Ceva Santé Animale a le plaisir de vous proposer un nouveau cas clinique illustrant l’intérêt d’adapter la prise en charge à l’animal et son propriétaire lors dermatite atopique canine, pour améliorer l’observance du traitement.
Utilisation d’un shampoing et d’une mousse pour aider à la gestion du prurit chez un Chihuahua atteint de dermatite atopique canine
Par le Dr Julien Salindre, DVM,
CV Mirambeau – VPlus
Mirambeau, France
Anamnèse
› Boy est un chien Chihuahua mâle castré de 10 ans pesant 2,8 kg et vivant exclusivement en intérieur avec d’autres animaux de compagnie.
› Tous les animaux du foyer reçoivent régulièrement un traitement antiparasitaire externe à base d’isoxazolines et sont correctement vaccinés et vermifugés. Boy mange des croquettes et des restes de table.
› Il est présenté en consultation pour un érythème associé à du prurit ayant tendance à s’aggraver depuis des années malgré la mise en place de différents traitements. Le propriétaire s’interroge sur la petite taille de l’animal qui pourrait le rendre plus sensible au froid lors des shampoings, et sur les
effets indésirables potentiels des traitements systémiques. Il s’inquiète également de la présence d’une otite car Boy se démange régulièrement les oreilles et secoue la tête.
Au moment de la consultation, Boy ne reçoit aucun traitement.
Examen clinique général et dermatologique
› Boy est en bon état général, ses constantes cliniques sont dans la norme. À l’examen dermatologique, plusieurs zones du corps sont atteintes.
› Il présente un large érythème sur l’abdomen et la zone périnéale. Les espaces interdigités des 4 membres, les aisselles, la face interne des cuisses et la face ventrale de la queue sont aussi atteints. Les pavillons auriculaires sont érythémateux, chauds et sensibles à la manipulation.
› Compte tenu des signes cliniques et des antécédents de Boy, un diagnostic clinique de dermatite atopique est posé. Des examens microscopiques permettent d’écarter une atteinte parasitaire et une éventuelle pyodermite.
› L’atteinte cutanée est considérée comme «moyennement sévère» par le praticien. Pour mieux la quantifier et surveiller son évolution, le score CADESI (Canine Atopic Dermatitis Extent and Severity Index) est noté à chaque visite par le vétérinaire, et le score de prurit PVAS (Pruritus Visual Analogic Scale) par le propriétaire. L’évolution de la maladie est ainsi plus facilement monitorée.
› Si le score CADESI initial de Boy classe l’atteinte cutanée comme «légère» (28 sur 180), le score de prurit est lui, élevé (7,4 sur 10), rendant son quotidien très inconfortable.
Prise en charge
La prise en charge proposée initialement repose uniquement sur des soins topiques ce qui rassure les propriétaires de Boy. Le protocole proposé comprend un premier shampoing à l’aide d’un shampoing solide, puis 3 mousses par semaine pendant 3 semaines. Pour effectuer le shampoing, il leur est conseillé de faire mousser le corps de Boy avec le pain de shampoing en massant doucement, puis de laisser agir 10 minutes. Après rinçage, ils peuvent sécher Boy avec une serviette ou un sèche-cheveux
à basse température. Les mousses sont appliquées sans rinçage, la quantité étant adaptée selon le poids de Boy.
Résultats
Les premiers résultats sont visibles dès la première semaine. Le score CADESI est alors de 20 et le score PVAS est passé de 7,4 à 4,8.
Deux semaines plus tard, les espaces interdigités et la zone inguinale droite sont normaux. Les oreilles sont légèrement érythémateuses. Le score CADESI est évalué à 9, considéré comme normal, et le score PVAS à 5.
Le vétérinaire évalue l’efficacité du protocole à 4/5. Les propriétaires sont satisfaits, et ont apprécié l’utilisation des produits, particulièrement le shampoing qui était agréable et pratique.
Discussion – Comment améliorer l’observance lors de dermatite atopique canine ?
› Lors de prise en charge d’une dermatite atopique canine au long cours, il est indispensable
d’impliquer les propriétaires et de prendre en compte leurs questionnements pour améliorer l’observance. Les rechutes sont courantes et sans leur approbation, la prise en charge de la maladie ne peut être correctement appliquée.
› Il est essentiel que les propriétaires comprennent qu’ils font face à une maladie chronique, et que l’objectif est d’assurer une bonne qualité de vie pour l’animal et pour la famille, plutôt que de viser une guérison.
Ici les propriétaires ont manifesté 2 souhaits : limiter autant que possible les traitements systémiques pouvant engendrer des effets secondaires et prendre en compte les difficultés de thermorégulation inhérentes à la race de Boy. Prendre le temps d’expliquer la prise en charge aux propriétaires et de valider leurs attentes est donc capital.
› Dans ce cas clinique, pour compléter la prise en charge, des gouttes auriculaires à base d’anti-inflammatoires ont été recommandées. Les propriétaires ont également été informés que la prescription de molécules anti-inflammatoires pourrait être à nouveau nécessaire en raison de la nature de la maladie.
› L’importance du premier shampoing a été expliquée au propriétaire par la nécessité de nettoyer mécaniquement la peau et le poil de leurs saletés, débris et allergènes, pour optimiser l’action des produits topiques mis en place par la suite. La mousse permet alors de prolonger l’action du shampoing sans utiliser d’eau. Les résultats positifs des premiers soins ont encouragé les propriétaires à les continuer.
› Le protocole mis en place à l’aide d’un shampoing DOUXO® S3 CALM shampoing solide puis 3 mousses par semaine pendant 3 semaines a été bien toléré. Les propriétaires l’ont considéré facile à mettre en oeuvre et ont été pleinement satisfaits de la prise en charge proposée.
Points clés
› La prise en charge de la dermatite atopique canine nécessite des soins topiques proactifs sur le long court.
› Les galéniques doivent être choisies de façon personnalisée en tenant compte de la faisabilité des soins par les propriétaires et de leur adhésion au protocole.
› La recommandation d’un protocole de soins topiques facile à suivre par les propriétaires est indiquée pour alléger la prise en charge lors de dermatite atopique canine.



