Un cas de DAPP chez un chien, traité avec Cortavance®


Auteur : Emmanuel Bensignor
Spécialiste en dermatologie vétérinaire
DESV Dermatologie, DIP ECVD, CES Dermatologie
Consultant en dermatologie
75003 Paris, 35510 Rennes-Cesson, 44000 Nantes


Introduction

De nombreuses maladies s’accompagnent d’un prurit. Chez le chien, au premier rang des dermatoses prurigineuses, à côté des dermatoses infectieuses, on trouve les dermatites allergiques, notamment la dermatite par allergie aux piqûres de puces (DAPP). Le traitement des dermatites allergiques fait appel, en cas de poussée, à la corticothérapie. Ce cas clinique illustre l’intérêt d’un nouveau dermocorticoïde, l’acéponate d’hydrocortisone, pour la gestion de la DAPP canine.

Motif de consultation- Anamnèse

Un Cavalier King Charles, âgé de 7 ans, est présenté à la consultation pour un prurit évoluant depuis plusieurs année. Les propriétaires rapportent des démangeaisons dorso-lombaires et abdominales, surtout marquées au printemps et en été. Des traitements corticoïdes injectables ont permis à plusieurs reprises de gérer la dermatose mais les rechutes sont systématiques.

Examen clinique

L’animal est en bon état général. Un souffle holosystolique gauche peu marqué est noté à l’auscultation. L’examen dermatologique montre des lésions dorsales et abdominales. Il s’agit, localisées au niveau du triangle dorso-lombaire, d’excoriations croûteuses, de suintements et d’alopécie érythémateuse (photos 1 et 2). Sur l’abdomen, la peau est lichénifiée, érythémateuse et de nombreuses excoriations sont présentes (photos 3 et 4).

Un cas de DAPP chez un chien, traité avec Cortavance®

Un cas de DAPP chez un chien, traité avec Cortavance®

Un cas de DAPP chez un chien, traité avec Cortavance®

Un cas de DAPP chez un chien, traité avec Cortavance®

Hypothèses diagnostiques

Les hypothèses retenues sont une ectoparasitose (gale sarcoptique ou cheyletiellose incognito), une dermatose infectieuse (syndrome de prolifération bactérienne ou de Malassezia) et une dermatite allergique (DAPP ou dermatite atopique).

Examens complémentaires

Les raclages cutanés ne montrent pas de parasite. Le test à la cellophane adhésive réalisé sur le dos est également négatif. Des examens cytologiques multiples ne mettent pas en évidence de prolifération de bactérie ou de Malassezia. Un test intradermique est réalisé, qui montre une sensibilisation à l’extrait de puces.

Diagnostic

Il s’agit donc d’une DAPP, non compliquée.

Traitement

Le traitement insecticide est revu avec le propriétaire. Un traitement topique, avec un spray insecticide/acaricide, est recommandé après un shampooing, tous les 15 jours sur l’animal. L’environnement est également traité (passage de l’aspirateur, puis pulvérisation d’un spray contenant un insecticide et un régulateur de la croissance des insectes).

Pour contrôler la poussée, l’acéponate d’hydrocortisone (Cortavance®) est appliqué une fois par jour (trois pressions sur le dos, trois pressions sur l’abdomen).

Suivi

Le chien est revu après trois semaines. Une très nette amélioration est notée. Le propriétaire ne rapporte plus qu’un prurit résiduel. Les lésions sont diminuées avec une disparition de l’érythème et un début de repousse pilaire (photos 5 et 6). Le traitement est poursuivi en recommandant d’espacer progressivement les applications. Un suivi téléphonique un mois plus tard permet de noter une guérison complète.

Un cas de DAPP chez un chien, traité avec Cortavance®

Un cas de DAPP chez un chien, traité avec Cortavance®

Commentaires

Le traitement des dermatites allergiques doit avant tout être étiologique : éviction allergénique lorsqu’elle est possible (ce qui est notamment le cas lors de DAPP), désensibilisation, … Le traitement anti-inflammatoire symptomatique reste toutefois d’actualité en cas de poussée pour améliorer rapidement les lésions. Le choix de la thérapeutique anti-prurigineuse devrait être raisonné, afin de minimiser le risque d’effets secondaires, tout en permettant une efficacité optimale. La mise à disposition d’un spray contenant un dermocorticoide de forte classe d’activité, avec des effets secondaires modérés, facile d’utilisation même dans les zones velues, est très intéressante dans ce type d’indication, comme illustré dans ce cas clinique : la forme spray est ici particulièrement adaptée, car elle permet de traiter une grande surface cutanée.

Références

  • Scott DW, Griffin Ce, Miller WH Small Animal Dermatology, 6th Ed, WB Saunders, Philadelphia, 2001
  • Guaguère E et Bensignor E Thérapeutique dermatologique du chien. Masson/PMCAC Edrs, Paris, 2001.
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