Un cas de furonculose éosinophilique chez un croisé terrier


Auteur : Marie-Christine Cadiergues – Février 2006
The RoyalVeterinaryCollege, Queen MotherHospital,
Hatfield AL97TA, United Kingdom.

École Nationale Vétérinaire
31076 Toulouse cedex 3
France.


Commémoratifs

Radu est un chien mâle entier croisé Terrier, âgé de 4 ans. Il est présenté en juin à la consultation de dermatologie de l’Ecole Nationale vétérinaire de Toulouse suite à l’apparition brutale de lésions sur le chanfrein et aux quanti internes des yeux.

Radu est né dans la région toulousaine, région qu’il n’a jamais quittée. Il vit en zone péri-urbaine, couche à l’intérieur, mais l’accès à l’extérieur est libre, notamment pendant la journée. Son alimentation est industrielle et de bonne qualité (croquettes à base d’agneau, aliment pour chien adulte de petite taille).

Le chien est correctement vacciné contre la maladie de Carré, l’hépatite de Rubarth, la parvovirose et la leptospirose. La lutte contre les puces est effectuée de façon irrégulière, tous les deux à quatre mois avec un spot-on à base de fipronil, le dernier traitement a été réalisé en mars. Aucune affection particulière n’est signalée.

Anamnèse

Les premières lésions sont apparues soudainement 2 jours auparavant, au lendemain d’une longue promenade en forêt. Le propriétaire a noté des boursouflures sur le chanfrein ainsi qu’une nette tendance de Radu à se frotter le nez sur le sol ou bien avec ses pattes antérieures. Progressivement, l’intensité des démangeaisons a augmenté et les lésions sont devenues hémorragiques et douloureuses. Des lésions semblables sont apparues à l’angle interne des deux yeux. Aucun traitement n’a été appliqué.

Examen clinique

Examen général

L’animal est en bon état d’entretien, son poids est de 7,2 kg, sa température rectale est de 39.1°C. L’examen général ne révèle aucune anomalie hormis une adénomégalie modérée des nœuds lymphatiques rétromandibulaires. Le propriétaire signale une baisse de l’état général depuis 24 heures bien qu’il n’ait pas relevé de changement de comportement de soif ou alimentaire. Un prurit estimé à 4.5 sur une échelle de 0 à 5 est noté.

Examen dermatologique à distance

Les lésions siègent essentiellement sur le chanfrein, on devine également des lésions aux quanti internes des yeux, mais celles-ci sont cachées par les poils (figure 1). Les poils sont agglutinés par du sang et l’on perçoit des papules sur le chanfrein.

  Un cas de furonculose éosinophilique chez un croisé terrier

Examen dermatologique rapproché

L’examen rapproché est effectué après tonte (réalisée après tranquillisation) et permet l’observation de lésions papuleuses, certaines papules étant ulcérées (figure 2). Des lésions ulcératives sont également visibles à l’angle interne des yeux.

Un cas de furonculose éosinophilique chez un croisé terrier

Hypothèses diagnostiques – examens complémentaires – diagnostic.

Les principales hypothèses diagnostiques à envisager sont une pyodermite nasale, une folliculite/furonculose éosinophilique nasale ou bien une réaction à des piqûres d’insectes.

Les examens complémentaires réalisés sont :

  • Un calque par impression réalisé à partir d’une papule récemment ulcérée – nombreux éosinophiles, macrophages et neutrophiles, absence de bactéries ou de levures.
  • Une biopsie est réalisée par excision d’une papule intacte et révèle des lésions de folliculite et de furonculose, l’infiltrat étant très majoritairement éosinophilique. Aucun agent pathogène n’est retrouvé.
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