Gestion au long cours de la dermatite atopique canine avec DOUXO® CALM Mousse

Filou est un chien West Highland White Terrier de 7 ans qui est suivi et traité régulièrement par son vétérinaire traitant pour des pyodermites superficielles récidivantes depuis plusieurs années. 

 

Dr Estelle Buendia-Durbec    

DV, Itinérante en Dermatologie

 

Commémoratifs et anamnèse

Celui ci note l’apparition de croûtes sur l’ensemble du corps, une pododermatite et un prurit chroniques. On préconise donc l’application de DOUXO® Pyo Shampooing 2 fois par semaine de façon régulière. L’observance du protocole par le propriétaire n’est pas confirmée.

Il vit en maison, sans autre animal et reçoit un antiparasitaire externe en spot-on à base de fipronil et S-méthoprène chaque mois. Il reçoit une alimentation physiologique achetée en animalerie. Filou n’a jamais voyagé en zone endémique de Leishmaniose.

Gestion au long cours de la dermatite atopique canine avec DOUXO® CALM Mousse

Première visite et démarche diagnostique

Lors de la première consultation, Filou présente une dermatose chronique, primitivement et intensément prurigineuse, intéressant les babines, le tronc, les espaces interdigités et la région périanale, avec érythème franc, squames, croûtes sur le tronc, lichénification et hyperpigmentation périanales.

Des raclages cutanées et des cytologies de surface permettent de conclure à une pyodermite superficielle (folliculite) récidivante associée à un syndrome de surpopulation bactérienne, avec une dermatite allergique sous-jacente très probable (DHPP, HS alimentaire ou DAC – Dermatite Atopique Canine).

La pyodermite étant récidivante, Filou est placé sous amoxicilline/acide clavulanique à 12,5mg/kg 2 fois par jour pendant 4 semaines, poursuit DOUXO® Pyo Shampooing et le traitement antiparasitaire est renforcé à l’aide d’un spot-on à base de dinotéfurane, pyriproxyfène et perméthrine une fois par mois.

Quatre semaines plus tard, le traitement a permis une guérison clinique des lésions sur le tronc et  la région périanale, mais un érythème persiste sur les espaces interdigités et les babines. Le prurit est moins intense mais reste présent.

Un régime d’éviction est alors préconisé et réalisé sur 2 mois, sans  aucune amélioration notable. L’état cutané de Filou est stable, ni amélioré ni aggravé, avec un prurit et un érythème persistant sur les espaces interdigités et les babines.

Le diagnostic de Dermatite Atopique Canine ou DAC est alors posé.

 

Examen clinique lors du diagnostic de DAC

Un prurit et un érythème persistent sur les espaces interdigités et les babines (voir photos à J0). Le prurit est moins intense mais reste présent.

  

Gestion au long cours de la dermatite atopique canine avec DOUXO® CALM Mousse

Photo 1 : Babines à J0 

 

Gestion au long cours de la dermatite atopique canine avec DOUXO® CALM Mousse

Photo 2 : J0 : Espace interdigité antérieur gauche

  

Gestion au long cours de la dermatite atopique canine avec DOUXO® CALM Mousse

Photo 3 : J0 : Face plantaire de l’antérieur gauche.

 

Conduite thérapeutique et suivi

Après entretien avec les propriétaires sur les différentes options de prise en charge de la DAC, il est décidé de placer Filou sous ciclosporine à la posologie de 5 mg/kg/j pendant 1 à 2 mois puis 1 jour sur 2. L’initiation du traitement est faite en association avec la prednisolone à 1 mg/kg/j les 7 premiers jours puis 0,5 mg/kg/j les 7 jours suivant, afin d’obtenir un effet antiprurigineux immédiat en attendant que la ciclosporine soit efficace. Des soins locaux avec DOUXO® Calm Mousse tous les 3 jours sont également préconisés.

Filou est revu après 1 mois de traitement avec ciclosporine, prednisolone et DOUXO® Calm Mousse (J30). L’érythème s’est très nettement amélioré au niveau des espaces interdigités et des babines.

  Gestion au long cours de la dermatite atopique canine avec DOUXO® CALM Mousse

Photo 4: J30: Babines.          

                                           

Gestion au long cours de la dermatite atopique canine avec DOUXO® CALM Mousse                                   

Photo 5 : J30 : Espace interdigité

 

Gestion au long cours de la dermatite atopique canine avec DOUXO® CALM Mousse

Photo 6 : J30: face plantaire de l’antérieur gauche.

Discussion

Intérêt des topiques dans la gestion au long cours de la DAC

La prise en charge au long cours de l’animal atopique doit considérer 3 éléments étiologiques : le prurit, la restauration de la barrière cutanée et l’inflammation. La thérapeutique s’appuie par conséquent sur ces 3 éléments.

Le défaut de barrière cutanée lors de DAC est une notion largement étudiée et il est maintenant acquis que sa prise en charge est un élément indispensable qui doit faire partie intégrante de l’arsenal thérapeutique du chien atopique.

