Un cas de pyodermite lichénoide chez un Fox Terrier


Auteur : Emmanuel Bensignor – Juin 2016
Spécialiste en dermatologie vétérinaire
DESV Dermatologie, DIP ECVD, CES Dermatologie
Consultant en dermatologie
75003 Paris, 35510 Rennes-Cesson, 44000 Nantes


Introduction

Un chien Fox terrier, mâle âgé de 7 ans, est référé pour la prise en charge d’une dermatose croûteuse extensive évoluant rapidement.

L’animal est correctement vacciné, alimenté avec des croquettes haut de gamme, traité régulièrement contre les puces par l’application d’un spot-on. Il vit dans une propriété avec un grand jardin en Bretagne, en contact avec des chevaux et deux autres chiens, qui n’ont pas de lésion dermatologique. Aucun séjour dans le sud de la France n’est rapporté. Aucune contagion humaine n’est décrite.

La dermatose a débuté quelques semaines plus tôt. Initialement localisée sur le chanfrein, elle a eu rapidement tendance à l’extension puis à la généralisation. Le prurit est sévère et le propriétaire rapporte depuis quelques jours un abattement et une dysorexie.

Un traitement à base de corticoïdes (initialement par injection puis par voie orale) a été mis en place sur la base d’une suspicion de dermatite auto-immune. Une nette amélioration du prurit est survenue mais les lésions ont continué à s’étendre.

Les lésions cutanées sont généralisées. Elles sont variées: on note des croûtes, une lichénification, une hyperpigmentation, par endroits des manchons pilaires, un squamosis et un érythème sont associés. Sur la face, notamment en région périoculaire et sur les lèvres, les lésions- très épaisses- sont constituées d’amas de croûtes adhérentes avec un liseré périphérique et une lichénification centrale. Le même type lésionnel est observé sur les extrémités des membres et la face interne des pavillons auriculaires où les lésions prennent volontiers un aspect nummulaire. Aucune atteinte de la truffe n’est observée. Les coussinets présentent une hyperkératose, qui reste modérée.

Les hypothèses diagnostiques

  • une démodécie
  • une dermatophytose (notamment à Trichophyton spp.)
  • une pyodermite atypique de type “lichénoïde”
  • une dermatite auto-immune de type pemphigus foliacé
  • un érythème polymorphe
  • un mycosis fongoide
  • La leishmaniose est peu probable du fait de l’absence de séjour en zone endémique.

Un cas de pyodermite lichénoide chez un Fox Terrier

Un cas de pyodermite lichénoide chez un Fox Terrier
Un cas de pyodermite lichénoide chez un Fox Terrier
Un cas de pyodermite lichénoide chez un Fox Terrier

Examens complémentaires immédiats

  • Rraclages et trichoscopies (absence de parasite, absence de visualisation de spores fongiques)
  • Examen en lampe de Wood (négatif)
  • Cytologies sous-crustacées
      présence de
    • Bactéries
    • De plasmocytes
    • De rares polynucléaires
    • De rares macrophages
    • Absence de spore fongique
    • Absence de kératinocyte acantholytique
  • Une culture fongique (carré de Moquette) est envoyée au laboratoire de mycologie et s’avèrera négative.
  • Des biopsies sont réalisées sous anesthésie générale pour examen histopathologique et culture bactériologique.
    Une des biopsies est conservée au congélateur pour éventuelles PCR.
SI VOUS ETES VETERINAIRE : Pour lire la suite de cet article, veuillez vous enregistrer en haut à droite. Merci