Un cas de dermatite plasmocytaire féline


Auteur : Emmanuel Bensignor – Décembre 2010
Spécialiste en dermatologie vétérinaire
DESV Dermatologie, DIP ECVD, CES Dermatologie
Consultant en dermatologie
75003 Paris, 35510 Rennes-Cesson, 44000 Nantes


Les infiltrations plasmocytaires sont une cause connue d’épaississement des coussinets chez le chat. Elles peuvent également se rencontrer, plus rarement, dans des localisations différentes. Un gonflement du nez peut par exemple être observé anecdotiquement, comme illustré par ce cas clinique.

Anamnèse

Un chat Chartreux, femelle stérilisée, âgé de 11 ans, est présenté à la consultation pour des lésions localisées à la truffe. La dermatose est apparue un an auparavant brutalement sans qu’aucun traumatisme ne soit rapporté dans l’anamnèse avant la survenue des lésions cutanées. La chatte vit dans une maison avec accès à un jardin, sans contact avec d’autres animaux. La propriétaire décrit des lésions érodées puis ulcératives, qui vont et viennent. Un prurit modéré est associé, la dermatose semblant plus volontiers douloureuse. Aucune atteinte de l’état général n’est rapportée. L’animal a été traité avec une antibiothérapie à large spectre pendant un mois, avec une amélioration modérée et passagère des signes cliniques puis un nouveau gonflement est apparu à l’arrêt de la thérapeutique. Par ailleurs, les vaccinations sont à jour, et les traitements antiparasitaires internes et externes sont réalisés régulièrement.   

Examen clinique

L’examen clinique général est normal. En particulier aucune anomalie n’est observée à l’examen oculaire ou du tractus respiratoire supérieur. L’examen dermatologique montre des lésions exclusivement localisées au niveau de la face, et plus particulièrement de la truffe. Il s’agit d’un épaississement empâté, associé à la présence d’un nodule ulcéré d’environ 5 millimètres de diamètre, localisé sur la partie latérale droite de la narine (photos 1 et 2).

Un cas de dermatite plasmocytaire féline

Photo 1 : vue éloignée, notez le gonflement et l’ulcération

Un cas de dermatite plasmocytaire féline

Photo 2 : vue rapprochée, l’ulcération est nettement visible

Hypothèses diagnostiques

Les hypothèses diagnostiques envisagées regroupent des lésions du complexe granulome éosinophilique, une cryptococcose, un néoplasme cutané, une dermatite plasmocytaire et moins probablement une dermatose virale.

Examens complémentaires

Les raclages cutanés ne montrent pas de parasite. Les examens cytologiques (calques par cytoponction) montrent la présence de quelques érythrocytes, de rares polynucléaires éosinophiles, et surtout une importante présence de plasmocytes. Des biopsies cutanées sont réalisées sous anesthésie générale. Une culture fongique est ensemencée et sera négative.

L’examen histopathologique montre une hyperplasie épidermique marquée, avec acanthose et surtout la présence dans le derme d’un infiltrat inflammatoire diffus, de densité renforcée en région périvasculaire et périannexielle. Il s’agit principalement de plasmocytes, parfois sécrétants, mélés à quelques éosinophiles, mastocytes et lymphocytes. L’examen histopathologique est compatible avec une dermatite plasmocytaire.

Un dépistage des rétrovirus s’avère négatif. Un examen biochimique ne montre aucune anomalie notable.

SI VOUS ETES VETERINAIRE : Pour lire la suite de cet article, veuillez vous enregistrer en haut à droite. Merci