Un cas de cheylétiellose féline

Un chat persan mâle blue point est consulté pour une dermatose prurigineuse tronculaire…

 

Dr Xavier LANGON

Clinique Vétérinaire de Camargue – 34400 LUNEL

 

MOTIF DE CONSULTATION

Un chat persan mâle blue point est consulté pour une dermatose prurigineuse tronculaire.

 

COMMEMORATIFS ET ANAMNESE

L’animal a été acheté dans un élevage parisien à l’âge de 6 mois et vit depuis en appartement chez l’actuel propriétaire, lui-même éleveur de siamois. Anxieux et malpropre depuis son acquisition, ce Persan vit isolé des autres chats de l’élevage qu’il ne côtoie que très sporadiquement. Le propriétaire consacre beaucoup de temps à l’entretien de son pelage.

L’animal reçoit une alimentation de qualité ( Royal Canin Spécial Persan), est à jour de ses vaccinations et de ses vermifugations. Il a été traité au Frontline® spray lors de son introduction dans l’élevage et on ne lui connaît pas d’antécédents pathologiques.

Ce chat présentait déjà lors de son acquisition un important prurit généralisé avec altération  du pelage, présence de croûtes et de quelques squames. Il a été lavé tous les mois avec Seboderm® et Citeal® sur les conseils du précédent éleveur… Sans aucune amélioration si ce n’est la disparition des croûtes.

Le propriétaire ne rapporte aucune lésion le concernant, ni sur les autres chats de son élevage.

Un cas de cheylétiellose féline

Photo 1: vue d’ensemble de l’animal.

 

EXAMEN CLINIQUE

Le chat présente un bon état général, un comportement modérément anxieux et un poids de forme de 4 kg. A l’examen à distance, le pelage ne semble que très peu altéré (légère diminution de densité au niveau tronculaire dorsal). L’examen rapproché de la peau révèle  une  atteinte  exclusive  du  tronc,  dorsalement  et  ventralement.  Les  lésions  sont  de  forme nummulaire de 2 cm de diamètre environ, elles sont faiblement érythémateuses, papulo- croûteuses par endroit et surmontées par d’épaisses squames jaunâtres pityriasiformes adhérentes à la peau et la base des poils. La stimulation manuelle de ces zones déclenche un réflexe de léchage.

Un cas de cheylétiellose féline

Photo 2: Vue rapprochée du dos.

 

HYPOTHESES DIAGNOSTIQUES

Ce tableau clinique affectant un Persan d’élevage nous évoque deux hypothèses incontournables : la cheyletiellose et la dermatophytie. Malgré une apparition très précoce, l’origine allergique ne peut être écartée. Enfin, deux autres hypothèses parasitaires moins probables doivent être évoquées par compatibilité clinique (tableau 1).

 

Hypothèses étiologiques

Arguments en faveur

Arguments en défaveur

Examens complémentaires

 

CHEYLETIELLOSE

Squamosis dorso-lombaire Prurit

Persan, jeune, issu d’élevage

Absence de contagion animal et/ou humaine au bout de 1 an en appartement

Raclage Ruban adhésif trichoscopie

 

 

DERMATOPHYTIE

Lésions nummulaires

Erythème, croûtes

Persan originaire d’un élevage

Prurit

Absence d’alopécie

Pas de localisation faciale Absence de contagion

Lumière de Wood Trichoscopie

Culture mycologique (Biopsie)

DERMATITE ALLERGIQUE

Prurit tronculaire

Lésions papulo-croûteuses

Absence d’alopécie Apparition à 2 mois d’âge

Démarche diagnostique allergologique

 

DEMODECIE

Croûtes et prurit

Lésions aspect nummulaire

Jeune âge

Absence d’alopécie Absence de lésion faciale

Raclage (Biopsie)

PHTIRIOSE

Prurit tronculaire

Animal issu d’un élevage

Absence de contagion

Ruban adhésif trichoscopie

Tableau 1 :  Arguments du diagnostic et examens complémentaires.

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