N°3
L’acide fusidique est un antibiotique atypique qui continue de susciter le plus grand intérêt des dermatologues, en médecine humaine comme en médecine vétérinaire. Son activité importante sur le Staphylococcus et Streptococcus et sa capacité étonnante de pénétration cutanée liée à sa structure stéroïdienne en font un antibiotique particulièrement intéressant dans les traitements topiques.
Grâce à l’aide de 4 experts, l’Oreille en Soins fait le point sur les bonnes pratiques du traitement des otites externes et la place de l’acide fusidique dans ce cadre. Dans chaque numéro, tous les intervenants abordent une même question et l’un d’entre eux présente son expérience de Canaural®.
Thème de ce premier numéro
Doit-on choisir un topique auriculaire en fonction de la classe d’activité du corticoïde ?
Marie-Christine Cadiergues
DV, Dipl ECVD, Dipl ECVD, Ecole Nationale Vétréinaire de Toulouse

Il est tout à fait utile de pouvoir disposer d’une gamme de topiques auriculaires contenant différentes classes d’activité de corticoïdes. C’est notamment le cas lorsque l’on veut moduler l’effet recherché (activité anti-inflammatoire plus ou moins puissante selon le stade d’inflammation du conduit auditif) ou lorsque l’on veut limiter d’éventuels effets secondaires, notamment systémiques. A titre d’exemple, la prednisolone permet d’avoir un effet anti-inflammatoire modéré alors que la dexaméthasone ou bien le valérate de bétaméthasone ont une activité anti-inflammatoire plus importante.
Dominique Héripret
DV, Dipl ECVD, CES de Dermatologie Vétérinaire, Chargé d’enseignement à l’ENVT, Membre AAVD

La corticothérapie est importante en otologie. Il existe même des théories (et des essais) d’utilisation de la corticothérapie locale et générale comme seul traitement des otites purulentes avancées.
Au stade érythémateux, la corticothérapie est nécessaire pour diminuer rapidement l’inflammation et la douleur.
Au stade érythémato-cérumineux, l’hyperplasie secondaire est fréquente et sa résolution sera plus rapide avec une corticothérapie topique, permettant ainsi une meilleure pénétration des soins locaux et une meilleure aération du conduit auditif externe.
Au stade purulent, la corticothérapie sera utilisée par voie générale pour diminuer la douleur et l’inflammation.
Emmanuel Bensignor
DV, Dipl ECVD, CES Dermatologie, DU Allergologie, Chargé d’Enseignement Vacataire à l’ENVN

Il existe quatre classes d’activité des dermocorticoïdes en médecine humaine, allant de la classe IV (molécules très puissantes, mais présentant des effets secondaires potentiels) à la classe I (molécules peu puissantes et relativement dénuée d’effets secondaires). Un exemple de corticoïde de classe IV est le dipropionate de clobétasol, alors que l’hydrocortisone est un bon exemple d’un corticoïde de classe I. En cas d’atteinte auriculaire, le choix du corticoïde doit donc être logique : on privilégiera les molécules les plus puissantes pour les inflammations sévères seulement et on évitera d’utiliser ce type de produit en cas d’inflammation modérée. Il faudra également prendre soin d’éviter les applications répétées des produits puissants, tout traitement d’une durée de plus de 7 jours mérite d’être réévalué, et la classe du corticoïde peut alors être modifiée pour passer à une molécule moins puissante administrée sur une plus longue période.
Didier Pin
DV, Dipl ECVD, Maître de Conférences en Dermatologie à l’ENVL
Dans le traitement des otites, le corticoïde a pour but de diminuer l’inflammation locale et la douleur associée. Il permet également en diminuant l’œdème et la congestion, d’augmenter la lumière du conduit auditif et de favoriser l’élimination des sécrétions.
S’il existe, chez l’homme, des dermocorticoïdes de puissances d’activité différentes, répartis en 4 classes, ceux présents dans les topiques auriculaires vétérinaires sont généralement de classe d’activité faible ou modérée, un seul étant d’activité forte.
Compte tenu des effets secondaires possibles, il convient de choisir le corticoïde le mieux adapté à la clinique et il est important de ne l’utiliser que pendant une durée limitée.
La nature de l’antibiotique reste cependant le critère majeur du choix de la préparation utilisée et, dans les cas particulièrement graves, en particulier avec des bactéries résistantes à de nombreux antibiotiques, j’évite totalement l’utilisation de corticoïdes.
Il est important d’adapter la classe de corticoïde choisie à la clinique observée, en réservant les molécules les plus puissantes aux inflammations sévères.
Canaural® a l’avantage de contenir un antibiotique original (acide fusidique) et de la framycétine : cette association permet d’avoir une excellente action sur les Stapylocoques et de se prémunir contre les bactéries Gram – et contre les résistances chromosomiques ; la nystatine est un antifongique actif sur Malassezia sp., très fréquemment présents dans les otites érythémato-cérumineuses. La prednisolone complète le médicament.
L’utilisation de Canaural® en otologie de première intention est un bon choix pour les otites aiguës et érythémato-cérumineuses. Pour les otites purulentes, son efficacité dépendra de l’antibiogramme, mais la présence de nystatine est alors inutile.
Dominique Héripret
