Un cas de dermatite à Cheyletiella chez un chien adulte


Auteur : Marie-Christine Cadiergues
The RoyalVeterinaryCollege, Queen MotherHospital,
Hatfield AL97TA, United Kingdom.

École Nationale Vétérinaire
31076 Toulouse cedex 3
France.


Anamnèse

Maisie est une chienne Boxer non castrée de 4.5 ans référée fin mai pour exploration d’une insuffisance rénale aigue. Une récente mise bas (avril) s’est déroulée sans complication. Une semaine plus tard, la chienne est devenue léthargique, anorexique et a commencé à vomir (avec présence de caillots sanguins). Des examens biologiques effectués par le vétérinaire référant ont montré une hyperazotémie, les examens radiologiques rapportent une hypertrophie rénale bilatérale. Deux jours avant d’être référée, une laparotomie exploratrice est réalisée avec visualisation de pétéchies sur les parois iléales et la vessie.
La chienne reçoit un traitement antiparasitaire externe tous les deux à trois mois (Frontline spot-on).

Examen clinique

Examen général

La chienne est en état moyen (note d’état corporel 3 sur une échelle de 1 à 9). L’auscultation cardiaque révèle un souffle cardiaque de grade II/VI. Les muqueuses sont pâles.

Examen dermatologique

Un réflexe prurigineux marqué est présent sur l’ensemble du tronc. Un squamosis sévère, principalement tronculaire est observé (figure 1). Les squames sont de taille moyenne. Aucune autre lésion n’est mise en évidence.

Un cas de dermatite à Cheyletiella chez un chien adulte

Photo 1 : Squamosis dorsal très marqué.

Hypothèses diagnostiques – examens complémentaires – diagnostic

La principale hypothèse diagnostique à envisager pour expliquer le désordre kérato-séborrhéïque est une cheylétiellose, et ce d’autant que l’animal vient de mettre bas et qu’il souffre d’une affection concomitante.

Les examens complémentaires réalisés sont

  • Un brossage cutané avec observation microscopique des éléments récoltés
  • Un test à la cellophane adhésive suivi d’une observation microscopique sans coloration
  • Le brossage cutané permet la visualisation de dizaines de parasites, à tous les stades évolutifs (figures 2 et 3). Des parasites sont également mis en évidence par le test à la cellophane adhésive. Cheyletiella yasguri a été la seule espèce identifiée.

Un cas de dermatite à Cheyletiella chez un chien adulte Photo 2 : Examen microscopique au faible grossissement du produit de brossage :
noter la présence de trois parasites au milieu des débris cutanés.

Un cas de dermatite à Cheyletiella chez un chien adulte Figure 3 : Observation microscopique (objectif 25) d’un œuf.

Diagnostic

Le diagnostic est donc une dermatite à Cheyletiella.

Les différents examens complémentaires effectués (analyse d’unrine, hématologie, biochimie, ponction médullaire, ultrasonographie abdominale, endoscopie gastro-intestinale, test de stimulation à l’ACTH et sérologie Leptospirose) pour explorer les causes de cet épisode aigu d’insuffisance rénale n’ont rien montré d’autre qu’un utérus en voie d’involution ; l’examen hématologique a montré une neutrophilie (24.91 x 109/L, v.r. 3-11.5 x 109/L) accompagnée d’une anémie modérée, peu régénérative (HCT 21.9 %, v.r. 37-55%). La castration et un suivi hématologique a été proposé au vétérinaire référant.

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