Un cas de pododermatite chez un Bouledogue atteint de dermatite atopique


Auteur : Papadogiannakis Ov
Cert.SAD, PhD Département de Santé Publique Vétérinaire,
École Nationale de Santé Publique,
Athènes, Grèce


Historique

Une femelle bouledogue anglais de 4 ans non stérilisée a été référée à la Clinique Dermatologique des Petits Animaux d’Athènes. Elle présente depuis environ 3 mois des lésions cutanées et un prurit léger à modéré. La chienne a déjà été examinée par un autre vétérinaire avant d’être référée et du kétoconazole a été administré pendant 3 semaines sans aucune amélioration ni des lésions cutanées ni du prurit.

Examen clinique

Examen général

Aucune anomalie n’est décelée.

Examen dermatologique

l’examen de la peau, des lésions cutanées, principalement localisées dans les zones interdigitées des quatre pieds sont observées, avec de l’érythème, de l’alopécie et de l’oedème (Figures 1, 2).

De l’érythème est également observé sur la face interne des deux pavillons auriculaires (Figure 3) et dans une moindre mesure sur la partie ventrale de l’abdomen.

Examens complémentaires

Raclages cutanés : négatifs pour la recherche d’acariens Demodex.

Trichogramme : pas d’éléments fongiques.

Examen cytologique (à partir de calques d’impression des zones concernées) : grand nombre de kératinocytes dont la plupart sont nucléés, avec occasionnellement un petit nombre de coques adhérents.

Examen coproscopique : négatif pour la recherche de parasites.

Un cas de pododermatite chez un Bouledogue atteint de dermatite atopique

Diagnostic

Compte tenu de l’anamnèse, de la répartition et du type de lésions cutanées, ainsi que des premiers résultats de laboratoire, un diagnostic de suspicion de dermatite atopique et/ou d’hypersensibilité alimentaire est posé.

Traitement initial

Le chien est mis sous régime hypoallergénique strict pendant 6 à 8 semaines et un corticoïde topique à base d’acéponate d’hydrocortisone (AHC) (en spray) est prescrit une fois par jour comme traitement symptomatique des lésions de pododermatite interdigitée.

Suivi

Lors du ré-examen du patient 8 semaines plus tard, une amélioration significative de la pododermatite est constatée (Figure 4), alors que l’érythème sur les pavillons auriculaires et l’abdomen n’est pas amélioré.

Aucun effet secondaire n’a été observé après utilisation prolongée du traitement topique (durée hors AMM).

Autres examens complémentaires et traitements

Le propriétaire est informé que, dans la mesure où le régime hypoallergénique est sans effet sur les lésions cutanées (l’amélioration des lésions de pododermatite est due au traitement topique), le diagnostic le plus probable est celui de dermatite atopique et que des examens de laboratoire supplémentaires sont nécessaires. Avec le consentement du propriétaire, un prélèvement sanguin est envoyé pour la détection des anticorps IgE spécifiques contre un panel d’aéroallergènes. Le test est positif pour 3 acariens de poussière de maison et pour le pollen de plusieurs plantes. Une immunothérapie spécifique aux allergènes, utilisée depuis sur une période de cinq mois, a amélioré significativement les lésions cutanées, alors que le traitement topique est maintenant utilisé pour traiter les zones interdigitées à l’occasion lorsque l’érythème réapparaît.

Références

Un cas de pododermatite chez un Bouledogue atteint de dermatite atopique

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