cas de trombiculose hivernale1

Un cas de trombiculose hivernale


Auteur : Christian Collinot  – Mai 2009
Clinique vétérinaire du ROC 
117, avenue du maréchal LECLERC
86100 CHATELLERAULT


Commémoratifs

Moustic est un chat européen  blanc et gris castré de 3 ans.  Il vit habituellement en ville avec de petites sorties dans le jardin, il n’y a pas d’autres animaux. De temps à autres, il part en villégiature à la campagne avec ses maîtres et ne se prive pas d’investir ce nouveau territoire rural lors de ces occasions. Il est parfaitement vacciné et vermifugé. Les APE sont utilisés plus irrégulièrement sous forme de spot-on, mais le sont actuellement, car le vétérinaire habituel  a mis en garde les propriétaires contre la présence de puces avec le temps doux (fin décembre 2005).

Anamnèse

Depuis son arrivée à la campagne pour les fêtes de fin d’année, Moustic se gratte de plus en plus et a de plus en plus de lésions cutanées. Il est présenté pour ce motif à la consultation le 10 janvier 2006. 

Examen Clinique 

Général

En dehors des lésions dermatologiques, son examen clinique est normal et son état général est bon.

Dermatologique

Les lésions sont très prurigineuses.
Moustic présente de nombreuses lésions érythémateuses qui sont plus ou moins alopéciques ou présentant des poils sectionnés, suintantes et croûteuses. Elles sont présentes sur les pattes , antérieures et postérieures, notamment sur les parties distales et entre les doigts, mais aussi dans les plis des coudes.

 Un cas de trombiculose hivernale

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Un cas de trombiculose hivernale
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Un cas de trombiculose hivernale

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Un cas de trombiculose hivernale

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Les lésions sont très croûteuses sur le ventre où le léchage est particulièrement important.

 Un cas de trombiculose hivernale

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Des croûtes sont présentes sur la tête, notamment en avant de la base des oreilles.

 Un cas de trombiculose hivernale

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Les lésions sont peu importantes sur le dos sauf quelques croûtes entre les deux épaules.

Hypothèses diagnostiques

Nous sommes en présence d’une dermatite érythémateuse croûteuse et prurigineuse. Il faut donc considérer les dermatoses allergiques (atopie, alimentaire, contact…), par irritation et parasitaires (puces, poux, dermanysses, cheyletielles, trombicules, otodectose généralisée).  Certaines mycoses moins adaptées aux félins comme celles à T. mentagrophytes peuvent aussi être prurigineuses. Un problème comportemental peut être évoqué.  Une atteinte virale (herpes, cowpox), un pemphigus ou un mycosis fongoïdes sont moins probables compte tenu de l’âge et de l’état général de Moustic. 

Examens complémentaires

Un peignage soigneux est effectué mais il ne permet de trouver ni puces ni déjections de celles-ci.
Un trichogramme confirme la nature traumatique de l’alopécie (nombreux poils cassés mais gardant leur structure normale).
Un examen microscopique des croûtes montre l’inclusion dans celles-ci de petits acariens ou insectes morts, trop petits pour être des cheyletielles et ressemblant à des larves de trombicules même si la période de l’année permet d’être sceptique. 

Un cas de trombiculose hivernale

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D’autres prélèvements cutanés permettent de retrouver des larves de trombicula automnalis vivantes.

Un cas de trombiculose hivernale

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Diagnostic

Même si la saison (début janvier 2006) n’est pas en accord avec la période classique d’apparition de cette dermatose, il s’agit bien d’une trombiculose que nous qualifierons d’hivernale.

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