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Un cas de toxidermie chez un Labrador


Auteur : Bénédicte Gay-Bataille
Consultante en Dermatologie
CHV – 74370 – St MARTIN BELLEVUE
ANNECY


Commémoratifs

Un chien Labrador mâle de 3 ans nous est présenté pour des lésions cutanées subaiguë d’apparition progressive en divers endroits du corps.
Il vit dans une maison, entourée d’un jardin clos, sans congénère. Son alimentation est industrielle, de qualité moyenne.

Anamnèse

Il présente depuis 2 mois une dermite scrotalechronique.
Il y a deux mois une inflammation des bourses est apparue, qui a été traitée alors par l’application de raffinose (Dermaline ®) et l’administration de carprofène (Rimadyl®), qui n’ont apportés aucune amélioration. 10 jours plus tard la dermite scrotale a empiré, une chéilite est apparue, suivie d’une pododermatite et d’une érosion symétrique des coudes?. Le léchage est intense, signant un prurit ou une douleur important. Il a alors reçu divers traitements et notamment une corticothérapie orale (déxaméthasone: Dermipred ®), une antibiothérapie (céfalexine: Rilexine ®) et l’administration de carprofène (Profenid ®). Il nous est référé.

Symptômes cliniques

A l’Examen clinique on relève, chez cet animal, qui n’est pas hyperthermique, fatigabilité, légère anorexie, perte de poids et difficultés locomotrices.

L’examen dermatologique révèle tout d’abord des lésions suintantes de la face: œdème, érosions, ulcérations et croûtes des lèvres supérieures, érosions et ulcérations buccales, quelques vésico-pustules sur les pavillons auriculaires; puis des lésions du scrotum: érosions, ulcérations et croûtes; puis des lésions des points de pression: érosions et furonculose des coudes; enfin une pododermatitequadripodale: érythème, érosions et enduit malodorant des zones interdigitées des faces palmaires et plantaires; et enfin des lésions périanales: érythème et érosions en marge de l’anus.

Le prurit est important.

Un cas de toxidermie chez un Labrador

Photo 1 : œdème des lèvresinférieures et supérieures;
érythème, érosions, ulcérations et croûtes

Un cas de toxidermie chez un Labrador

Photo 2 : Erosions du palais; ulcérations gingivales.

Un cas de toxidermie chez un Labrador

Photo 3 : Face externe des pavillons auriculaires: vésico-pustules, érosions.

Un cas de toxidermie chez un Labrador

Photo 4 : Ulcérations symétriques des coudes.

Un cas de toxidermie chez un Labrador

Photo 5 : Dermite scrotalesévère: œdème, ulcérations et croûtes.

Un cas de toxidermie chez un Labrador

Photo 6 : Erythème et érosions péri-anales

Un cas de toxidermie chez un Labrador

Photo 7 : Pododermatite quadripodale face dorsale: érythème,
vésico-pustules et érosions interdigitées.

Un cas de toxidermie chez un Labrador

Photo 8 : Pododermatite quadripodale face palmaire: érythème, vésico-pustule

Un cas de toxidermie chez un Labrador

Photo 9 : Pododermatite quadripodale face palmaire:
érythème, érosions et enduit malodorant.

Hypothèses diagnostiques

Elles sont les suivantes:

  1. Toxidermie, d’origine médicamenteuse, infectieuse ou idiopathique
  2. pyodémodécie
  3. pemphigus
  4. cellulite juvénile chez un adulte

Examens complémentaires

  • Des raclages cutanés sont réalisés, après tranquillisation, en région péri-orale et du coude, ainsi que des calques cutanés: par impression sous-crustacée d’une pustule sur un pavillon auriculaire, et par étalement du produit de raclage d’une zone interdigitée.
  • L’examen microscopique des produits recueillis pour les raclages ne met pas en évidence d’éléments figurés. La
  • La cytologie révèle, au niveau auriculaire et également au niveau palmaire la présence de bactéries coccoïdes en position extracellulaire et intracellulaire, avec de nombreux neutrophiles dégénérés et non dégénérés, et présence de quelques cellules kératinocytes acantholytiques.
  • L’observation histologique des biopsies cutanées apporte les éléments suivants: hyperkératose parakératosique; acanthose épidermique et présence de cellules dyskératosiques acidophiles(apoptose kératinocytaire marquée); infiltration massive de lymphocytes dans le massif malpighien; infiltrat dermique superficiel et périvasculaire, à lymphocytes, mastocytes et éosinophiles. Ces lésions microscopiques sont très évocatrices d’un érythème polymorphe.
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