Nouvel article Ceva: Elles courent, elles courent…les puces !

Faire effectuer un traitement anti-parasitaire contre les puces quand celles-ci ne sont pas visibles n’est pas toujours aisé. Mais quand elles sont visibles en grande quantité, faire passer le message de la nécessité d’un traitement sur le long terme de la totalité des animaux, et également de l’environnement n’est pas forcément simple non plus. Ce cas illustre bien ce propos.

Auteur : Dr Odile CROSAZ   

                                                                                                                          
École Nationale Vétérinaire de Maisons-Alfort 

Unité de Dermatologie – Parasitologie – Mycologie

2016

 

Anamnèse

Chipie, chatte de race chartreux, âgée de 10 ans, est présentée à la consultation de dermatologie pour un prurit se manifestant par un léchage intensif et une alopécie évoluant depuis 1 an. Les premiers symptômes sont apparus au cours de l’été précédent et persistent sans interruption depuis. Chipie a un accès libre à l’extérieur et côtoie quotidiennement deux autres chats. Ses congénères n’ont aucun problème de santé connu (dermatologique ou autre). Les propriétaires ne mentionnent aucune contamination les concernant.

Examen clinique

A l’examen clinique, Chipie est en bon état général au moment de la consultation. L’examen clinique dermatologique nous permet de mettre en évidence une alopécie diffuse, marquée qui concerne la base de la queue, l’intérieur des cuisses, le ventre, les flancs ainsi que la face médiale des carpes. De nombreuses squames et croûtes de petite taille peuvent être visualisées en zone dorso-lombaire correspondant à des lésions de dermatite miliaire (Figure 1). Le prurit, qualifié d’intense par les propriétaires, est observable lors de la consultation. Lors de l’examen clinique, et sans que les propriétaires s’en soient aperçu auparavant, de nombreuses puces adultes et déjections de puces sont retrouvées sur tout l’animal (Figure 2).

Nous sommes donc en présence d’une dermatose chronique prurigineuse s’exprimant essentiellement par des lésions de dermatite miliaire et d’alopécie multi-focale associée à une présence abondante de puces.

 A ce stade, notre hypothèse diagnostique principale correspond à une dermatite par hypersensibilité aux piqûres de puces (DHPP), même si l’hypothèse de dermatophytose doit être également évoquée.

Nous réalisons donc, comme examen complémentaire immédiat, une trichoscopie, qui révèle la présence de nombreux poils cassés mais ne montre pas la présence de spores de dermatophytes. Par ailleurs, un examen à la lampe de Wood de l’ensemble du pelage ne permet pas la mise évidence d’une fluorescence pilaire. Afin d’éliminer totalement l’hypothèse de dermatophytose, une culture mycologique sur milieu de Sabouraud est réalisée à partir de poils et débris cutanés. Elle s’avérera négative.

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