Un cas de dermatose d’origine neurologique chez un Cavalier King Charles


Auteur : Christian Collinot  –  Janvier 2006
Clinique vétérinaire du ROC
117, avenue du maréchal LECLERC
86100 CHATELLERAULT


Commémoratifs

Vignette est un Cavalier King Charles mâle né en mai 2004. Il est parfaitement vacciné et reçoit régulièrement des APE et des API.

Anamnèse

À  l’âge de 10 mois, lors d’une visite il est constaté un léchage des deux pieds postérieurs en face dorsale.

À 12 mois, il se met brutalement à se plaindre quand il se gratte le cou et la face avec son postérieur droit, une luxation intermittente douloureuse de la rotule droite est alors opérée.

À 15 mois le léchage persiste sur les deux pieds. Un traitement corticoïde associé à un shampooing dermatologique (Allermyl), un changement d’APE et un régime hypoallergénique industriel sont mis en place. Ils ne donnent aucun résultat.

Examen clinique général

L’examen clinique général ne révèle rien de particulier. Par contre il faut noter que ce jeune chien de 18 mois joue de moins en moins, ne prend plus sa balle et est beaucoup moins vif. L’examen neurologique ne révèle pourtant rien et aucune douleur n’a été déclanchée lors des diverses manipulations. Le contrôle des deux genoux par un orthopédiste est correct.

Un cas de dermatose d'origine neurologique chez un Cavalier King Charles

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Examen clinique dermatologique

Un cas de dermatose d'origine neurologique chez un Cavalier King Charles

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Un cas de dermatose d'origine neurologique chez un Cavalier King Charles

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En dehors du résultat du léchage de la face dorsale des deux pieds, il n’y a aucune lésion dermatologique. Sur les deux pieds, les poils sont colorés en marron par le léchage (syndrome rubra-pilaire) et sont coupés par le mâchonnement. Il n’y a pas de lésion de l’épiderme en dehors de petites exulcérations dues au léchage et parfois d’un érythème. Les doigts III et IV sont plus particulièrement ciblés.

Un cas de dermatose d'origine neurologique chez un Cavalier King Charles

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Le mâchonnement des pattes arrières (doigts et parfois coussinets des pieds) s’accompagne d’un processus douloureux. Lors de l’observation, le cri, probable manifestation de douleur précède même le mâchonnement. Il est plus difficile de se prononcer pour le grattage de la tête et du cou. Le côté droit est le seul touché par les démangeaisons. Ce grattage, qui souvent ne touche pas le côté, semble d’ailleurs moins présent qu’auparavant. Les pavillons auriculaires ainsi que les conduits auditifs externes sont nets.

Hypothèses cliniques

1/ Stimulus originel prurigineux: le stimulus précédant les lésions et l’absence d’extension de celles-ci en l’absence de tout traitement spécifique oriente plutôt vers un problème allergique. L’éviction alimentaire a été correctement mené (avec un aliment industriel) et l’absence de lésions du triangle dorso-lombaire et une bonne protection par APE orientent vers une atopie, même si on a du mal à réunir les critères de Prélaud. Une cause parasitaire (demodex, dermatophytie, malasseziose) ou bactérienne (BOG) semblent moins probables.

2/ Stimulus originel douloureux: Il peut être d’origine osseuse ou tissus mous au niveau des deux pieds (déformations, suite de traumatisme, tumeur…) ou neurologique (compression médullaire, pincement des nerfs rachidiens).

3/ Stimulus originel comportemental: il peut être le résultat d’un trouble compulsif ou ritualisation d’un autre problème comportemental (anxiété, phobie..).

Examens complémentaires

Un cas de dermatose d'origine neurologique chez un Cavalier King Charles

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  1. Des raclages en zones lésionnelles et des calques des excoriations n’apportent pas de réponse. Un test épi cutané ne donnent que des résultats négatifs.
  2. Les examens, dont radiologiques, des pieds et des articulations mises en œuvre dans les mouvements de grattage ou de mâchonnement n’ont rien apporté et les propriétaires n’ont pas souhaité de scanner ni d’IRM.
  3. Un bilan comportemental n’est pas en faveur d’un trouble comportemental.
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