Gestion au long cours de la dermatite atopique canine avec DOUXO® CALM Mousse Gestion au long cours de la dermatite atopique canine avec DOUXO® CALM Mousse

               

Schéma : barrière cutanée saine (à gauche) et altérée (à droite)

En effet, la peau des chiens atopiques présente notamment un déficit en céramides mais aussi un défaut de filaggrine, protéine centrale dans la formation de la barrière cutanée. Cette dernière permet l’agrégation des filaments de kératine conférant la structure et la résistance aux cornéocytes de l’épiderme. Lors de la différentiation cellulaire de l’épiderme, sa dégradation produit de l’urée et des facteurs hydratants naturels qui contribuent largement à l’hydratation de la couche cornée, au maintien du pH, et de ce fait à l’équilibre de la flore cutanée. Les études récentes ne permettent pour l’instant pas de savoir si ce défaut de filaggrine est une cause génétique ou une conséquence de l’inflammation chronique de la peau atopique [1, 2].

D’autre part, l’inflammation chronique cutanée entraîne une multitude de modifications, notamment du microbiome. En effet, ce dernier repose sur un équilibre fragile entre les populations microbiennes résidentes. Des études démontrent qu’une prolifération infectieuse de surface résulte d’un déséquilibre du microbiome, associé à une perturbation de la barrière cutanée.

La gestion au long cours des chiens atopiques nécessite indiscutablement l’usage systématique de soins locaux restructurant la barrière cutanée mécanique, la diversité du microbiome et calmant l’inflammation chronique, avant même l’emploi de traitements systémiques en première intention.

DOUXO® Calm est très adapté grâce à sa formule complète qui contient :

  • un complexe lipidique multilamellaire qui mime le ciment lipidique défectueux (même composition et même structure)
  • un inducteur de profilaggrine
  • de la Phytosphingosine, pro-céramide à l’action antibactérienne
  • des avénanthramides et un complexe de phytosterols à effet respectivement antiprurigineux et anti-inflammatoire

 

Intérêt de la galénique DOUXO® Calm Mousse

L’observance des traitements prescrits, et tout particulièrement dans la Dermatite Atopique, est indispensable à leur réussite. Un défaut d’adhésion des propriétaires reste la première cause d’échec du traitement. Des études sur l’observance sont menées dans des centres médicaux spécialisés dans l’atopie humaine, et l’une d’elles [3] montre que la médiane d’observance à 5 jours n’est plus que de 40% pour une observance relatée de 100% par le patient.

Par conséquent, la mise en place du plan thérapeutique d’un animal atopique, et notamment les traitements topiques restructurants, doit être élaborée en accord avec le caractère de l’animal, le mode de vie des propriétaires et de leur chien.

La diversité des présentations des produits DOUXO® Calm et Pyo (Shampooing, Micro-émulsion ou Mousse) permet de répondre à une grande diversité de situations.

La présentation Mousse est adaptée au pelage des chiens. Son application est agréable d’après les propriétaires, rapide et aisée [5] : cette praticité est beaucoup moins contraignante que les shampooings souvent fastidieux et chronophages, surtout pour l’application entre les doigts dans le cas de pododermatites.

Son intérêt est multiple :

– produit « leave on » : le produit est appliqué directement sur la peau, il n’est ni rincé, ni éliminé. Les ingrédients restent ainsi sur la peau de façon prolongée permettant une bonne absorption cutanée, ainsi qu’une action optimale et prolongée.

– implication accrue du propriétaire : l’application par massage relaxant, sans avoir besoin de mouiller ni de rincer, permet une meilleure adhésion des propriétaires et donc une meilleure observance.

– application localisée possible dans le cas de lésions focales (pododermatites, plis,…).

– efficacité d’un protocole alternant Shampooing et Mousse similaire à celle d’un protocole avec Shampooings uniquement [5]

Dans notre cas, la gestion du prurit et de l’inflammation grâce à la ciclosporine et à la prednisolone, accompagnée d’une prise en charge globale de la barrière cutanée (mécanique, microbiome et inflammation chronique) avec l’application de DOUXO® Calm Mousse, a permis une diminution franche de l’érythème et des démangeaisons après un mois d’application tous les 3 jours [4, 5].

Les applications fréquentes et régulières en entretien sont également indispensables pour maintenir une protection et un apport d’ingrédients suffisant dans la gestion de la DAC.

 Ce protocole soutenu est tout à fait réalisable en pratique étant donné la facilité d’application de la Mousse.

 

REFERENCES  BIBLIOGRAPHIQUES :

  1. Prélaud P. Dermatite atopique canine. Paris : Masson-Elsevier ; 2017. 184p.
  2. Santoro D. et al. Altered mRNA and protein expressin of filaggrin in the skin of a canine animal model for atopic dermatitis. Vet Dermatol 2011, 24 : 329-e73.
  3. Patel N. U. et al. Increasnig adherence with topical agents for atopic dermatitis. Am J Clin Dermatol (2017).
  4. Fantini O. et al. Restructuring effect of Phytosphingosine-containing shampoo and mousse on the cutaneous barrier in five atopic dogs : preliminary results of e field study. Vet. Derm. 2015, 26, 300 (Poster abstract).
  5. Bensignor E. et al. A multicentric randomised controlled single blinded study to evaluate the value of a new protocol with a shampoo and a foam to treat canine allergic dermatitis. PMCAC ; 2013 (48) 49-55.
Retour en haut