Auteur : Emmanuel Bensignor
Spécialiste en dermatologie vétérinaire
DESV Dermatologie, DIP ECVD, CES Dermatologie
Consultant en dermatologie
75003 Paris, 35510 Rennes-Cesson, 44000 Nantes
Introduction
Les lésions du complexe granulome éosinophilique regroupent plusieurs entités distinctes, dont l’origine est le plus souvent (mais non exclusivement) allergique. Les granulomes éosinophiliques sont généralement asymptomatiques, mais peuvent parfois provoquer un prurit. Leur traitement fait appel à l’identification et à la correction de la cause responsable de leur apparition, et à une thérapeutique anti-inflammatoire. Lorsqu’aucune cause ne peut être identifiée, un traitement au long cours doit être envisagé. Dans ce contexte, le recours aux molécules les moins toxiques est justifié pour éviter l’inexorable risque d’apparition d’effets secondaires.
Commémoratifs – Anamnèse
Un chat Européen, âgé de 2 ans, est présenté pour un prurit localisé sur les membres antérieurs. La dermatose a débuté plusieurs mois auparavant. Plusieurs traitements corticoïdes ont été réalisés avec succès, mais des récidives surviennent systématiquement. Une recherche allergologique a été réalisée (traitement insecticide régulier et bien réalisé du chat et de l’environnement ; régime d’éviction hypoallergénique correctement réalisé pendant plus de 3 mois) sans mise en évidence d’une cause expliquant les lésions. Des traitements acaricides ont été effectués (injections d’ivermectine) sans plus de succès. Le chat est référé pour mise en place d’un traitement efficace au long cours.
Examen clinique
A l’examen clinique, l’animal est en bon état général. Les lésions dermatologiques sont localisées à la face interne des membres antérieurs. Il s’agit de lésions en relief, linéaires, érythémateuses, en cordons (photo 1).
Hypothèses diagnostiques
La principale hypothèse diagnostique est celle d’une lésion du complexe granulome éosinophilique félin. Moins probablement, on peut envisager une néoplasie ou une cryptococcose.
Examens complémentaires
Des examens cytologiques par ponction à l’aiguille fine des lésions sont effectués. Ils montrent tous une population inflammatoire assez homogène, avec une nette prédominance de polynucléaires éosinophiles (photo 2). Quelques mastocytes sont également remarqués. Aucun élément figuré n’est observé. Des biopsies cutanées sont réalisées. L’examen histopathologique confirme l’hypothèse de granulome éosinophilique félin (photo 3).
Traitement
Les lésions sont tondues. Le traitement avec l’acéponate d’hydrocortisone est mis en place au rythme d’une application localement sur les lésions une fois par jour.
Suivi
Le chat est revu après 3 semaines. Une nette diminution des lésions est observée (photo 4). Le traitement est poursuivi à l’identique. Le propriétaire rapporte une disparition totale des lésions après 2 mois de traitement. Le spray de Cortavance® est utilisé deux fois par semaine localement pour éviter les rechutes. Après un an de suivi, aucune récidive n’est rapportée.
Commentaires
Les lésions du complexe granulome éosinophiliques sont faciles à diagnostiquer. Leur traitement au long cours est toutefois complexe quand aucune cause n’explique leur apparition. En effet la corticothérapie systémique est le plus souvent efficace, mais elle s’accompagne fréquemment d’effets secondaires. L’utilisation de thérapeutiques alternatives est donc justifiée dans la plupart des cas. Pour les lésions localisées, comme ici, le recours à un traitement topique est particulièrement intéressant. L’acéponate d’hydrocortisone utilisé ici présente l’avantage de pouvoir être utilisé sur le long cours, sans effet secondaire, et d’être très efficace.
Références
- Scott DW, Griffin Ce, Miller WH Small Animal Dermatology, 6th Ed, WB Saunders, Philadelphia, 2001
- Guaguère E et Bensignor E Thérapeutique dermatologique du chien. Masson/PMCAC Edrs, Paris, 2001.



