Otites externes : options thérapeutiques

L’otite externe correspond à une inflammation du revêtement cutané qui tapisse le conduit auditif externe (CAE) et représente un motif de consultation fréquent (10 %) chez les carnivores domestiques.

Otites externes : options thérapeutiquesAuteur : Isabelle Remy – 2003
51, Chaussée de Dinant
5170 Profondeville
Service de Médecine Interne des Petits Animaux Université de Liège
Conférence présentée en 2003 lors des journées du Groupe de Travail Belge en Dermatologie Vétérinaire

NB: Article écrit avant le 1 janvier 2008 (Date d’interdiction de l’usage du lindane)


D’un point de vue histologique, le CAE est bordé par un épithélium de type cutané stratifié kératinisant. Le derme contient des glandes sébacées et des glandes sudoripares apocrines, dites glandes cérumineuses, situées plus profondément. Les follicules pileux sont présents en densité variable selon la race.
Le conduit auditif externe étant recouvert de peau, de nombreuses dermatoses s’étendent également à l’oreille externe.
L’otite externe est une maladie complexe, souvent chronique dont l’étiologie est multifactorielle et fait intervenir des facteurs prédisposants
(particularités anatomiques, humidité, traitements inappropriés et nettoyages aggressifs), des facteurs primaires (ectoparasites, dermatites allergiques, corps étrangers…), des facteurs secondaires (bactéries, levures) et des facteurs perpétuants (remaniements chroniques dus à l’inflammation, otite moyenne).
Comme pour toute affection dermatologique, le diagnostic étiologique d’une otite externe nécessite la mise en œuvre d’étapes successives visant à rechercher et à identifier les causes sous-jacentes :

Anamnèse

Examen général

  • symptômes neurologiques (otite moyenne)
  • examen du pharynx chez le chat (polype naso-pharyngé)

Examen dermatologique

Examen otologique : examen des pavillons auriculaires et de l’entrée du CAE, palpation du CAE

Examens complémentaires

Examen direct du cérumen

Cérumen recueilli à l’aide d’un écouvillon ou d’une curette, déposé dans du chloral lacto-phénol ou de l’huile minérale et examiné au microscope à faible grossissement (X 4 ou X10) : recherche d’ectoparasites

  • Otodectes cynotis
  • Demodex canis
  • Demodex cati

Examen cytologique du cérumen

Prélèvement à l’aide d’un écouvillon introduit jusqu’au canal horizontal et roulé sur une lame dégraissée, séché à l’air libre ou fixé à la chaleur, coloré (Diff-Quick) et examiné au microscope d’abord au petit grossissement (X 4, X 10) puis en immersion (X 100) : identification de microorganismes et évaluation de leur nombre, présence de pus.

  • levures : Malassezia sp.
    (Candida albicans : culture fongique)
  • bactéries : coques gram + (Staphylococcus intermedius)
    bacilles gram – (Pseudomonas aeruginosa, Proteus sp, Escherichia coli)
  • polynucléaires neutrophiles dégénérés avec phagocytose de bactéries (invasion bactérienne)

Examen bactériologique avec antibiogramme

Prélèvement au niveau de la partie horizontale du CAE à l’aide d’un écouvillon stérile introduit à travers le cône de l’otoscope avant tout nettoyage.

  • otite suppurée chronique et échec thérapeutique
  • présence de bacilles gram –
  • suspicion d’otite moyenne

Examen otoscopique

Lavage du CAE :

  • étape indispensable au diagnostic et au traitement de l’otite externe
  • but =
    • éliminer le cérumen, le pus, les débris, certains corps étrangers
    • améliorer la visualisation du CAE et du tympan
    • faciliter le traitement
  • sous sédation ou anesthésie générale (intuber)
  • agents non détergents et non irritants éventuellement dilués dans de l’eau tiède et “flushés” délicatement dans l’oreille à l’aide d’une poire à lavement, d’une seringue montée sur une sonde souple ou d’un appareil d’irrigation et d’aspiration
  • éviter les préparations huileuses occlusives
  • si rupture de la membrane tympanique : liquide physiologique.
  • aspirer, sécher à l’aide de papier absorbant et de coton-tiges utilisés avec précaution

Examen otoscopique :

  • inspection du CAE : état de la paroi, sténose, présence de corps étranger ou de tumeur
  • visualisation de l’état de la membrane tympanique

Remarque : utilisation de vidéo-otoscope = technique d’avenir permettant une excellente visualisation du CAE et du tympan et la réalisation d’examens complémentaires comme des biospies (nodules, ulcères) ou une myringocentèse (maîtrise technique indispensable).

examen radiographique et tomodensitométriquedes bulles tympaniques

  • – lors de suspicion d’otite moyenne, d’otite suppurée chronique, de tumeur
  • – recherche et identification d’une cause sous-jacente
  • – examens complémentaires spécifiques (tests allergologiques, bilan hématologique et biochimique, biopsies …)
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