéma thérapeutique  en fonction des chiens mais aussi des possibilités logistiques  des propriétaires et ainsi de proposer une prise en charge personnalisée, élément clé dans la bonne observance des traitements.

 

CRITERES

(note entre 0 et 3)

Visite initiale

JO

Visite de suivi

J30

Mauvaise odeur

3

1

Squamosis

3

1

Toucher gras du pelage et de la peau

3

1

Manchons pilaires

2

1

Erythème

0

0

Infections secondaires

0

0

Tableau : Critères de suivi EKS