Un cas de pododermatite plasmocytaire féline


Auteur : Marie-Christine Cadiergues
The RoyalVeterinaryCollege, Queen MotherHospital,
Hatfield AL97TA, United Kingdom.

École Nationale Vétérinaire
31076 Toulouse cedex 3
France.


Anamnèse

Minette est une chatte Européenne stérilisée de 2 ans, présentée à la consultation en septembre pour des difficultés à se déplacer.

Minette a été adoptée à l’âge de 3 mois et vit sans congénères chez ses propriétaires, disposant d’un libre accès à l’extérieur. Elle reçoit une alimentation du commerce à base d’aliments humides (Whiskas â – 2 à 3 barquettes par jour). Elle est traitée mensuellement contre les puces avec du fipronil (Frontline spot-on chat â) et est correctement vaccinée contre la panleucopénie, le coryza et la leucose.

Les lésions ont débuté 9 mois auparavant, au niveau des coussinets métatarsiens qui avaient un aspect violacé. En quelques semaines, l’atteinte est devenue quadripodale. Une antibiothérapie (céfalexine 15 mg/kg BID) associée à une corticothérapie (prednisone 1 mg/kg SID) pendant une semaine n’ont pas apporté d’amélioration. L’application locale de l’association vitamine A et tyrothricine (A 313® pommade) n’ont pas modifié l’évolution.

Examen clinique général

L’animal est en bon état général (4,5 kg). Il est normotherme, son temps de remplissage capillaire, ses fréquences respiratoire et cardiaque sont normales, ses muqueuses sont de couleur rosée. Il n’y a pas d’adénomégalie. L’examen de la cavité orale est normal et aucun trouble digestif, urinaire ou respiratoire n’est rapporté.

Examen clinique dermatologique

Examen à distance

A distance, aucune lésion n’est visible.La seule anomalie que l’on puisse déceler est une démarche hésitante.

Examen dermatologique rapproché

Les manipulations des coussinets semblent non douloureuses, par contre la consistance des coussinets métacarpiens et métatarsiens apparaît ramollie. Leur couleur est violette et leur volume est augmenté. Leur surface est squameuse, l’un d’eux est fissuré. Le léchage semble fréquent. Les autres coussinets sont normaux (Photos 1 & 2).

Un cas de pododermatite plasmocytaire féline

Photo 1

Un cas de pododermatite plasmocytaire féline

Photo 2

Les hypothèses diagnostiques sont une pododermatite plasmocytaire, un complexe pemphigus, un complexe granulome éosinophilique, une teigne, poxvirose féline.

Examens complémentaires

  • Recherche FeLV – FIVLa recherche est effectuée à l’aide d’un test rapide (Snap® Combo Plus FeLV/FIV), elle est négative.
  • Examen en lumière de Wood et culture fongique
  • L’examen des coussinets ainsi que de l’ensemble du corps ne montre pas de fluorescence particulière. La culture fongique est négative.

Bilan biochimique

Une hyperprotidémie (82 g/L – valeurs usuelles : 55-71 g/L) avec hypoalbuminémie (24.8 g/L – v.u. : 28-42 g/L) et hypergammaglobulinémie (32 g/L – v.u. : 13-22 g/L) ont été mises en évidence.

Examen histopathologique de biopsies cutanées (Photos 3 et 4)

L’analyse histopathologique révèle un pattern de dermatite nodulaire avec un infiltrat composé quasi-entièrement de plasmocytes, certains d’entre eux contenant des inclusions éosinophiles correspondant à des immunoglobulines (corps de Russel). Dans ce contexte clinique, ce tableau histopathologique est fortement évocateur de pododermatite plasmocytaire.

Un cas de pododermatite plasmocytaire féline

Photo 3

Un cas de pododermatite plasmocytaire féline

Photo 4

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