Un cas de cellulite juvénile chez un chien adulte âgé

Une chienne Jack Russel Terrier, âgée de 12 ans, est présentée à la consultation spécialisée de dermatologie pour une dermatose invalidante, évoluant depuis deux semaines.

 

Emmanuel Bensignor

Décembre 2018

 

La chienne mange une alimentation industrielle de bonne qualité, vit dans une maison avec jardin en grande banlieue de Nantes, sans congénère. Le passé pathologique n’est pas remarquable, hormis une tendance à l’hyperactivité rapportée par les propriétaires. Le traitement antipuces est à jour, avec une administration mensuelle.

Les lésions sont apparues brutalement, environ 2 semaines auparavant. Elles ont débuté sur la face et ont eu tendance à s’étendre au niveau des pavillons auriculaires et, récemment, au niveau de l’anus. Une douleur est rapportée, ainsi qu’un prurit.

Plusieurs visites ont été réalisées chez le vétérinaire généraliste sans résultat ; une numération-formule s’est avérée dans les normes ; les thérapeutiques proposées ont consisté en l’administration d’anti-inflammatoires non stéroidiens, d’une injection de corticoides et d’une semaine d’antibiotique. Aucun de ces traitements n’a amélioré la dermatose et les propriétaires ont décidé par eux mêmes d’aller consulter un dermatologue.

A l’examen clinique la chienne présente une hyperthermie à 39,5°C ; elle est douloureuse et même parfois agressive.

Les lésions sont localisées au chanfrein, aux joues, aux paupières, au menton, aux lèvres, aux pavillons auriculaires et en zone anale. Il s’agit d’alopécie, d’érosions, parfois d’ulcérations, surmontées par endroits par des croûtes. Une enflure est associée. Il est remarquable de noter l’absence d’atteinte de la truffe. Aucune lésion n’est observée dans la cavité buccale. Une augmentation de la taille des ganglions rétropharyngiens est présente.

Un cas de cellulite juvénile chez un chien adulte âgé

Un cas de cellulite juvénile chez un chien adulte âgé

Un cas de cellulite juvénile chez un chien adulte âgé

Un cas de cellulite juvénile chez un chien adulte âgé

Les hypothèses diagnostiques envisagées regroupent une pyodémodécie, une dermatite granulomateuse stérile (« cellulite juvénile »), une forme très inflammatoire de dermatophytose, moins probablement une leishmaniose (pas de séjour en zone d’endémie) et une dermatite auto-immune bulleuse (pas d’atteinte de la truffe, pas d’atteinte de la cavité buccale).

Les raclages ne montrent pas de parasite. Les cytologies montrent une population exclusivement constituée de macrophages, sans mise en évidence de bactérie. Une culture bactériologique est stérile. Les propriétaires refusent les biopsies cutanées. Une culture mycologique s’avère négative. Un diagnostic d’hypodermite granulomateuse stérile est posé.

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