Place des tests allergologiques et de la désensibilisation dans la prise en charge de la dermatite atopique canine : illustration à partir d’un cas clinique

Linka est une chienne Staffordshire bull terrier stérilisée âgée de 2 ans et demi présentée en consultation pour un prurit évoluant depuis plusieurs mois.

Emilie Vidémont

 

Commémoratifs

Linka est une chienne Staffordshire bull terrier stérilisée âgée de 2 ans et demi présentée en consultation pour un prurit évoluant depuis plusieurs mois.

Elle vit seule en appartement et est nourrie avec des croquettes Anallergenic® Royal Canin exclusivement depuis 4 mois. Un traitement antiparasitaire oral est administré mensuellement. La chienne ne présente aucun antécédent non dermatologique.

 

Anamnèse

Le prurit est apparu 7 mois avant la consultation. Il a débuté sur les pieds antérieurs et sur la face, puis s’est étendu aux pavillons auriculaires. Une aggravation a été notée au printemps, quatre mois avant la consultation. Aucune contagion humaine n’est rapportée. Les traitements antérieurs ont, essentiellement, consisté en une corticothérapie, sous forme injectable et orale, des antibiothérapies (amoxicilline-acide clavulanique pendant une dizaine de jours) et des soins locaux apaisants (shampooing Douxo® Calm, Ceva Santé Animale, et spray Sécuriderm®, GreenVet). Des croquettes hypoallergéniques ont également été prescrites. Le prurit rétrocède avec la corticothérapie mais récidive à son arrêt.

 

Examen clinique

Lors de la consultation, la chienne est en bon état général. Un érythème, des excoriations, des croûtes, une lichénification et une hyperpigmentation associés à des dépilations et un état kératoséborrhéique sont observés sur la face (babines en particulier), la face interne des pavillons auriculaires et les quatre pieds (en particulier les antérieurs) (photos 1 à 5). Le prurit est estimé à 8 sur 10 sur une échelle visuelle analogue par les propriétaires.

Place des tests allergologiques et de la désensibilisation dans la prise en charge de la dermatite atopique canine : illustration à partir d’un cas clinique

Photo 1. Visite initiale. Face palmaire de l’antérieur droit

 

Place des tests allergologiques et de la désensibilisation dans la prise en charge de la dermatite atopique canine : illustration à partir d’un cas clinique

Photo 2. Visite initiale. Face palmaire de l’antérieur droit, vue rapprochée

 

Place des tests allergologiques et de la désensibilisation dans la prise en charge de la dermatite atopique canine : illustration à partir d’un cas clinique

Photo 3. Visite initiale. Face palmaire de l’antérieur droit , vue rapprochée

 

 

Place des tests allergologiques et de la désensibilisation dans la prise en charge de la dermatite atopique canine : illustration à partir d’un cas clinique

Photo 4. Visite initiale. Face interne du pavillon auriculaire droit

 

Place des tests allergologiques et de la désensibilisation dans la prise en charge de la dermatite atopique canine : illustration à partir d’un cas clinique

Photo 5. Visite initiale. Babines

 

Notez l’érythème, les suintements, les croûtes et l’hyperpigmentation associés à des dépilations et un état kératoséborrhéique.

Hypothèses diagnostiques

Les principales hypothèses face à une dermatose prurigineuse, corticosensible, apparue sur un jeune Staffordshire bull terrier et intéressant la face et la face ventrale du corps sont :

  • Une ectoparasitose : démodécie, gale sarcoptique
  • Une prolifération bactérienne de surface
  • Une prolifération de Malassezia
  • Une dermatite atopique.

Une hypersensibilité alimentaire est écartée en raison de l’absence de réponse à un régime d’éviction bien conduit. Une dermatite par allergie aux piqures de puces est également peu probable en raison de la localisation des lésions et de l’absence de réponse à un traitement antiparasitaire oral mensuel.

Les causes infectieuses – parasitaires, bactériennes et fongiques – peuvent, temporairement, répondre à la corticothérapie et sont donc retenues ici.

 

Examens complémentaires

L’examen du produit de raclages cutanés ne révèle pas d’ectoparasite. L’examen cytologique de rubans de cellophane adhésive (scotch test) met en évidence une prolifération bactérienne et fongique de surface marquée, sur l’ensemble des zones corporelles affectées (photos 6 et 7).

 

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Photo 6 : Examen cytologique de scotch test, coloration rapide, x1000. Prolifération bactérienne de surface.

 

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Photo 7 : Examen cytologique de scotch test, coloration rapide, x1000. Prolifération de Malassezia.

Diagnostic

Une prolifération bactérienne et à Malassezia de surface, primaire ou secondaire à une dermatite atopique, est diagnostiquée.

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Références

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  • Tater KC, Cole WE, Pion PD. Allergen-specific immunotherapy prescription patterns in veterinary practice: a US population-based cohort study. Vet Dermatol 2017