Auteur : Marie-Christine Cadiergues
The RoyalVeterinaryCollege, Queen MotherHospital,
Hatfield AL97TA, United Kingdom.
École Nationale Vétérinaire
31076 Toulouse cedex 3
France.
Un golden retriever mâle de 11 mois, non stérilisé, est présenté pour prurit abdominal récidivant associé à des lésions papulo-pustuleuses. Adopté à l’âge de 3 mois, ce chien vit en maison avec un grand jardin.
Il reçoit un aliment sec premium pour chiot. Des lésions ont été remarquées pour la première fois à l’âge de 6 mois, sous la forme de « plaques rouges » siégeant sur l’abdomen ventral.
Photos Avant
Seuls l’abdomen ventral et les plis inguinaux présentent des lésions. Les lésions sont constituées par des papules, de rares pustules et des collerettes épidermiques, le tout sur un fond légèrement érythémateux.
Ce chien est vu en janvier : durant l’été, il a reçu un traitement antiparasitaire externe en pipettes à base de perméthrine tous les mois et les traitements ont été réalisés toutes les 8-10 semaines depuis l’automne. Aucun shampooing ni soin auriculaire n’est réalisé en routine. Aucun antécédent d’otite n’est signalé.
Antécédents thérapeutiques
Lors de l’apparition initiale des lésions, au mois d’août précédant la consultation, ce chien avait reçu une antibiothérapie systémique pendant une dizaine de jours, associée à une corticothérapie également systémique pendant une semaine (molécules et doses inconnues). Ce traitement avait apporté une nette amélioration mais une récidive est apparue très vite ensuite.
Cette association a été renouvelée, suivie par la même évolution clinique. Dernièrement, seule de la prednisolone par voie orale avait été utilisée à la dose de 0,7 mg/kg toutes les 48 heures. Une supplémentation en acides gras essentiels a débuté une dizaine de jours avant la visite.
Des lésions discrètes évoquant une pyodermite superficielle
Lors de la présentation, le prurit est estimé à 5 sur 10 par le propriétaire. L’examen clinique général ne révèle aucune anomalie et le développement du chien est jugé correct par rapport aux valeurs habituelles dans cette race. L’examen clinique dermatologique à distance montre un pelage de bonne qualité et non altéré, mais des papules, de rares pustules et des collerettes épidermiques sont présentes sur l’abdomen ventral et dans les plis inguinaux.
Les zones lésées sont légèrement érythémateuses et alopéciques, tandis que la couleur du pelage est un peu modifiée autour des zones lésionnelles. En première intention, les commémoratifs et les signes cliniques évoquent une pyodermite superficielle de type folliculite.
Cette affection étant généralement secondaire, des facteurs primaires doivent être recherchés : affections parasitaires (démodécie, pulicose…), dermatophytose ou état d’hypersensibilité. L’absence d’otite et de pododermatite sont cependant des éléments allant à l’encontre d’une dermatite atopique débutante.
une infection cutanée confirmée
Les résultats négatifs des raclages cutanés et des examens trichoscopiques ont permis d’exclure une démodécie. En revanche, l’examen microscopique du produit de brossage a permis d’observer des déjections de puces. Il n’a pas été jugé pertinent de demander une culture fongique, cette hypothèse étant peu probable. L’examen cytologique d’un calque réalisé après impression de lésions papuleuses montre un infiltrat neutrophilique, associé à la présence de nombreuses bactéries coccoïdes, dont l’agencement évoque des staphylocoques.
Certaines bactéries sont situées en position intra-cytoplasmique, confirmant l’hypothèse de pyodermite bactérienne superficielle.
À ce stade, le diagnostic provisoire est donc celui d’une pyodermite superficielle, vraisemblablement staphylococcique, évoluant dans un contexte de pulicose. Il est possible que les traitements successifs avec des corticoïdes par voie systémique aient favorisé le maintien voire l’extension de la pyodermite.
Antisepsie locale et éviction des puces
La prise en charge de la pyodermite passe par un topique antiseptique et la chlorhexidine fait partie des actifs à privilégier. Il est jugé inutile d’associer une antibiothérapie systémique, puisque les lésions sont cantonnées à l’abdomen ventral et aux plis inguinaux. À cause des contraintes d’emploi du temps du propriétaire et des conditions météorologiques peu propices à la réalisation de shampooings, la prescription d’un soin mousse (Douxo® Pyo Soin Mousse) apparaît comme une solution galénique à préférer dans ce cas. Le produit a été appliqué sur les zones concernées selon les recommandations du fabricant, à raison d’une application toutes les 48 heures.
En parallèle, un traitement insecticide adulticide a été prescrit. Le chien possédant un pelage dense et vivant à proximité de jeunes enfants, un traitement systémique mensuel à base de spinosad a été recommandé, à poursuivre toute l’année.
Résultat très favorable du traitement
Le chien a été revu après 3 semaines de traitement. Le propriétaire considère que le prurit est désormais inexistant et il a constaté la régression des lésions dès la première semaine. L’examen clinique confirme le résultat positif du traitement. L’alopécie persiste mais les lésions inflammatoires d’origine infectieuse ont disparu. Le pelage a un aspect normal, sans dépôt particulier, même dans les zones d’application. Le propriétaire apprécie le caractère facile, rapide et agréable de l’application de Douxo® Pyo Soin Mousse.
Un espacement des applications est préconisé (tous les 5 jours pendant 3 semaines), en continuant l’administration du médicament antiparasitaire et des acides gras essentiels.
Un cas géré sans antibiotique, avec une antisepsie locale en soin mousse
Ce cas clinique montre que, dans un certain nombre de cas de pyodermite bactérienne superficielle, l’antibiothérapie orale n’est pas nécessaire. Une gestion topique peut suffire et un soin mousse constitue une alternative thérapeutique tout à fait satisfaisante quand les shampooings sont difficilement réalisables. À souligner, comme pour tout autre traitement antibactérien (antibiothérapie orale ou topique, topique antiseptique) : il est conseillé de prolonger le traitement au-delà de la guérison clinique afin d’éviter les récidives.
Photo Après
Après 3 semaines d’application de Douxo® Pyo Soin Mousse.



